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Football GOAL FC/Un dimanche avec… Edwin Quarshie

L'étonnant milieu du GOAL FC, meilleur buteur de sa formation en National 2, révèle un parcours dense à 26 ans, à proximité de son frangin Jeffrey Quarshie, attaquant à Bourg. Une belle rencontre.
Football GOAL FC/Un dimanche avec… Edwin Quarshie
Archives FRANCK CHAPOLARD - En rejoignant le GOAL FC cet été, Edwin Quarshie espérait retrouver le train du National. C'est bien parti…

SPORTSFootball Publié le , RALPH NEPLAZ

Puisque le présent comporte tellement d'incertitudes, le GOAL FC n'ayant toujours pas retrouvé le championnat de N2 à cause des cas de Covid de son hôte de samedi, Fréjus, les joueurs chasselois trépignant d'impatience, on est allé sonder le parcours de l'un d'entre eux, le milieu Edwin Quarshie, meilleur buteur du club (7 buts), ravi de son choix estival d'avoir rejoint un coin de France qu'il connaît si bien, la mémoire de sa montée en National avec Villefranche (en 2018), étant intacte après les parenthèses vécues à Bourg et à Sedan. Un milieu bien dans sa tête. Qui rêve d'un retour à l'océan, chez lui, plus tard. Avec son frère, Jeffrey Quarshie, attaquant à Bourg. Une histoire de destins qui se croisent. Entre frangins.

Vous vivez une reprise de saison assez incertaine avec les aléas des matches reportés dont votre déplacement à Fréjus, samedi dernier…

"C'est pas simple. On espère qu'on va pouvoir jouer le week-end prochain à Aubagne parce qu'on a déjà disputé deux matches amicaux contre l'ASSE (1-1) et Le Puy (1-0). On a envie de retrouver la compétition."

Justement, le récent match nul en amical à Geoffroy-Guichard (1-1) face à l'ASSE à huis clos, il vous a procuré quelles sensations ?

"Ce n'était pas une première pour moi dans un grand stade, en soi cela ne m'a pas trop impressionné. Mais ça reste une belle pelouse, un super stade. C'est dommage d'avoir manqué une ambiance avec de vrais supporters, ce jour-là."

Sans supporters dans un cadre pareil, il est où le plaisir ?

"Tu en prends quand même du plaisir, même sans supporters, parce que ça reste un match contre une équipe de Ligue 1, une belle expérience."

En décembre, vous êtes partis à la trêve en étant leader de votre poule de National 2. Quels sont les avantages et les inconvénients d'un tel statut à mi-saison ?

"Cela ne peut qu'être un avantage. On veut garder ce rythme, finir le plus haut possible en fin de saison."

Le match référence, vous diriez qu'il se situe où, jusqu'ici ?

"Comme le dit notre coach (Jamal Alioui), il n'y a pas seulement un match référence. Tous les matches joués sont des matches références. A chaque fois on a su progresser. On reste une équipe qui ne s'appuie pas seulement sur un style de jeu mais un collectif capable de s'adapter selon l'adversaire du jour."

"C'est un vrai kiff d'être dans cette équipe du GOAL FC !"

Vous faites partie d'un milieu avec Bendaoud ou Le Maître, assez joueur. Votre coach vous laisse carte blanche dans l'animation ?

"Il laisse carte blanche à toute l'équipe. On a des schémas tactiques que l'on travaille en semaine à l'entraînement mais la vérité du match, c'est souvent autre-chose. Quand on a le ballon, dans les 30 derniers mètres, c'est liberté totale. Mais en amont, on a nos bases. Au milieu on est vraiment tous complémentaires. Tout le monde a cette capacité de décrocher de faire le jeu, de compenser presque les yeux fermés. Les déplacements se font tout seuls. C'est un vrai kiff d'être dans cette équipe !"

Quand vous signez cet été au GOAL FC, avez-vous la sensation que ce club, après deux saisons qui ne sont pas allées au bout, nourrit l'ambition d'aller voir en National ce qui peut se passer ?

"Bien-sûr. C'est un club qui depuis deux ans s'est professionnalisé. De très bons joueurs ont signé. La structuration se fait aussi au niveau des terrains. On s'entraîne tous les matins. Il y a vraiment une continuité par rapport à ce qui se fait ici depuis deux ans."

On vous avait découvert en 2017 à Villefranche en N2. Le "Quarshie" de cette époque et celui de maintenant, il se différencie en quoi ?

"On va dire qu'aujourd'hui, je suis plus décisif ! (rire). J'en suis à 7 buts pour une passe décisive. Donc la différence notable est là. A l'époque, dans l'utilisation du ballon ça se passait très bien aussi à Villefranche mais je marquais moins alors que j'avais des situations. Là, je suis dans un système en "8" où je peux davantage me projeter."

Mettre autant de buts, c'était dans vos envies, en début de saison ou c'est une surprise ?

"Ce n'est pas une surprise. Je savais que je devais être décisif marquer ou faire des passes "D". Pour moi, entre les deux, il n'y a pas trop de différences. Disons que c'est plus une surprise au niveau du nombre de buts à ce stade-là de la saison. Je voyais ça plutôt à la fin du championnat. Je vais essayer de garder cette cadence-là !"

C'est le genre de stats qui vont servir pour vous mettre un peu la pression…

"Ce n'est pas une pression ! Enfin si ça l'est, elle reste positive."

Vos coéquipiers attaquants au GOAL FC ne prennent pas trop ombrage de vos buts ?

"Non, on s'arrête pas à ça ! C'est celui qui est le mieux placé qui marque. C'est pour ça que je remercie vraiment les attaquants ! Ils m'ont offert tellement de passes décisives. En fait, dans cette équipe, celui qui marque, on sera toujours content pour lui, ça marche comme entre nous."

"Ce que j'ai vécu à Villefranche, la montée en National en 2018, ça reste mémorable"

Le costume de favori va vous tomber dessus maintenant pour l'accession en National. Il existe une recette pour monter, comme avec Villefranche en 2018 ?

"Je ne sais si elle existe vraiment et je n'ai pas la science infuse. Mais ce qui avait marché à Villefranche, c'était l'unité de notre groupe. Tout le monde pouvait marquer et on tirait tous dans le même sens. Aujourd'hui, c'est la même chose à Chasselay."

Après cette accession en National, vous étiez parti à Bourg alors que l'on pouvait s'attendre à vous voir prolonger l'aventure à Villefranche… Qu'est-ce qui avait joué dans la balance ?

"Sans le cacher quand Villefranche est monté en National, les négociations pour prolonger un an de plus se sont mal passées. Derrière ça, j'étais frustré, j'avais l'impression d'avoir travaillé sans avoir de récompense au bout, malgré tout le respect que j'ai gardé pour ce club. J'ai décidé de partir à Bourg parce que c'était la première opportunité de signer professionnel. Je ne pouvais pas refuser cette occasion. Cette année-là, malheureusement, Bourg descendait de Ligue 2. C'était un club encore malade. J'étais jeune (22 ans), sur une progression. Mon objectif était d'aller en Ligue 2, ensuite. Mentalement, je ne m'attendais pas à tomber dans un contexte où l'effectif était dans le dur. Dans ces moments, tu es tout seul. J'étais vraiment surpris par ça. Mais j'ai quand même joué (21 matches). En fin de saison j'ai décidé de rejoindre Sedan. La première année tout s'est bien passé en N2. On était premiers deux semaines avant l'arrêt dû au Covid. On avait perdu cette première place au profit de Bastia qui était monté. La seconde année, on voulait garder cette dynamique, ça se passait bien également mais là encore le Covid a arrêté notre saison. J'ai été sollicité par des clubs de National. J'ai résilié avec Sedan pour retrouver le National. Mais cela ne s'est pas fait. J'ai signé au GOAL FC. Puis deux semaines après, Sedan a été promu en National. Sur le moment, ça m'a fait quelque-chose mais très vite on se dit que c'est aussi ça le football. Aujourd'hui, je suis vraiment heureux d'être ici, au GOAL FC."

Rétrospectivement, il n'y a aucun regret d'avoir manqué le train du National avec Sedan ?

"On peut se dire ça parce qu'il me restait encore un an de contrat là-bas. Du coach aux dirigeants, tout le monde voulaient que je reste. Mais je voulais vraiment jouer en National. Et l'inverse s'est produit. Ce sont eux qui y sont et moi qui suis encore en N2. C'est la vie. Je suis patient. Je sais qu'un jour ou l'autre je reviendrais en National voire même plus haut."

Entre Saragaglia à Sedan, Pochat à Villefranche, Ott à Bourg, quel est le coach qui a vraiment compté pour vous ?

"C'est clairement Alain Pochat qui m'a le plus marqué, l'année de notre montée en National. Que ce soit sur le plan du football ou sur l'aspect humain, on avait vécu des choses extraordinaires avec lui. Le groupe était homogène, tout le monde s'entendait super bien. C'est une année que je n'oublierais pas. A Bourg, c'était plus compliqué donc je ne pourrais pas retenir ce coach-là (Damien Ott) même si c'était un bon entraîneur. Olivier Saragaglia à Sedan, je ne l'ai connu que très peu de temps. Il est arrivé en cours de saison, puis le Covid a tout arrêté. On était allé loin en coupe de France (8e-de-finale, sortie 0-1 contre Angers, le 7 avril 2021). C'est un coach proche d'Alain Pochat. Il y avait des similitudes dans leur façon de jouer. Mais Villefranche, ça reste mémorable ce que j'ai vécu là-bas."

La connexion caladoise a été recréé à Chasselay en retrouvant les Lemb, Philippon, Mambu…

"C'est justement pour cette raison que j'ai signé au GOAL FC. Je savais où j'allais. J'ai joué contre ce club, je connaissais les joueurs. Le choix a été facile parce que si on se connait tous, on peut créer quelque-chose plus rapidement. C'est ce que nous sommes en train d'accomplir."

Avoir un entraîneur comme Jamal Alioui, ancien joueur, est-ce que ça compte dans la vie d'un groupe ?

"Sur le plan footballistique c'est simple, il a été joueur. Ce qu'il veut transmettre, est plus compréhensible. Il a été dans le circuit il n'y a pas si longtemps. Humainement, il sait se mettre à notre place, justement parce qu'il a été joueur. Avec lui, c'est de la confiance à chaque joueur, de la liberté constamment. L'émulation devient naturelle, on veut toujours donner le meilleur, d'une part pour nous-mêmes mais aussi et surtout pour lui. Il nous offre tellement de choses que forcément on a envie de lui rendre cela en retour. C'est grâce à cela que nous en sommes là aujourd'hui."

"Jouer un jour avec mon frère, ça reste un rêve"

Vous avez mis plus de buts que votre frère (Jeffrey Quarshie, attaquant à Bourg, 5 buts pour l'instant en National). Quand vous étiez petits vous faisiez déjà des concours entre vous ?

"Pas forcément ! (rire). Mais quand j'ai commencé le foot (NDRL : au Cercle Paul Bert Bréquigny près de Rennes) j'étais avant-centre comme lui aujourd'hui. C'est mon grand-frère (il a 4 ans de plus), j'ai voulu faire comme lui. Ensuite, je suis descendu d'un cran parce que j'aimais bien toucher le ballon. On n'a jamais eu trop de concurrence pour savoir qui marquerait le plus. Mon rôle était plus de défendre et de faire le jeu. En fait, il n'y a que cette année que l'on peut parler de concurrence, entre guillemets. On n'est pas loin l'un de l'autre, on se suit beaucoup, on se tire vers le haut, ça nous stimule. On a envie de marquer tous les week-ends pour que l'autre fasse pareil ! Comme ça, on est tous contents ! (rire)"

Si l'un ne marque pas, ça se chambre un peu ?

"Légèrement alors ! (rire). Non, c'est plutôt pour se tirer vers le haut, c'est plaisant."

Jouer ensemble, est-ce envisageable ?

"C'est un de nos rêves. On est à côté l'un de l'autre. On fait une belle saison tous les deux. Pour l'instant, c'est chacun sa carrière mais on verra selon les opportunités que l'on aura. Si ça peut se faire, on le fera. On se dit qu'au moins à la fin de nos carrières, on essaiera de jouer ensemble. Dans le passé, en sénior, on n'a jamais eu cette opportunité de jouer ensemble. Une fois, cela aurait pu arriver à Sablé-Sur-Sarthe en N3 mais à cette époque (2017-2018), j'avais rejoint Villefranche. Lui voulait absolument que je reste mais derrière j'avais fait le bon choix en montant en National. Il m'avait dit que j'avais eu raison de partir de Sablé… "

Jouer l'un contre l'autre, ça arrivera un jour…

"Ce n'est jamais arrivé. Mais ce sera le cas un jour. Ce sera un bon moment. S'échanger le maillot à la fin du match, ce sera une fierté pour la famille !"

L'après-foot, on y pense déjà ?

"C'est loin, sans l'être. On y pense. On sait qu'on voudrait vivre au même endroit, en Bretagne ou en Vendée. C'est déjà ça."

Vous êtes des gars de l'océan finalement !

"On va dire ça ! (rire)"

Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse.

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