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Football GOAL FC/Jamal Alioui : "Je préfère partir proprement"

Avant de diriger son dernier match à domicile sur le banc chasselois, ce samedi en réception de Fréjus-Saint-Raphaël, l'entraîneur Jamal Alioui s'explique sur son départ en fin de saison du GOAL FC avec l'envie de découvrir un nouvel horizon.
Football GOAL FC/Jamal Alioui : "Je préfère partir proprement"
FRANCK CHAPOLARD

SPORTSFootball Publié le , RALPH NEPLAZ

Ce n'est pas encore l'heure des bilans en National 2, à deux journées de la fin du championnat mais tous les clubs ont déjà commencé à préparer la saison suivante, avec leurs lots de changements sur les bancs. Au GOAL FC, la surprise a été grande, en apprenant la semaine dernière que le coach en place depuis l'été dernier, Jamal Alioui, ne prolongerait pas son bail à Chasselay malgré une première saison remplie de belles performances et marquée par une certaine régularité. Mais depuis début mars, GOAL FC, a vu fondre son avance en tête de la poule en ne récoltant qu'une seule victoire – 5-1 contre la réserve de Monaco – lors des huit dernières journées. Un élan coupé, indéniablement. Et c'est dans ces instants moins joyeux que Jamal Alioui a senti le vent tourner, autour de lui, au point d'estimer que la confiance de ses dirigeants n'était plus ce qu'elle était lors des mois précédents. Comme il le confirme ici, il n'aura pas fait l'unanimité auprès de sa direction quand bien même son lien avec le président Jocelyn Fontanel, n'a pas été écornée. Mais le temps de la séparation a sonné. Et Jamal Alioui aura beaucoup appris, cette saison, au GOAL FC.

La semaine passée, la confirmation de votre départ du GOAL FC en fin de championnat, a pu surprendre, à trois journées de la fin…

"C'est une décision qui a mûri dans mon esprit depuis pas mal de temps, par rapport à notre fin de saison. J'ai le plus grand respect pour le président Jocelyn Fontanel mais toutes les conditions, dans l'entourage du club, n'étaient pas réunies pour que je puisse continuer."

Pour quelles raisons préférez-vous partir au bout de votre première saison sur le banc au GOAL FC où vous avez été en tête pendant presque toute la saison avant céder face à Martigues ?

"Je préfère partir proprement. C'est la meilleure saison du club en N2. J'y étais comme joueur et là en tant qu'entraîneur je pars quand même sur de bons résultats. C'est dommage d'avoir perdu la main pour la montée en National, parce que nous étions la meilleure équipe du championnat. On a peut-être tous manqué de maturité et d'expérience."

"On a manqué de caractère"

A quel moment avez-vous senti que le fil était rompu dans votre parcours ?

"A Aubagne (1-1, 9 février). J'avais déjà le sentiment que nous allions traverser une période difficile. Nous sommes une équipe joueuse mais il arrive à un moment dans une saison où certains ont eu plus faims que nous. C'est une question de mentalité. On a manqué de caractère. Et cela s'est vu contre Saint-Priest (5-1)."

Le départ de votre attaquant, Kamel Bennekrouf à la trêve, a-t-elle cassé quelque-chose dans le groupe ?

"Je ne le pense pas. Par contre, nous avons manqué de profondeur de banc. Kamel avait la volonté de partir, on ne pouvait pas l'en empêcher et cela fait partie de la vie d'un club. Sur les six premiers mois, il avait beaucoup apporté à l'équipe. Son envie de partir était évidente, à la trêve, malgré tout."

Parmi les griefs à votre encontre, votre degré d'exigence auprès de vos joueurs a pu en user certains alors que cela peut-être un critère de progression. C'est quelque-chose que vous expliquez comment ?

"Trop d'exigence ? Cela n'existe pas dans mon dictionnaire. L'exigence est une porte qui ouvre sur l'excellence. On n'en a jamais assez. Si la perfection n'existe pas, on souhaite quand même apporter un vrai plus aux joueurs. Aujourd'hui, un joueur qui se trouve en N2 a peut-être manqué un cap mental. On essaie d'épurer l'enjeu pour vraiment les faire progresser, surtout les plus jeunes. Alors, si on me parle d'exigence, effectivement j'en ai et j'en aurais toujours. Je me remets constamment en question. Pour réussir, de manière générale, il faut de l'exigence, quel que soit le métier."

"A Saint-Priest, si on a cédé de cette manière

(5-1), c'est aussi une question de mental"

Qu'avez-vous tiré de cette large défaite ramenée de Saint-Priest, samedi dernier (5-1) ?

"Cela montre surtout que lorsqu'il nous manque cinq joueurs importants de l'équipe, on n'est plus vraiment dans la même performance collective. Et si on cède à ce point, c'est aussi une question de mental."

Et sur ce point, un entraîneur a peu de poids ?

"J'ai essayé de faire intervenir des personnes extérieures au club sur la préparation mentale. Entendre un même discours, pendant plusieurs mois, il y a une certaine usure qui peut s'installer. Comme le fait aussi d'être chassé en tant que leader, la peur de perdre peut entrer dans les esprits. Nous ne sommes pas dans la tête des joueurs alors que nous prenons aussi en compte leurs ressentis. Quand j'étais joueur je ne dépendais que de moi-même. Là, c'est tout autre-chose… C'est là où le travail de tout un staff compte. Et le mien, au GOAL FC, j'ai vraiment pu m'appuyer sur lui. Je les remercie pour ça d'ailleurs."

Quelle que soit votre futur destination, vous continuerez à travailler avec votre adjoint Samir Chaibeddra ?

"Il y a de grandes chances pour que ce soit le cas."

"J'ai vraiment pu m'appuyer sur un bon staff "


On vous annonce dans quelques clubs du sud de votre poule…

"On m'annonce un peu partout, dans le sud, en Bretagne, en région parisienne... Mais j'aime le soleil (rire) ! Plus sérieusement, on a pratiqué un beau football au GOAL FC cette saison, accentué par notre jeu de position. Je suis fier de ce que j'ai pu proposer avec mon groupe dans ce championnat, ce quelle que soit la conclusion."

On peut dire que ce jeu de position aura manqué d'une certaine grinta. C'est ce dernier point que vous souhaitez retrouver dans votre prochain club ?

"C'est ce que je vais rechercher, en effet."

Vous aimeriez que vos deux derniers matchs avec le GOAL FC (Fréjus et Toulon) ressemblent à quoi ?

"J'aimerais que l'on puisse avoir un minimum d'amour propre pour finir correctement le championnat."

"Le jeu pratiqué au GOAL FC a été de qualité. Et ça, personne ne pourra nous l'enlever"

Que pourriez-vous dire au public du GOAL FC qui ne comprend pas pourquoi vous n'avez pas réussi à tenir jusqu'au bout en tête du championnat malgré votre avance qui a grimpé jusqu'à neuf ou dix points dans la saison ?

"Je voudrais surtout remercier les gens qui m'ont soutenu : certains dirigeants du club, ma famille, mes joueurs, mon staff. Mais on ne peut pas plaire à tout le monde."

L'enthousiasme est toujours intacte, en ce début de carrière d'entraîneur ?

"Pour une première saison en N2, ce n'est pas trop mal, non ? (rire). Dans la vie, on n'a jamais fini d'apprendre."

Vous voulez progresser sur quels points, à votre échelle ?

"J'espère surtout que dans mon futur projet, j'aurais un peu plus de temps pour préparer ma saison. Mais pour en revenir à ce que nous avons mis en place au GOAL FC, le jeu pratiqué a été de qualité. Et ça, personne ne pourra nous l'enlever. On doit s'inspirer des équipes comme Martigues, qui gagnent leurs matches à la 90e ou 93e minute. Ils n'auront rien lâché, jusqu'au bout."

Propos recueillis par Ralph Neplaz

Correspondant local de presse

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