AccueilSPORTSFootballFootball Goal FC/Fabien Pujo : "Quand la saison va basculer, c’est là où il faudra être fort "

Football Goal FC/Fabien Pujo : "Quand la saison va basculer, c’est là où il faudra être fort "

Nouveau venu sur le banc du Goal FC, le technicien passé par Toulon, Bergerac, Saint-Malo, fin connaisseur de la N2, détaille son projet de jeu pour aider le Goal FC à changer de dimension, dès cette saison.
Football Goal FC/Fabien Pujo : "Quand la saison va basculer, c’est là où il faudra être fort "
FRANCK CHAPOLARD - L'ancien coach de Toulon en guise de continuité s'appuiera cette saison sur le staff de son prédécesseur Jamal Alioui.

SPORTSFootball Publié le , RALPH NEPLAZ

Serein, guidant sans cesse ses joueurs sur le terrain, Fabien Pujo a donc ouvert, hier au stade Ludovic Giuly à Chasselay, son aventure au Goal FC hier par une large revue d’effectif face à une très jeune réserve de l’AS Saint-Etienne (1-2), sous la canicule et les encouragements d’une assistance assez garnie en plein mois de juillet. Le successeur du coach Jamal Alioui, est déjà bien installé dans sa fonction, nourri par ses expériences d’accession notamment à Toulon (N2), ne devrait pas perdre beaucoup de temps dans la mise en œuvre d’un projet de jeu assez précis, dans la lignée du travail d’Alioui dont il a conservé tout le staff pour aller plus vite. Et à l’instant d’évoquer son arrivée au Goal FC, on a plutôt fait connaissance avec un entraîneur ouvert au dialogue, qui semble savoir où il va. Premier entretien d’une saison aux multiples attentes.

Quels enseignements pouvez-vous tirer de ce premier match amical face à la réserve de l’ASSE (1-2) ?

"On était sur un thème de travail qui, à ce moment de la préparation, est assez restrictif dans le jeu à savoir les sorties de balle. En première période (1-0), j’ai bien aimé la structure de l’équipe. On se découvre tous et il y a, déjà, des choses vraiment intéressantes. On était sur la séance 4 de notre progression quand en face ils étaient en séance 12. Cela explique la différence athlétique. Notre effectif n’est pas encore au complet, il nous manquait un défenseur central Oumar Camara (ex-AJA) et l’attaquant El Hadj Coly (ex-U19 OL) et on attend encore deux arrivées offensives. Cela s’est vu sur la seconde structure de l’équipe, en deuxième mi-temps (1-2) avec nos jeunes et quelques joueurs à l’essai, on a été plus en difficultés. Mais les temps de passage, sur la première période, sont bons. On a travaillé ce que l’on souhaité vraiment : être en bloc, être ensemble surtout dans l’utilisation du ballon sur des choses perceptibles."

L’animation offensive, dans un secteur en reconstruction, sera-t-elle une de vos orientations dans les semaines à venir ?

"On travaille surtout sur des dominantes, par étape. On sort, en première semaine d’un axe basé sur la capacité aérobie. Dans le jeu collectif, on s’attarde aux déplacements sans grande intensité, sur les 60 premiers mètres. Et à partir de la semaine 3, on se penchera sur ce qui se passe dans les 50 derniers mètres, les répétitions de courses à haute intensité. Pour l’instant, on n’y est pas encore. Sur ce premier match amical, nos adversaires sont venus nous chercher très haut et si nous étions en semaine 3, on aurait plus utilisé la verticalité. On n’est pas encore dans cette phase-là."

En première période dans votre 4-4-2, on a vu un milieu (Le Maitre-Reale-Dufau-Odru) très mobile et joueur. C’est une de vos orientations dans ce que vous voulez installer ?

"Je suis venu pour l’ADN qui existait déjà l’an dernier. On sera dans un jeu où on veut prendre l’initiative, en ayant le ballon, sans avoir peur d’attirer l’adversaire. Et ce que l’on a vu en première mi-temps, au niveau de l’équipe, va dans ce sens dans un 4-4-2 avec quatre milieux très intérieurs, capables de jouer très court dans la technicité avec la volonté de faire mal dans verticalité, ce qui arrivera pas la suite."

"Sur le plan humain, j’aime vraiment mon équipe "

Au bout de quelques semaines dans un nouvel environnement, quel regard portez-vous sur le club ?

"J’ai déjà connu ce genre de club qui ressemble à Bergerac, dans le côté familial, l’association de communes. Il y a un état d’esprit qui diffère des grandes villes. Sur le plan humain, j’aime vraiment mon équipe. On est là pour faire progresser ce club, dans un contexte qui peut surprendre quand on ne le connaît pas. L’objectif est de poursuivre ce qui se fait sur le haut de la N2, de faire mieux pour espérer basculer à l’étage supérieur en étant prêt. En tant que technicien, on a été surpris de ne pas tomber dans la poule du sud. On avait programmé un recrutement pour jouer dans ce championnat-là, après avoir bien observé nos adversaires. Au final, on sera dans la poule centre. Je la connais bien. Ce sera un contexte différent. C’est dur d’aller gagner dans le sud. Là, dans la poule du centre, cela va se passer plus sur le terrain. On saura, plus tard, si cela nous convient mieux."

Le club réclamait, comme beaucoup d’équipes en Rhône-Alpes, de quitter la poule sud pour basculer vers le centre-ouest. Quelles différences existent-ils entre ces deux poules ?

"Les équipes les plus armées budgétairement sont dans le sud. Obligatoirement, elles génèrent des individualités et moins de collectifs. Il y a aussi une plus forte dualité, un contexte plus intimidant, plus sulfureux qui, indirectement, va impacter l’arbitrage. Dans l’ouest, cela existe moins. Il y a moins de moyens et donc des collectifs plus prononcés avec des stratégies d’équipe plus travaillées. On va connaître, je pense, une homogénéité plus grande."

Est-ce que cela change votre façon de préparer la saison ?

"Non, même si nous avons pris des joueurs qui connaissent ce contexte particulier de la poule sud comme l’attaquant Concalves qui a vécu une montée avec Toulon ou notre défenseur Touil qui est toulonnais. On a pris Dufau (milieu) par rapport à son expérience, il n’y a pas de soucis parce qu’il connait chaque centimètre de la poule du centre. Pour les autres, ce sera une vraie inconnue. On s’est fixés un objectif clair : vivre l’emballage final, être là en mars-avril-mai quand les meilleures équipes sont présentes. Dans ce que nous avons prévu collectivement, rien ne change. On aura des équipes vraiment différentes en face de nous : Angoulême, Bergerac…. On va vite voir qui, potentiellement, peut accéder au National."

Qui sera dans le haut du panier, d’après vous ?

"C’est une année particulière avec cinq ou six descentes. En deuxième partie de saison, beaucoup d’équipes vont être concernées. Bergerac n’est pas monté à la 93e minute de son dernier match, ils feront partie des favoris comme Andrézieux qui est bien structuré depuis des années. Bourges a une agglomération qui peut monter. Angoulême a fait un gros recrutement. Cela va tourner autour de ces équipes qui étaient en haut l’an passé, comme Moulins une équipe habituée à ce niveau. Et comme toujours il y a aura une équipe surprise qui fera un bon début de championnat parce qu’en N2 quand tu prends un très bon départ, tu existes longtemps dans la saison."

"Notre gardien Antoine Philippon a de l’expérience. J’étais ravi de le voir prolonger au club. C’est à lui de transmettre à ceux qui arrivent l’ambition du club, la mentalité, l’humilité et l’état d’esprit d’ici. Et il le fait très bien"

Le gardien Philippon, le milieu Le Maitre, le défenseur Kouadio sont restés au sein d’un effectif largement renouvelé. Qu’attendez-vous de « ces anciens » du club ?

"Je suis content qu’ils soient restés. Je venais dans la continuité. Le très haut niveau nous montre qu’une équipe a une durée de vie de quatre à cinq ans pour arriver à construire un beau collectif. L’an passé, tous ceux qui avaient signé ici, se sont régalés dans les huit premiers mois. Tout le monde était d’accord dans le sud pour dire que le Goal FC avait dominé le championnat de la tête et des épaules. On voulait garder quelques éléments de ce groupe. Philippon, a de l’expérience. J’étais ravi de le voir prolonger au club. C’est à lui de transmettre l’ambition du club, la mentalité, l’humilité et l’état d’esprit d’ici, à ceux qui arrivent. Et il le fait très bien. Thibaut (Le Maitre), est pareil. Il s’est réengagé rapidement quand beaucoup doutaient. Il a une vraie expérience de la N2 pour avoir, cette saison, un peu plus de place sur le terrain. On a un groupe qui fonctionnera dans la rotation, avec en plus des jeunes qui ont peu de vécu de la N2. Kouadio est attendu dans la confirmation de ses prestations de la saison dernière où tout le monde a souligné ses performances répétées et régulières à droite. Il va soit poursuivre avec nous la saison prochaine parce qu’on sera monté, soit il va nous quitter. On le sait. Voilà, les trois joueurs qui doivent faire le lien dans le groupe en plus de ceux qui ont de l’expérience. On a essayé de signer des identités plus locales, plus lyonnaises : Camelo, Reale…Cela ajoute un supplément d’âme pour eux. Il faut ajouter à ce noyau important, Dufau qui a connu deux montées avec Le Puy dans ce groupe-là, il était capitaine. Il prend déjà une place dans la transmission au cœur du groupe."

On perçoit une certaine forme de liberté laissée à vos milieux pour assumer le jeu, créer. Vous le revendiquez ?

"On peut penser qu’ils sont libres mais on joue avec de vrais protocoles. L’espace, dans le jeu de position que l’on veut mettre en place, est une notion importante. Il y a des dézonages, OK, mais ils seront toujours coordonnés. Les milieux bougeront beaucoup mais avec des protocoles. Là-dessus, ce n’est pas négociable. Ce sont des joueurs intelligents. Quand tu connais la cartographie du terrain, il faut poser des incertitudes au bloc adverse, ça demande de la clarté dans les positionnements."

Le « pari » de ce mercato reste l’arrivée d’Enzo Reale au Goal FC. Que peut-il apporter à votre équipe en N2 ?

"Après son passage en Espagne (au CD Manchego, 3e division), on l’a sollicité parce qu’on pensait que sur le plan familial il aurait été intéressé de revenir près de Lyon. On a été agréablement surpris de l’intérêt qu’il a manifesté à notre projet et sur lequel il s’est engagé, très tôt. Il a les qualités de la Ligue 1 où il a joué (OL, Lorient). Il vient avec l’envie de vivre un beau challenge dans une équipe qui peut se rapprocher du National. Ce sera notre leader technique dans ce que nous voulons faire dans le jeu, le cerveau de notre équipe. Il ne se cache pas. On a vu ses qualités dès qu’il est proche du but. Il doit aussi transmettre son exigence technique au groupe, même à l’entraînement."

"Enzo Reale sera notre leader technique dans ce que nous voulons faire, le cerveau de notre équipe. Il ne se cache pas."

Vous arrivez dans un club qui sort d’une grande désillusion en N2, avec un écroulement dans la dernière ligne après avoir longtemps dominé la poule. Avez-vous ressenti le poids de cet échec en signant ici ?

"Je l’ai ressenti. Ma venue était aussi dans ce cadre : emmener quelqu’un qui a une forme de sérénité, de calme et qui a connu une montée dans le sud (Toulon). Il s’agit de faire comprendre qu’il y a des étapes de construction et que si le club avait loupé la dernière marche ça pouvait aussi s’expliquer par la jeunesse, la connaissance de ce qu’est une fin de saison, la négociation des fins de contrat… Aujourd’hui, ceux qui arrivent n’ont pas connu cela. Ceux qui sont restés ont l’idée de surfer sur cette expérience-là, même si elle a été douloureuse pour ne pas la revivre. L’objectif sera d’exister le plus tard dans ce championnat pour se servir de cette expérience."

De l’extérieur, avez-vous été surpris de voir le Goal FC s’effondrer après avoir eu une avance de 10 points l’an passé ?

"Pour moi c’était impensable ! C’était acté de voir cette équipe monter en National. Il faut se rappeler de leur parcours quand même ! Ce n’était pas des petites victoires. Il y avait du contenu. Puis la dynamique s’est cassée. Je n’ai pas les explications internes. Mais de l’extérieur, tout le monde a été surpris. Martigues, le premier, avait vécu trois dernières saisons en haut du panier, avec de l’expérience mais ils étaient quand même très loin du Goal FC."

Vous ne partez pas totalement d’une page blanche alors ?

"La marge est réduite mais l’idée c’est de progresser. Dans l’histoire qui nous attend, et c’est que je raconte aux joueurs, il y aura un sprint, une dernière épreuve. En prépa’ on a fait des Olympiades. On sait qu’on a droit à l’erreur en septembre-octobre, à cinq ou six points derrière. Par contre quand la saison va basculer, au printemps, c’est là où il faudra être fort. Et le club est en train de se donner les moyens de l’être."

Vous débuterez au Stade Bordelais le 20 août, c’est un peu chez vous…

"Il y aura du monde au stade ! (rires). Je connais bien ce club. J’étais aussi en contact avec eux. J’y ai joué. D’ailleurs j’en reviens, j’y ai passé le week-end. Commencer là-bas, c’est un joli signe du destin…"

Propos recueillis par Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse.

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