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Football FCVB/Un dimanche avec… Philippe Terrier

Alors que son club est un fringant dauphin de Concarneau en National, au bout de 16 journées, le président du FCVB a déroulé le fil d'une année 2021 sans défaites à Armand-Chouffet, en attendant une suite espérée aussi favorable.
Le président du FCVB, avant la rencontre de championnat Villefranche-Bastia Borgo, le 22 octobre dernier à Chouffet.
FRANCK CHAPOLARD - Le président du FCVB, avant la rencontre de championnat Villefranche-Bastia Borgo, le 22 octobre dernier à Chouffet.

SPORTSFCVB Publié le , RALPH NEPLAZ

Jusqu'ici, le temps consacré à raconter le parcours du FCVB en National, cette année, n'avait pas été activé, avec Philippe Terrier, président d'un club caladois au parcours remarquable en 2021. Parce que tout va vite dans ce foot comme il se vit aujourd'hui. Mais s'il faut parfois rembobiner sur les instants vécus qui ne sont pas encore éteints, le cru 2021 du FCVB a vraiment de la tenue. De la remontada accomplie l'an dernier qui avait propulsé Villefranche de la place de dernier du National à la place de barragiste en mai, à l'apport de son coach Hervé Della Maggiore auprès d'un groupe expérimenté sans cadors, au futur proche et toujours possible – cette montée en Ligue 2 qui pourrait bien arriver un jour… – Philippe Terrier a ouvert les guillemets, tout en affichant l'impatience de vivre la suite d'une aventure aujourd'hui si prometteuse…

Vos joueurs vous ont offert une belle année 2021. On suppose que vous les avez vus partir en vacances avec de gros motifs de satisfaction…

"Effectivement, on a vécu une très belle année. Je les ai vus partir sur une belle note d'optimisme. Ce sont des mecs qui sont heureux de vivre le moment présent."

Il y a un an, votre club était relégable à la trêve. Aujourd'hui ce n'est pas exactement le même tableau. Vous vivez ça comment ?

"On va dire qu'il y a un an, peu de gens étaient d'accord avec ce que je faisais ou ce que j'allais faire (NDLR : la séparation avec l'ancien coach du FCVB, Alain Pochat, en février)."

Cette décision de vous séparer du coach d'alors, Alain Pochat, était-elle inévitable, avec du recul ?

"Il avait redressé le tir en National, on avait recommencé à gagner. Mais la situation avec lui était surtout pesante pour moi pas pour les autres."

C'était une décision pesante ?

"Dans le boulot, j'ai connu pire. Mais on ne va pas en parler tout le temps."

Trouvez-vous des similitudes entre le monde de l'entreprise et celui du foot quand ça va mal ?

"La grosse différence dans le foot, à notre échelle, c'est que nous avons encore beaucoup de bénévoles. Tu ne peux pas gérer une entreprise comme tu gères des bénévoles. Quant aux joueurs, les CDD d'usage, ils n'existent que dans le football. A la fin de chaque saison, tu sais que ton meilleur joueur, tu vas le voir partir. La relation humaine dans le foot s'est vraiment dégradée."

Sur quels points ?

"C'est une relation qui est vraiment différente de ce qui existe dans le monde de l'entreprise où tu vis quelque-chose dans le long terme avec la personne qui tu apprécies. Et même si tu te trompes sur une personne, tu fais toujours des efforts pour récupérer le coup alors que dans le foot, on est tout le temps dans le court terme."

Ce court terme répété du foot, c'est un fonctionnement où l'on trouve ses marques, malgré tout ?

"Aujourd'hui, dans notre groupe du FCVB, ce qui me fait plaisir, c'est qu'il n'y a pas de mercenaires. Les Flégeau, Bouet, Renaut, Taufflieb ou Khous sont tellement heureux d'être là. A la fin de la saison, ils vont surtout chercher à continuer l'aventure caladoise au lieu de venir jouer aux enchères en te disant qu'ils veulent aller ailleurs. Peu de clubs peuvent se dire ça. On se débrouillera toujours pour tenir nos engagements avec eux."

"Sur la qualité de gestion des hommes, le coach (Hervé Della Maggiore) m'a donné une leçon"

Quel bilan tirez-vous à la mi-saison ?

"J'ai dit aux joueurs que tout le club était fier de ce qu'ils ont accompli jusqu'ici."

La concurrence dans ce National avec quatre clubs (Concarneau, le FCVB, Annecy et Bourg) qui se tiennent en trois points est assez vive. Sans avoir le plus gros budget, que peut viser Villefranche ?

"C''est un chouette parcours pour l'instant. Est-ce qu'on tiendra encore une demi-saison sur ce rythme ? Je n'en sais rien mais les joueurs en ont envie. La première chose ce sera de réussir le premier match de reprise, contre Sète (7 janvier à Chouffet)."

Au printemps dernier, comment avez-vous réenclenché la dynamique après la déception des barrages d'accession en Ligue 2 à Niort ?

"C'est surtout la qualité de la gestion des hommes du coach Hervé Della Maggiore qui a bien fonctionnée. Il m'a donné une leçon, sur la manière de gérer la situation de chacun dans l'effectif, sur la réaction de chaque joueur suivant ses décisions, c'était vraiment fort."

Della Maggiore est arrivé en février dernier. Au bout de dix mois au club, quel est son apport dans la marche de votre équipe ?

"Il a mis une vraie sérénité dans le vestiaire. Le fait de partir avec un effectif plus restreint oblige les joueurs à être plus concernés. Il savent qu'ils auront leur chance. Il a une crédibilité dans ses choix qui rassurent les joueurs. Pour le dernier match, à Châteauroux, l'hésitation qu'il y a pu avoir sur la titularisation du piston droit Martin, a été vite évacuée. Il a fini homme du match."

Le choix de votre entraîneur de partir avec un effectif restreint cet été, était-il lié aux contraintes financières du moment ou à sa volonté de faire confiance au même groupe de joueurs ?

"Je dois dire que cela m'allait bien, mais c'était avant tout la volonté du coach."

Ce groupe où émerge beaucoup d'expérience, est-il le plus fort que vous avez connu depuis que vous êtes président ?

"Au niveau de l'expérience, on n'a jamais eu un groupe aussi mature. Ils ont joué, deux saisons de suite, les premiers rôles en National. Il y a eu ce barrage à Niort. Beaucoup de joueurs ont passé la trentaine. Est-ce le groupe le plus fort ? C'est difficile à dire, l'année où nous sommes montés en National (2018), c'était aussi une belle aventure. En tout cas, cette saison, c'est le groupe le plus homogène. C'est difficile de dégager une individualité dans cette équipe. A Châteauroux (0-0), Martin a été élu homme du match mais tous les joueurs auraient pu être cités. Un gardien comme JC Bouet, combien de fois a-t-il sauvé l'équipe ? Les Bonenfant, Flégeau, sont toujours bons. Et Khous, au milieu, c'est un vrai bonheur. Le dernier but de Dabasse contre Créteil (1-0) est extraordinaire mais la passe de Khous l'est tout autant."

"Au niveau de l'expérience, on n'a jamais eu un groupe aussi mature"

Si au bout, il y a la montée en Ligue 2, est-ce que le club sera prêt pour jouer à Armand-Chouffet ?

"On remonte le 25 janvier à la Fédération pour présenter le projet. Il y a différentes options. Une avec de grands travaux et là on ne sera pas prêts tout de suite et une autre, plus réduite qui nous obligera à grignoter la tribune Chouffet pour être rapidement opérationnels."

C'est-à-dire ?

"On nous demande de créer une salle de presse, de proposer un emplacement pour le PC sécurité. On doit travailler sur les flux des spectateurs dans le stade. On a fait un plan pour partager ces flux en trois endroits parce que les joueurs ne doivent pas croiser les supporters adverses et ces derniers ne doivent croiser ceux de Villefranche."

Ce serait une vraie révolution à Villefranche, cette montée. Pensez-vous que ce sera trop tôt pour le club ?

"Ce n'est jamais trop tôt. Mais restons calme ! On n'y est pas encore. Avec Hervé (Della Maggiore) on passe notre temps à raconter que travailler sur ce projet est important mais aujourd'hui il y a peut-être plus de chances pour que l'on n'y soit plutôt que l'inverse. On a un groupe qui a les capacités de faire un parcours extraordinaire."

C'est ce que vous allez dire à vos joueurs à la reprise ?

"Ils le savent, déjà. Ils le sentent, vraiment. Si jamais on ne casse pas la dynamique de ce groupe, ils peuvent aller au bout. Mais je sais aussi qu'une dynamique, ça se casse très vite. Je reste sur l'image de cette remontée de la saison dernière, au classement. On se demandait si un jour nous allions perdre."

Et finalement vous avez vécu une année entière sans perdre à Chouffet…

"C'est une statistique que je n'avais pas relevée. Une vraie performance."

Vous suivez le parcours du Goal FC en N2. Si, par bonheur ils montent en National, ça vous procure comme quoi comme réflexion ?

"Ce serait un beau derby ! Mais ce qui m'inquiète c'est cette création de Ligue 3 professionnelle (NDLR : à l'horizon 2024-2025, mais à condition que l’assemblée générale de la Ligue de Football Professionnel (LFP) et celle de la Fédération Française de Football (FFF) donne leurs accords). Cela signifie qu'une montée en Ligue 2 deviendra de plus en plus compliquée à obtenir, tout comme d'y rester."

Cela fait pourtant plusieurs saisons que les présidents des clubs de National demandent la création de cette Ligue 3 professionnelle…

"Beaucoup l'espèrent. Mais je ne suis pas sûr que pour les petites villes comme Villefranche ce soit un avantage. Je comprends que ce soit une bonne chose pour Laval, Orléans, le Red Star et tous ceux qui viennent du monde pro. Ils savent ce que ça représente de perdre ce statut. Mais nous, nous ne l'avons jamais eu. Ils ont conservé les contraintes de ce monde-là, des stades conséquents, une organisation structurelle, des salariés…De notre côté, on a une organisation avec beaucoup de bénévoles, je ne suis pas sûr que passer dans un modèle professionnel va nous apporter que des avantages."

Si ça arrive, vous le prendrez quand même !

"Oui. Certainement. Mais quand j'échange avec des clubs comme Orléans ou Châteauroux qui a gardé son centre de formation, c'est important pour eux de rester professionnel. Mais en regard de l'argent qui sera versé aux clubs de Ligue 3, je ne suis pas certain que Villefranche pourra se payer un centre de formation. J'ai peur qu'à la fin, parmi ces trois divisions professionnelles, il ne reste plus que des grandes villes."

Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse

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