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Football FCVB/Un dimanche avec… Jean-Christophe Bouet et Nicolas Flégeau

Actuel troisième, le FCVB affiche une maturité incarnée par l'expérience du gardien Jean-Christophe Bouet et du défenseur Nicolas Flégeau dont les parcours reflètent ce qu'est la vie d'un joueur de National.
Jean-Christophe Bouet ici devant Nicolas Flégeau la saison passée dans le couloir d'Armand-Chouffet.
FRANCK CHAPOLARD - Jean-Christophe Bouet ici devant Nicolas Flégeau la saison passée dans le couloir d'Armand-Chouffet.

SPORTSFCVB Publié le , RALPH NEPLAZ

Un week-end de repos. Cela n'arrive pas toutes les saisons. Sorti de la coupe de France au 7ème tour à Chambéry, le FCVB n'a plus que le National à son calendrier. Un championnat qui lui aura offert toutes les joies la saison passée – des peines aussi – et qui, aujourd'hui dessine tous les espoirs, à deux longueurs du leader Bourg, au bout de 14 journées. C'est sur tout cela que le gardien Jean-Christophe Bouet (38 ans) et du défenseur Nicolas Flégeau (36 ans) se sont ouverts. Le temps d'une (longue) conversation dominicale, avant de recevoir Créteil, ce vendredi.

Vous arrivez bientôt à la fin d'une année assez rare, sans aucune défaite à domicile jusqu'ici. Si vous deviez décrire le FCVB d'aujourd'hui, vous en diriez quoi ?

Nicolas Flégeau : "Je dirais que le meilleur reste à venir. On sait que l'on a souvent maîtrisés notre sujet que ce soit avec Alain (Pochat) ou Hervé (Della Maggiore), les systèmes sont identiques (3-5-2). On a peaufinés cette bonne base de travail. On a eu du mal au début de ce championnat parce qu'il a fallu digérer la déception des barrages à Niort."

Jean-Christophe Bouet : "Depuis que je suis à Villefranche (été 2020), ce n'est que du bonus. Je ne pensais pas repartir en National. Quand j'ai vu tout ce que le coach en place (Alain Pochat) avait mis en place, j'étais persuadé que nous allions accomplir de belles choses. L'an dernier, j'ai joué dans la meilleure équipe depuis que je suis en National. Là, on a ce truc (barrages) qui reste en travers de la gorge, cette envie d'aller goûter à plus haut. Mais il faut être rationnel, on n'est que Villefranche, l'objectif reste le maintien. On est à 11 points de cette étape."

Au printemps, face à Niort (3-1, 0-2) vous avez touché du doigt une montée en Ligue 2. C'est difficile de se mobiliser après cette déception ?

J-C. Bouet : "Je suis vite passé à autre-chose parce que le passé tu ne l'oublies pas mais tu peux t'en servir."

N. Flégeau : "A l'aller, on avait produit un match très intéressant. Inconsciemment, on pensait peut-être que le boulot était fait. J'ai mis trois mois à accepter cette défaite, au retour (2-0). C'est la plus grosse déception de ma carrière."

Est-ce que cela a cimenté le groupe ?

N. Flégeau : "On vit tous différemment ce genre d'épreuves. J-C a vite évacué le truc. On est vite repartis sur une nouvelle ligne directrice."

J-C. Bouet : "Défendre ensemble, ça crée un état d'esprit"

Quel rôle a joué le coach (H. Della Maggiore) pour vous relancer cet été ?

J-C. Bouet : "Il a vite tourné la page, un peu comme moi. Je reste sur trois saisons où je ne monte pas avec Dunkerque à la dernière journée (2017), je finis 4ème avec Laval (2019) et je pète en barrages avec Villefranche l'an dernier. Là, je savais qu'avec les mecs qui restaient dans ce vestiaire, ici, même si nous perdions de supers joueurs, la base était là. On est les garants de l'état d'esprit. Si le coach a gardé un groupe d'expérience c'est qu'il veut que cette mentalité perdure."

L'ouverture de la saison à Bourg en août (1-1), avec du recul vous en dites quoi de cette performance chez l'actuel leader du National ?

N. Flégeau : "Ce match nous a rassurés face à un gros du National. Il a été très positif pour la suite. Perdre là-bas, même 1-0, cela aurait été un début bancal. On a fait, depuis, neuf clean shit, parce que toute l'équipe défend."

Comment expliquez-vous cette solidité défensive ?

J-C. Bouet : "Par l'expérience accumulée. Derrière, on a des mecs qui ont passé la barre des 100 matches en National, ce n'est pas rien. Il y a un état d'esprit de fou !"

Dans les buts, vous ne manquez pas de boulot, pourtant…

J-C. Bouet : "Pas tant que ça. Je ne suis pas mis à contribution si souvent. On ne souligne jamais assez les courses de 40 mètres que font nos attaquants dans les replis défensifs, les milieux qui s'arrachent, et même si notre défense bouge à cause des blessures, on répond présent."

Défendre, tous ensemble, ça se cultive comment ?

J-C. Bouet : "Préserver ton but, j'adore ça. Si tu défends bien, tu es en haut en National. Défendre ensemble, ça crée un état d'esprit : le mec qui se dépouille à côté de toi, tu sais que tu feras la même chose pour lui. Personne ne va penser à sa pomme. A notre âge, on est nombreux à ne pas pouvoir partir au-dessus, donc, tout ce que l'on va chercher, passe par le collectif."

Comme une sorte de dernière chance ?

J-C. Bouet : "On ne s'interdit rien. Il y a des mecs de 34 et 36 ans dans l'équipe. Une montée en Ligue 2, ce n'est pas rien. Mais je me répète, il faut rester dans la réalité, ces 11 points sont nécessaires pour se maintenir, d'abord. Ce championnat peut basculer à tout moment."

Quel match résume tout cela ?

J-C. Bouet : "Le plus maîtrisé, c'est le dernier au Mans (0-2). On a subi dix minutes en première mi-temps et après ça, on a pris le pas techniquement et tactiquement. Quand on est comme ça, on est difficile à jouer. Pourtant en face il y a du répondant. Un jeune qui intègre dans le groupe, comme a pu le faire Simon Elisor à 21 ans, il rentre dans l'état d'esprit assez vite parce qu'il est intelligent."

N. Flégeau : "Dans notre équipe, il ne faut pas être avare d'efforts."

N. Flégeau : "Niort, ça reste ma plus grande déception"

La sortie en coupe de France au 7ème tour à Chambéry (2-1) est-ce l'accroc de cette première partie de saison ?

N. Flégeau : "On parle souvent d'envie mais on s'est fait bouger par cette équipe. C'était le match parfait de leur côté, quand nous étions moins bien."

J-C. Bouet : "Ce jour-là, ils ont été bons. C'est tout."

Le coach, derrière ça, n'en a pas fait des tonnes…

N. Flégeau : "Son discours a été très bon. Il nous a dit de tourner la page dès le lundi suivant en pensant au match du Mans. On a commencé la semaine d'entraînement sans cette chappe de plomb où tout le monde aurait pu se regarder de travers."

La concurrence existe-t-elle vraiment au poste de gardien avec Lucas Caruso, même si vous êtes un cadre de l'équipe ?

J-C. Bouet : "Elle existe vraiment. Tous les jours, Lucas me secoue à l'entraînement. C'est ce que je recherche. Je ne me suis pas mis dans un confort. Je peux être un cadre du groupe mais un cadre peut aussi finir au mur (rire)! Il me pousse à être bon. Il a quand même 15 ans de moins que moi, ça compte... C'est une concurrence ultra saine avec un gamin humble, qui a passé un cap. Sincèrement, je le vois comme un futur 'gros' gardien. Il faut le reconnaître, personne n'est éternel. Le but c'est qu'il prenne la relève."

La foot aura représenté quoi dans votre vie ?

N. Flégeau : "C'est toute notre vie. De 13 ans en préformation puis au centre de formation à Lorient où j'ai joué mon premier match en L2 avec Gourcuff (2004-2005), il y a eu de sacrés moments. Le foot est aussi fait de déceptions. C'est un éternel recommencement."

J-C. Bouet : "J'ai eu une vie à côté (NDLR : il était fonctionnaire de police de 21 à 28 ans), je sais ce que c'est de travailler en dehors du foot : se taper huit heures de boulot et aller m'entraîner ou une nuit de travail et aller m'entraîner. A 38 ans, c'est pour ça que j'ai la "fraîche" encore. J'ai signé pro tard (34 ans à Amiens). Mon rêve était de jouer en Ligue 1, je l'ai vécu. Mon objectif c'était de faire un match de National et j'en ai joué presque 300. Qu'est-ce que je peux demander de mieux ?"

J-C. Bouet : "Je vois Lucas Caruso comme un futur '"gros" gardien"

Vous êtes des privilégiés ?

J-C. Bouet : "Non. On se donne le privilège de l'être. C'est ce que les gens oublient. Ce n'est pas que des beaux moments. Plus jeune, quand les copains sortaient le week-end, nous restions à la maison parce que le lendemain il y avait un match. On est 2 millions à jouer au foot en France, un sport ouvert à tout le monde. Chacun peut arriver en pros : des mecs de cité, d'autres qui viennent de la plus grande misère. Le foot est juste pour celui qui est déterminé. Elle est là, la vérité."

N. Flégeau : "C'est assez vrai, mais il y a aussi des moments où tu as besoin d'un coup de pouce, d'un coach ou d'un agent. Le foot est aussi fait de rencontres. Il faut être là au bon moment."

Vous avez joué ensemble à Bayonne (2007-2009) avec Alain Pochat comme entraîneur. Le retrouver au FCVB, ça se passe comment ?

N. Flégeau : "Avec lui, ça c'est toujours bien passé. Quand j'arrive à Villefranche, dix ans après Bayonne, peut-être que les gens seront plus exigeants avec nous parce que nous le connaissions d'avant. Pourtant, on savait qu'avec lui ce ne serait pas gagné d'avance, qu'il fallait en faire deux fois plus."

J-C. Bouet : "Je le connaissais d'avant, c'est un ami et je ne l'ai jamais caché. J'ai aussi joué avec lui à Bayonne, il jouait devant moi, il envoyait ! A Villefranche, c'était 'LE' coach. Et on savait qu'il était exigeant."

Son départ en février, vous l'avez vécu comment ?

J-C. Bouet : "Bien-sûr que cela m'a peiné. C'est un choix assumé du président. Mais ensuite, Hervé (Della Maggiore) n'était pas responsable de la situation. Il a pris le groupe comme un autre aurait pu saisir l'opportunité. Il a fait les choses de façon très intelligente. Dès qu'il est arrivé, on a gagné assez vite d'ailleurs."

N. Flégeau : "La phase retour ? Ce sera plus compliqué"

Vous êtes à trois journées de la fin de la phase aller. Une belle seconde partie de saison, ça ressemblerait à quoi pour vous ? Une montée commune avec Bourg ?

J-C. Bouet : "Ce serait une belle fin. On connaît beaucoup de monde en face. J'ai mes potes là-bas mais nous sommes des joueurs de Villefranche, pas de Bourg…"

D'ici là, comment durer ?

N. Flégeau : "Ce sera plus compliqué. On ramasse moins de points parce que les équipes du bas de tableau se rebiffent et deviennent plus hermétiques. On a deux matches en décembre (Créteil et Châteauroux) qui ne seront pas décisifs mais qui donneront une coloration pour la suite."

A vos âges, la remise en question se fait sur quoi dans le foot ?

N. Flégeau : "A chaque fin de match, je sais ce que j'ai fait de bien ou de mal. Je retiens plus le mauvais que le bon, c'est peut-être un des défauts de ma carrière. Mon père m'a toujours dit "tu es bon ou pas bon". Il ne s'empêchait pas de me le dire."

J-C. Bouet : "C'est un peu la même chose. Mais quand tu es gardien, il ne faut pas gamberger trop longtemps. Aujourd'hui, personne ne peut revenir en arrière. Tu sais ce qui te reste pour changer l'avenir, par contre. On se prend beaucoup moins la tête."

N. Flégeau : "Sur ça, J-C a raison. Il ne faut pas aller jusqu'à douter. Si aujourd'hui, ce qui s'est passé en barrages se reproduit, je broierais moins du noir. Le foot, c'est sans cesse une remise en question."

Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse

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