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Football FCVB/Jimmy Nirlo : "On a un groupe avec du caractère"

Parfaitement intégré au collectif du FCVB depuis son arrivée cet été, l'ancien bressan, déroule une première partie de saison réussie en championnat qui laisse augurer du meilleur pour la suite.
Football FCVB/Jimmy Nirlo : "On a un groupe avec du caractère"
FRANCK CHAPOLARD - Jimmy Nirlo, dans le sillage d'un FCVB solide, traverse actuellement une très bonne passe en National. Une confirmation.

SPORTSFCVB Publié le , RALPH NEPLAZ

Buteur pour la troisième fois de la saison, Jimmy Nirlo a été à l'unisson du récital collectif du FCVB au Mans, vendredi. D'entrée, ce dimanche, on lui a demandé si c'était bien lui le premier buteur du FCVB, vendredi dans la Sarthe (0-2), sur ce coup-franc de Rémi Sergio où il avait dévié de la tête le ballon, effleuré pour beaucoup. Et sa réponse a été directe : "Je la touche vraiment, si je l'avais juste effleurée, je ne me serais pas permis de le dire vis-à-vis de Rémi !". Fin du mini débat qui aura amusé les suiveurs du FCVB, ce club désormais bien installé sur le podium (3ème) du National, ce championnat dont Jimmy Nirlo a visité tous les recoins, pour en savourer aujourd'hui tous les plaisirs. A Villefranche.  

Au bout de 14 journées, on peut dire que votre intégration dans cette équipe de Villefranche est idéale…

"Depuis le début de saison, tous les feux sont au vert que ce soit sur le plan sportif ou dans les relations humaines. Je suis vraiment content d'avoir fait ce choix de signer au FCVB cette saison."

Face au Mans (2-0), vendredi, on a entendu dire que vous en étiez à 228 matches de National, qu'est-ce cela signifie pour vous ?

"Je pense qu'ils se sont trompés. Le nombre de matches à ce niveau est probablement plus élevé. J'attaque ma dixième saison de National et à part la saison "Covid" (NDRL : 2019-2020), j'ai toujours fait des saisons à plus de 30 matches. On est plus proche des 300 rencontres mais ça reste anecdotique."

Comment expliquez-vous une telle longévité à 33 ans ?

"La priorité pour durer, c'est l'amour du football. Prendre du plaisir à venir s'entraîner, encore plus dans les périodes hivernales, c'est ce qui nous porte et nous permet d'être bien dans la tête. On retrouve aussi cette notion de plaisir dans les longs déplacements en bus. J'ai aussi la chance d'avoir un cadre familial qui me permet d'être épanoui au quotidien. Enfin, le troisième facteur, c'est d'avoir été épargné par les pépins durant toutes ces saisons. Les blessures, on sait à quel point ça use physiquement et mentalement."

"Aujourd'hui, Bourg est derrière moi, la page est bien tournée…"

A Bourg, vous étiez un cadre de l'équipe pendant de longues saisons. A Villefranche, comment avez-vous fait pour trouver une place dans un vestiaire où les trentenaires ne manquent pas ?

"Mon rôle ici est différent. A Bourg, j'avais de l'ancienneté dans le club, j'étais capitaine. L'âge moyen du vestiaire était plus bas, là on a beaucoup plus d'expérience. En arrivant à Villefranche je n'avais aucune demande au niveau des prises de responsabilité. A Bourg, c'était naturel. Ici, je suis tombé sur un super capitaine (Kevin Renaut) qui joue bien son rôle. Les joueurs m'ont bien intégré. Quand j'ai besoin de prendre la parole, je le fais naturellement. Il n'y a pas lieu de se forcer parce que le groupe est très mature. A un certain âge, on connaît bien le championnat, et on n'a pas besoin de trop parler. On essaie de donner des conseils aux jeunes pour qu'ils évitent certaines erreurs que nous avons pu faire, simplement."

La fin de votre histoire à Bourg est-elle derrière vous, définitivement ?

"C'est la vie du foot. Le club arrivait à un nouveau cycle, j'ai pris énormément de plaisir à évoluer sur les ordres de Gilles Garnier en tant que président puis avec Patrick (Martellucci). Une nouvelle donne a été lancée (NDRL : prise de la présidence par David Venditelli). Au final, eux comme moi voient que leur projet est bien parti au niveau des résultats. Personne ne me regrette à Bourg et j'ose espérer qu'à Villefranche tout le monde est content de ma présence. Aujourd'hui, Bourg est derrière moi, la page est bien tournée. Je sais quel maillot je défends maintenant, je l'ai dit dès la première minute ici. On vit sans regrets mais je garde toujours des amis là-bas."

Voir votre ancien club en tête du National avec Villefranche en embuscade à deux longueurs, ça donne quand même un bel intérêt à cette saison…

"Bien-sûr ! C'est une source de motivation supplémentaire qui a été aussi accentuée par le mercato où il y a eu beaucoup d'échanges entre les deux clubs (NDRL : les Caladois Blanc, Garita, Fleurier ont filé à Bourg, le trio Nirlo-Khous-Romany a fait le chemin inverse). Ce sont deux clubs qui ont du respect l'un envers l'autre, c'est positif. J'engloberais aussi Annecy, le second, ça donne trois clubs de Rhône-Alpes qui se tirent la bourre. Il faut s'en satisfaire pour la région. Il y a un an, les quatre rhône-alpins (NDRL : La Duchère a été reléguée depuis en N2) étaient presque les bonnets d'âne du National. Aujourd'hui, ce n'est plus la même situation. C'est sympa. On a des amis en face, ça rajoute de l'intérêt à ce championnat."

Depuis le début de saison, vous avez joué en défense ou au milieu. A l'instant de votre arrivée, quel avait été le discours de votre coach Hervé Della Maggiore sur la question de votre positionnement ?

"Même si avec le coach Karim Mokeddem à Bourg (2019-2021) j'avais un peu dépanné derrière sur ses dernières années, Hervé (Della Maggiore), pendant les six saisons passées ensemble à Bourg, avait eu l'habitude de m'utiliser au milieu. Son choix de départ était de me prendre pour jouer au milieu mais je peux aider l'équipe à d'autres postes. C'est la configuration de l'effectif qui induit aussi cela. On a beaucoup de joueurs qui peuvent s'adapter à plusieurs postes, d'autant plus que nous ne sommes pas très nombreux. Mais je reconnais qu'il y a eu une période de tâtonnement où on a essayé un nouveau poste en début de saison contre Sedan (axe droit de la défense), mais derrière on a trouvé la bonne formule et tout en rentré dans l'ordre. L'important, c'est d'être au service de l'équipe même si, je préfère jouer au milieu de terrain, le coach le sait. J'essaie de faire au mieux en fonction du poste occupé sachant que ce sont toujours les résultats de l'équipe qui comptent."

"Hervé (Della Maggiore) a toujours donné beaucoup de confiance au groupe"

Ce FCVB-là misent sur des joueurs avec de la personnalité au milieu notamment. Quelle est l'entente avec Sergio, par exemple, un joueur que vous découvrez ?

"On a un groupe de caractère, avec de la personnalité. C'est aussi une de nos forces. Ensuite, c'est comme tout dans le football, quand on arrive dans un club on essaie d'apporter ce que l'on sait faire. Avec Rémi (Sergio) on a été parfois associé, lui a joué plus haut, moi plus derrière lui. Il fait partie des joueurs que je "découvre" et avec qui j'essaie de prendre mes marques. Que ce soit avec lui ou un autre, je pense que l'adaptation est bonne, l'équipe fonctionne bien."

Après, la sortie en coupe de France (7ème tour à Chambéry, 2-1 face à une N3), votre coach Hervé Della Maggiore n'en a pas rajouté sur cette contre-performance pour vite basculer vers le National et ce match remporté au Mans (0-2). A l'intérieur du groupe, comment avez-vous vécu cela ?

"Chacun peut avoir une analyse personnelle de la situation. Hervé nous a dit que nous étions passés à travers ce match de coupe, sans non plus tout oublier il a rappelé le besoin de se concentrer sur le championnat. Mais on sait que Chambéry a été meilleur que nous sur ce match. On aurait pu égaliser sur la fin sans un gros arrêt de leur gardien. Je peux comprendre que ce soit une déception pour beaucoup de monde parce que la coupe de France apporte plus de médiatisation. A nous de nous servir de cette déconvenue pour rebondir dans ce championnat et ne pas se tromper sur l'objectif prioritaire du club."

La confiance que vous manifeste votre coach quel que soit le résultat, est-ce un grand changement par rapport à son fonctionnement à Bourg ?

"Il a toujours donné beaucoup de confiance à son groupe. Il sait la matérialiser dans des moments difficiles comme ceux que nous avons connus en coupe de France, la semaine dernière. Il ne remet pas tout en cause pour un match. Et on a su réagir au Mans. Il a plutôt bien géré cette période."

"On se concentre surtout sur nous, à chaque journée"

Vous avez intégré un groupe caladois qui sortait des barrages perdus à Niort pour la montée en Ligue 2. On sent que cette désillusion a vite été digérée. C'est vraiment le cas ?

"Souvent on dit qu'après une grosse déception, soit on se morfond en s'apitoyant sur son sort, soit on repart de l'avant si on veut, un jour, rêver à nouveau. Les joueurs ont été déçus de ce qui a été vécu à Niort mais sont aussi fiers de ce parcours. Ils restent sur une très belle saison. Et c'est cela qui les porte pour essayer, un jour, de ramener Villefranche en Ligue 2."

Il vous reste deux rendez-vous face à Créteil et à Châteauroux pour fermer l'année 2021. Avec quels enjeux ?

"L'idée c'est d'essayer de "breaker" avec le plus de points possibles. En début de saison, si on avait imaginé arriver à la trêve avec 29 points, cela aurait été une vraie performance. On ne se disait pas ça, pourtant. Il reste deux matches, deux profils différents : un mal classé (Créteil) à la maison pour faire le plein tout en restant méfiant, un gros déplacement chez l'ogre du championnat (Châteauroux) qui revient bien. On se concentre surtout sur nous, à chaque journée."

Vous allez retrouver Karim Mokeddem, désormais adjoint de Mathieu Chabert, sur ce dernier match à Châteauroux le 10 décembre...

"J'ai beaucoup appris avec lui, même si j'étais à un âge bien avancé dans le foot. C'est quelqu'un qui a de vraies valeurs humaines, un amoureux du football. Je préfère le savoir sur un banc plutôt que de le voir en attente. Il est très content de repartir sur un projet très ambitieux avec quelqu'un qu'il connaît très bien. J'aurais grand plaisir à le retrouver, pour ce déplacement avec Villefranche dans trois semaines. Je ferai le maximum pour le battre et lui en fera autant parce qu'on oublie jamais que même s'il y a beaucoup de respect, on reste avant tout adversaire."

Vous avez connu l'ancien coach du FCVB Alain Pochat et Karim Mokeddem à Bourg, Hervé Della Maggiore dans les deux clubs, on apprend quoi aux côtés de ses entraîneurs qui comptent en National ?

"J'aurais aimé plus jouer au-dessus ! (rire). J'en aurais vu passer des joueurs en National et des entraîneurs. On se nourrit de tout ça et on se construit aussi en tant qu'homme. Ce sont des personnalités différentes. Quand demain tout cela s'arrêtera, j'aurais un grand merci pour tout le monde."   

Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse

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