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Football FCVB/Hervé Della Maggiore : " Il y a tellement de gens qui trépignent d'impatience…"

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Football FCVB/Hervé Della Maggiore : " Il y a tellement de gens qui trépignent d'impatience…"
FRANCK CHAPOLARD - A la tête du groupe du FCVB en National, Hervé Della Maggiore entame sa première préparation de saison dans le Beaujolais, avec l'ambition de confirmer l'aventure du dernier printemps caladois terminée aux portes de la Ligue 2.

Au bout de la première semaine de reprise d'entraînement, le coach du FCVB revient sur les attentes liées à la préparation de la saison en National et savoure la perspective d'un prochain retour du public au stade.

Ce samedi matin, à proximité d'Armand-Chouffet, entre la pluie fine et les imperméables de saison, on n'a pas compté le jours qui séparaient la grande tristesse de Niort, le 23 mai dernier - ce quart-d'heure ultime où le destin du FCVB a basculé au printemps, au cours d'un match retour des barrages au dénouement si brutal - et cette semaine des retrouvailles en juillet, parce que le groupe caladois est déjà passé à un autre stade, celui où tout est à construire, de nouveau. Et c'est cette capacité à vite rebondir, l'esprit régénéré par un autre chapitre à écrire en National qu'a relaté l'entraîneur du FCVB Hervé Della Maggiore. L'envie que tout recommence, très vite. Avec quelques nouvelles têtes. L'heure d'un premier entretien. Qui servira pour la suite.

Hervé Della Maggiore, il y a un peu plus d'un mois vous aviez fini la saison sur une grande déception à Niort (2-0 au retour, 1-3 à l'aller), sans montée en Ligue 2 en barrages. Comment avez-vous digéré cette fin cruelle ?

"On a déjà essayé de laver nos têtes, les vacances sont arrivées au bon moment pour permettre aux joueurs de se retrouver en famille. Cela leur a fait du bien d'être loin du foot pendant cette période. Aujourd'hui, en les retrouvant, je vois qu'ils ne sont plus affectés par ce qui s'est passé en fin de saison dernière, bien au contraire, ils sont déjà bien affûtés. C'est intéressant, on n'a pas eu de retard à l'allumage, cela nous épargne les blessures au moment où l'on fait de gros efforts à la reprise de l'entraînement. Mentalement, plus personne ne parle de Niort, c'est du passé. Tout le monde se projette sur la saison qui vient."

L'incertitude liée à la situation de Nîmes en Ligue 2, un temps menacé de relégation ce qui aurait libéré une place pour Villefranche à cette échelon, a-t-elle compliquée un peu plus votre intersaison ?

"J'ai connu cette situation, il y a quelques saisons à Ajaccio. On attendait trois clubs qui devaient obligatoirement tomber financièrement et cela n'est jamais arrivé. Quand le président (Philippe Terrier) m'a parlé de cette possibilité de repêchage, fin mai, je lui ai dit qu'il ne fallait pas se mettre ça en tête, et surtout pas dans les esprits des joueurs qui avaient déjà pris un sacré coup en ne montant pas, alors si en plus on leur dit qu'ils vont être repêchés et que cela ne se produit pas, c'est un deuxième coup de massue à digérer. Je m'étais programmé pour repartir en National et c'est ce que je disais aux joueurs lors des entretiens. Ils devaient se focaliser sur le National, là où on va bien redémarrer. Sur ce sujet, il n'y a donc pas eu d'euphorie."

"C'est quand même une bonne chose de pouvoir choisir ses joueurs"

De nombreux joueurs du FCVB ont été sollicités, des éléments majeurs sont partis (Blanc et Fleurier à Bourg, Segbé à Dunkerque) mais beaucoup sont restés. Est-ce un gage de continuité ?

"Je voulais garder l'ossature. On a perdu trois joueurs clés contre mon souhait. Désiré (Segbé) est parti en Ligue 2, c'est une bonne chose pour lui et c'est mérité par rapport à la fin de saison qu'il a accomplie. Les départs de Max (Blanc) et Romain (Fleurier) me chagrinent un peu plus parce que c'est le même niveau. Ce sont des choix. Max avait envie de voir autre-chose, ce n'est ni moi ni le club qui sont en question, un choix personnel. Je peux le concevoir. Romain (Fleurier), c'est plus un choix extra-sportif. Il a beaucoup hésité. Il a préféré partir, l'aspect financier a pesé. Ces trois joueurs vont être remplacés. Les prolongations de joueurs cadres (Sergio, Renaut…) sont un gage de continuité par rapport à l'état d'esprit et la qualité du groupe. Je ne voulais pas les perdre. Je remercie le président d'avoir répondu présent sur ces prolongations. Les joueurs ont confiance en notre projet malgré les offres financières qui les attendaient ailleurs. Ils se sentent bien à Villefranche, un club qui a gardé ses valeurs. Des joueurs comme Jimmy Nirlo qui a signé, se retrouvent aussi dans ces principes."

Vous disiez, cette semaine à la reprise, ne pas être pressé pour recruter dans le domaine offensif. En quoi les trois renforts (les milieux Jimmy Nirlo et Guillaume Khous, le défenseur Quentin Martin) que vous avez déjà enrôlés vont-ils renforcer le groupe ?

"Guillaume (Khous) a eu certaine polyvalence. Il vient pour remplacer numériquement Max (Blanc), il peut jouer plus haut en neuf et demi. Je l'ai vu aussi en piston à Bourg. C'est un joueur très intelligent avec une grosse qualité technique. Il sent bien le jeu. Quentin (Martin), est à la relance. Je l'ai eu à Bourg quand il était un des espoirs du club en Ligue 2 où il avait fait deux belles saisons. Après, il a connu une période plus compliquée, avec des blessures. Il était au Canet l'an dernier (N2). Les gens d'ici vont l'aimer, il ne lâche rien. La seule incertitude le concernant, ce sera de retrouver son niveau, tout en évitant les blessures. Il va falloir faire très attention à lui. Jimmy (Nirlo) a pris du plaisir à travailler avec moi à Bourg, pendant six ans. Il va apporter un peu plus de caractère à l'équipe. Il a besoin de retrouver un contexte où l'esprit club va compter. Il a toujours raisonné en disant "on" et jamais par "je. Il s'intègre parfaitement au FCVB."

En arrivant l'an dernier en cours de saison, en février, vous n'aviez pas modifié la base tactique de l'équipe. Est-ce que dans ce domaine vous allez entamer un nouveau cycle ?

"Pas forcément. Les principes de jeu restent les mêmes entre ceux qui sont arrivés et ceux qui sont restés. L'organisation peut être changée. En plus de ce que nous avons (3-5-2), on va travailler un autre système (4-4-2), jouer à quatre derrière. Je veux avoir cette variation parce qu'il y aura des moments dans la saison où cela nous sera utile pour surprendre l'adversaire. Je garde, par contre, l'option de jouer à deux attaquants, ça ne changera pas. J'aime cette configuration-là, devant"

C'est dans ce secteur que des recrues sont attendues…

"Ce n'est pas facile de trouver des attaquants, surtout au début du mercato. Il ne faut pas être pressés. Si tu fais le mauvais choix dans ce domaine, tu le subis toute la saison. Par expérience, dans le recrutement, je ne me précipite jamais. On va être attentifs, en ayant déjà noué quelques contacts. Mais aucun joueur n'arrivera au club par défaut."

Dans la phase actuelle de préparation, qu'allez-vous favoriser ?

"Déjà, je veux que les joueurs se familiarisent avec Sébastien Rabault, le nouveau préparateur physique. C'est axé sur le ballon, avec du jeu, dès les premières séances. C'est un ancien joueur qui intègre la prépa' avec le ballon. Je le laisse faire. On travaille tactiquement mais pour la plupart des joueurs, ce sont des rappels. Ce que nous devons formaliser sur la deuxième organisation à mettre en place (4-4-2) ce sera de savoir qui fait quoi à la perte et à la possession du ballon. Le 3-5-2 tout le monde l'a intégré. Ce sera le temps des essais, notamment lors des matches amicaux."

Le coup d'envoi du National (6 août) semble bien loin pour l'instant. Pourtant, on sent que ce sera un championnat très disputé en regard des effectifs des clubs, notamment Bourg. On se projette comment sur cette compétition ?

"Beaucoup de clubs ont déjà annoncé la couleur, c'est vrai, comme Châteauroux qui sera, je pense, le favori du championnat. Ils sont armés. Bourg a fait venir de bons joueurs mais on sait que dans une situation de renouvellement si ça ne prend pas, cela peut être difficile pour la suite. Ce n'est pas ce que je leur souhaite bien évidemment. Laval peut être aussi compétitif. Orléans, Le Mans vont essayer de reconstruire avec des moyens. Et comme il n'y a pas beaucoup de descentes, les clubs seront les mêmes."

"Cette fois-ci, la barre est haute !"

Depuis votre expérience à Ajaccio, vous n'aviez pas goûté à une longue préparation. On vit ça comment ?

"La prépa', ça faisait trois ans que je n'en avais pas vécue. C'est quand même une bonne chose de pouvoir choisir ses joueurs, au moins tu assumes si ça se passe mal, ce sont tes choix. Cela permet de travailler d'emblée comme tu l'entends, et ça fait plaisir de retrouver ce contexte. ."

Ce groupe du FCVB vous l'aviez découvert en cours de saison, l'hiver dernier. Aujourd'hui vous en avez quel regard ?

"Ce qui est primordial, c'est de connaître l'homme avant le joueur. Si je fais venir Nirlo, c'est que je sais qu'il y a du tempérament. Savoir si ça va coller ici, voilà les bonnes questions à se poser. Tu peux aussi te mettre une balle dans le pied. Mais j'ai appris sur les joueurs, je continue à me dire que c'est un groupe sain. Les trois joueurs qui arrivent vont intégrer le moule en amenant du caractère parce qu'aussi il nous en manquait. On verra sur les choix des trois ou quatre joueurs qui vont nous rejoindre."

Cela reste compliqué de fixer un objectif quand on voit de quelle façon le National évolue. Le FCVB visera quoi cette saison ?

"J'ai pour habitude de me dire que je vais faire mieux que l'année dernière mais cette fois-ci, la barre est haute ! Atteindre la barre des 40 points, voilà le premier objectif à se fixer. On est Villefranche, pas Bourg ni Châteauroux qui ont la volonté de monter en Ligue 2. Si au bout de dix matches on est dans le bon wagon, on aura déjà plus de repères pour voir la suite plus favorablement. J'aurais un groupe restreint, plus vieillissant. Il ne faudra pas qu'il nous arrive de gros pépins."

Le point positif, c'est le retour du public…

"Je n'ai pas connu ça ici à Chouffet ! J'ai hâte. Pour tout le monde, ce sera beaucoup plus agréable. Il y a tellement de gens qui trépignent d'impatience, le public, les partenaires qui sont une grande part du budget du club. C'est aussi une très bonne chose pour eux."

Ralph NEPLAZ

Correspondant local de presse




Ralph NEPLAZ
Journaliste

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