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Football / FCVB : pour Hervé Della Maggiore, "c'est loin d'être fini !"

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Football / FCVB : pour Hervé Della Maggiore, "c'est loin d'être fini !"
FRANCK CHAPOLARD - Le coach du FCVB a très vite basculé vers la suite de la formidable saison des siens. Rendez-vous mercredi face à Niort.

Sitôt la démonstration collective du FCVB achevée, hier soir face au SC Lyon (5-1) et avant d'apprendre que Niort serait le futur adversaire des Caladois sur la route de la Ligue 2, l'entraîneur Hervé Della Maggiore a martelé la quête d'un groupe de joueurs aux grandes ressources mentales.

Quel chemin parcouru ! Depuis son intronisation le 11 février lorsque le FCVB était huitième du National, assis sur une série de six matches sans défaites, l'entraîneur Hervé Della Maggiore a maintenu l'élan d'un club qui n'a jamais claironné ses désirs de Ligue 2 avec une phase retour d'enfer (en 14 journées son équipe n'aura chuté qu'une seule fois pour huit succès et cinq nuls).

Il a aussi et surtout influé sur la confiance d'un groupe mâture où les attaquants ont marché sur l'eau – le triplé de Segbe hier face au SC Lyon en est le joli symbole – dans le sillage d'un collectif constellé de talents partout (Renaut, Sergio, Blanc, Taufflieb…) et d'un staff uni.

Et c'est tout cela que Della Maggiore a rappelé hier soir en conférence de presse, souriant aux jours qui arrivent, sans savoir encore que Niort serait la prochaine marche vers cette Ligue 2 qu'il a quittée avec le Gazélec d'Ajaccio au soir du 2 juin 2019 face au….Mans.

Cette fois-ci, les Manceaux ne lui barreront pas le chemin. Il en a été soulagé, avec beaucoup d'humour aussi et de recul sur ces instants où tout se joue. Le sens d'une autre histoire, qui se poursuit en Calade...

Hervé Della Maggiore, auriez-vous imaginé que la saison pouvait se finir sur score aussi fleuve dans ce derby face au SC Lyon (5-1) ?

"C'est un final en apothéose même si la saison n'est pas encore terminée. Mais mettre cinq buts, on ne l'avait pas fait jusqu'ici. C'était un match maîtrisé contre une équipe malade, il ne faut se le cacher. Malgré tout, on a su rester sérieux et maître de notre sujet même en ayant un ou deux temps faibles. Cela ne nous a pas sortis du match, on a eu la mainmise. Le score est large mais pas illogique sur l'ensemble du match."

A quel moment avez-vous senti que ce match prenait une bonne tournure ?

"Dès l'entame. Je savais que psychologiquement, il fallait la réussir pour montrer que nous avions tout à gagner dans ce match-là."

"Ce staff mériterait aussi de connaître la Ligue 2"

On est dans quel état d'esprit quand on joue un match historique pour le club et que dans trois jours tout se rejoue ?

"On savait qu'on avait devant nous la possibilité de vivre deux matches de coupe, sur l'aller et le retour. Il faudra bien les préparer parce que nous aurons que très peu de temps devant nous. On n'a évidemment pas pu anticiper cela. Je fais d'ailleurs un clin d'œil à mon staff. J'ai très peu parlé d'eux, beaucoup plus du groupe. Je voudrais rendre hommage à ce staff parce que je suis arrivé tout seul en milieu de saison, je ne connaissais que Yoann (Vivier), l'adjoint. J

'ai découvert Benoit Aureille (entraîneur des gardiens) et Romain Charlois (préparateur physique). Ils m'ont tous très bien accueilli et ont très vite adhéré à ce que je voulais faire. Je n'ai pas toujours vécu cela notamment lors de ma dernière expérience…Je voulais vraiment souligner leur importance dans le petit vestiaire du staff. Ce sont des bosseurs, des mecs qui mériteraient de connaître le monde du dessus."

A titre personnel vous avez déjà joué les barrages dans la position de l'équipe 18ème de Ligue 2 (avec Bourg et le Gazélec Ajaccio). Est-ce que cette fois-ci vous êtes dans une position plus agréable ?

"On le saura à la fin ! (rires). J'espère simplement que je ne serai pas le chat noir des barrages parce que les derniers je les ai joués et perdus. Là, c'est une autre position avec une dynamique plus positive, ça change la donne. On a tout à gagner et en face, l'équipe adverse aura tout à perdre. Psychologiquement, c'est déjà un atout. Ce sera du 50-50."

"Un joueur dès qu'il trouve des automatismes avec les autres, ça se passe tout de suite mieux"

Vous évoquiez la fatigue générale dans le groupe avant le derby, la blessure du capitaine Kevin Renaut (Ndlr il souffre d'une contracture) est-elle le point noir de cette rencontre ?

"C'est le gros bémol de cette soirée et à mon avis ce sera trop court pour les deux matches de barrages. On connaît l'importance de Kevin dans le jeu et dans le vestiaire. J'espère que cela n'aura pas d'impact sur les autres. Il y a eu des matches où il a été absent et nous avons quand même réussi à sortir de bonnes prestations. Mais c'est sûr que c'est LE point noir de cette soirée."

Voir un joueur comme Segbé mettre trois buts dans le derby, c'est aussi le symbole de la confiance retrouvée de vos attaquants sur cette phase retour…

"C'est une vraie satisfaction. Quand je suis arrivé, il ne marquait pas et on lui reprochait beaucoup cela. Mais il était dans les efforts et faisait un travail extraordinaire pour les autres. Un joueur dès qu'il trouve des automatismes avec les autres, ça se passe tout de suite mieux. Aujourd'hui, Segbé est inarrêtable, tout simplement."

"Il y a une certaine sérénité qui s'est installée dans cette équipe"

On est dans quelle sorte de joie après un soir pareil ?

"Les joueurs sont exactement dans la même ligne que lors des autres matches. Ils sont lucides et ont fait une bonne partie du travail mais c'est loin d'être fini. Cela reste une grosse satisfaction d'arriver à ces barrages, c'était l'objectif. Le premier c'était d'abord d'atteindre les 40 points. Aujourd'hui, ils se sont enlevés une semaine de vacances mais ce n'est que du bonus, quelque chose d'imprévu par rapport au début de saison."

On perçoit une forme d'insouciance qui émane de vos joueurs. Votre milieu Rémi Sergio dit par exemple que tout ça ne reste que du foot, Maxime Blanc évoque tout le temps le plaisir pris sur le terrain. C'est aussi votre ressenti ?

"C'est ce que je ressens aussi dans le vestiaire. C'est peut-être bateau de dire ça mais ils abordent les matches un par un. C'est la réalité. Ils avancent, gardent la dynamique. Il y a une certaine sérénité qui s'est installée. Inconsciemment, dans les têtes ils se disent que rien ne peut leur arriver. Ce n'est pas un manque d'humilité, ça prouve qu'ils sont consciencieux, qu'ils mettent tout en œuvre pour savoir par quels moyens ils peuvent arriver au bout. "

Lundi dernier à Saint-Brieuc, à la 87e minute, il n'y avait plus de barrages…

"Oui, mais les ressources étaient déjà présentes sur d'autres matches. Cette fois-ci, on a su rendre le match plus facile pour nous. On a montré, une certaine maîtrise, comme on l'avait fait à Orléans (succès 3-1). On voit plusieurs facettes de cette équipe. Quand il faut aller au charbon, le mental on l'a. Quand on ne doit pas s'enflammer, on sait le faire aussi. Ce sont de gros atouts."

"Une remise en question permanente"

Dans cette perspective-là, est-ce mieux de recevoir en premier mercredi ?

"On peut le voir comme ça. On abordera les deux matches de la même manière. On va surtout jouer pour gagner comme on le fait ces derniers temps. Il ne faut modifier ça."

Dans la course aux barrages, avez-vous suivi le match du Mans (victoire 3-2 face à Annecy) ou étiez-vous en mode avion ?

"Mon staff jetait un œil pendant le match..."

Vous avez rompu une sorte malédiction avec cette équipe du Mans alors ?

"Oui j'ai cassé la spirale négative ! Je suis descendu contre eux en barrages avec le Gazélec dans un scénario rocambolesque. Et quand je suis arrivé à Villefranche, c'est le seul match que j'ai perdu. Se retrouver à la lutte avec eux à la fin, forcément il y a un peu d'appréhension, tu y penses un peu. Je me disais que je n'allais quand même pas signer au Mans pour que ça se passe bien ! (rires)."

En janvier vous étiez sans banc. Aujourd'hui vous visez une potentielle montée en Ligue 2. On repense à ces choses-là quand ça arrive ?

"Le football va très vite. A Bourg j'ai vécu des choses formidables. Des clubs très huppés de Ligue 2 m'appelaient, j'ai jamais voulu partir de Bourg. J'ai réussi à retrouver un club de L2 après l'aventure à Bourg. Puis ça s'est mal passé. Du jour au lendemain vous tombez dans les oubliettes. Aujourd'hui le téléphone sonne à nouveau, tout le temps.

Maintenant, j'arrive à mesurer tout cela. Il faut rester lucide aussi bien pour un entraîneur que pour un joueur, sur ce qui se passe. C'est une remise en question permanente. On est jugés sur des résultats. Ce qui est dommageable c'est qu'il n'y a pas en compte le travail fourni."

Est-ce que vous vous projetez dans l'après ?

"Non. Je mesure surtout la chance que j'ai d'être arrivé dans ce club en février, à ce moment-là. Tout est mis en œuvre pour que je puisse vraiment bien travailler, certes avec peu de moyens, c'est une évidence mais avec des gens à l'écoute que ce soit au niveau des dirigeants et de mon groupe. Ils ont envie d'avancer et à partir de là cela me va."

"Après les barrages ? Que ça se passe bien ou mal, il faudra travailler dans la continuité"

Vous avez parlé de votre arrivée au bon moment où l'équipe n'avait pas tant d'ajustement par rapport à la première partie de saison. Aviez-vous la même impression ?

"Si je suis venu c'est que j'avais analysé l'équipe et je trouvais que beaucoup de joueurs correspondaient à ce que je voulais faire. Il y avait des choses à revoir : une attaque qui ne marchait pas, une équipe solide mais qui doutait parfois quand il fallait accrocher un résultat. Je suis arrivé après le match de QRM (succès 1-0) où avec Yoann (Vivier), la bascule avait commencé à se faire. Après, on a mis des choses en place, ça a démarré."

Voyez-vous des différences avec l'équipe de Bourg que vous aviez fait monter en Ligue 2 en 2015 ?

"Il y a beaucoup de similitudes sur l'ensemble du club. Ce qui me dérange c'est qu'en 2015 il n'y avait pas besoin de barrages pour monter quand on était troisièmes. Bourg voulait vraiment avancer en gardant les pieds sur terre. A Villefranche je retrouve ça. Il y a des gens heureux. A Bourg, je sentais la même énergie, dans et autour de l'équipe. En ce moment, c'est ce qui je vis au quotidien."

Si les barrages devaient mal tourner, avez-vous déjà pensé à la façon de relancer une équipe qui aurait pu toucher quelque chose de très grand ?

"Toutes les saisons, le verdict tombe. Là, ce ne sera pas dramatique si ça se passe mal. On est obligés d'y penser, forcément parce qu'on est tellement pas programmés pour jouer ça qu'à l'arrivée ce ne sera que du bonus.

Que ça se passe bien ou mal, il faudra travailler dans la continuité, garder cette ligne directrice, les mêmes valeurs, se servir de ça pour rebondir. Le club ne va pas tomber du jour au lendemain parce que l'on ne sera pas montés en Ligue 2."

Propos recueillis par Ralph NEPLAZ, correspondant local de presse




Ralph NEPLAZ
Journaliste

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