AccueilSPORTSFootballPhilippe Terrier : "L'objectif a été largement rempli"

Philippe Terrier : "L'objectif a été largement rempli"

Le temps de la sérénité.

SPORTSFootball Publié le ,

Pour le président caladois Philippe Terrier. Le FCVB, 6e de CFA, dans une poule sud aux allures de manège infernal, s'en est finalement très bien tiré. Le prix d'un pari mêlant la jeunesse d'un staff, le duo Ndzana-D'Urbano, à un groupe tout aussi juvénile mais renforcé justement en cours de saison par le gardien Philippon et le défenseur Atlan. De quoi préparer la saison suivante sans soubresauts tout en assumant les rares départs, le défenseur Ertek notamment. Sur tous ces sujets et sur l'ensemble de la vie du club phare de Beaujolais, Philippe Terrier s'est exprimé la semaine dernière au siège du FCVB. Avant les vacances. Et un nouveau chapitre. En CFA. Entretien.

Le FCVB vient d'être élu 3e?meilleur club de jeunes du Rhône. C'est une surprise??

"L'année dernière nous n'étions pas dans le classement des trois premiers alors, cette saison, y être est une bonne chose. Mais il ne faut pas oublier nos lacunes chez les 15 ans. On est sur des générations exceptionnelles en 13 ans et en 17 ans qui se maintiennent en national. Il va falloir reconstruire chez les 15 ans, nos trois équipes descendent."

Quel regard portez-vous sur la saison actuelle au niveau de l'ensemble du club ?

"Si l'on regarde notre école de foot, il y a un fantastique travail de fait chez les éducateurs. On est aussi performants en préformation. Nos 19 ans et notre équipe Espoir ont eux aussi réalisé une belle saison. L'équipe B, autour de Christophe Bouteiller, grandit bien également. Quant au groupe CFA, si on nous avait dit en début de saison avec cet effectif que l'on vivrait un tel parcours, avec notamment cette série de quinze matches sans défaite, on ne l'aurait pas cru."

Comment expliquez-vous cette série d'invincibilité ?

"On avait une équipe en début de saison qui avait conscience que ce serait très difficile de s'en sortir. Elle a travaillé, n'a rien lâché. Au bout d'un moment la qualité de jeu a commencé à s'installer autour d'un système (3-5-2) qui a bien fonctionné. Peu à peu les joueurs ont pris confiance, ne voulaient perdre aucun match. C'était tout un esprit."

Pourtant, à l'automne, le FCVB, dernier en CFA, était mal parti. Vous n'êtes pas intervenu. C'était une volonté de laisser du temps au staff ?

"J'ai un rapport très sain avec Landry (Ndzana) et Stéphane (D'Urbano), les deux entraîneurs. Et lorsque nous faisions le point, j'avais confiance en eux. Je savais qu'il fallait être patient, ne pas venir casser la baraque. Les joueurs m'assuraient qu'ils allaient redresser la situation. Je n'avais pas à intervenir. Le staff m'a demandé de faire un effort pour deux renforts (ndrl : le portier Philippon et le défenseur Atlan). Ce qui a été fait."

Le staff a-t-il rempli les objectifs fixés ?

"Il fallait se maintenir. C'est la première fois que nous étions sauvés à quatre journées de la fin. L'objectif a été largement rempli. Ça permet de travailler sur la suite avec plus de sérénité."

En quoi cet effectif est-il perfectible ?

"La deuxième saison est toujours la plus difficile. Il ne faut pas tomber dans le piège de la monotonie. On a gagné peu de matches à Chouffet. En attaque, on doit progresser. L'absence de Bah a compté. Bando a souvent été blessé. L'arrivée de Boudrandi, un véritable buteur, doit nous permettre de passer un cap devant."

"Avec Chasselay, on a enterré la hache de guerre"

Parmi tous les départs, celui d'Ertek, un pilier du vestiaire, peut surprendre. Pourquoi n'est-il pas resté au FCVB ?

"Dans les départs, il y a Cochet, Mauvernay et Ertek. Ces trois joueurs faisaient l'unanimité dans le vestiaire. L'annonce du départ de Mauvernay et Ertek a un peu choqué le groupe. Ils étaient très appréciés. Or, l'idée est de construire un groupe plus fort. On a pris des décisions un peu à contrecœur des entraîneurs. Ils vivaient tellement bien au sein de ce groupe que c'était peut-être difficile pour eux de prendre des décisions. C'est le foot. Peut-être qu'il aurait fallu une saison de plus à ces joueurs pour atteindre leur vrai niveau. Ce sont des choix. Repartir avec le même groupe, cela n'aurait pas été un cadeau pour le staff."

Reste-t-il encore des satisfactions quand on est président d'un club de CFA ?

"Quand on gagne oui. Quand on croise le regard des joueurs aussi. Mais ils ont encore raté la coupe de France. Nos partenaires sont vraiment fidèles. Le plaisir de les rencontrer est toujours présent. Notre souci, aujourd'hui, provient de la baisse de notre subvention municipale (ndrl : elle passe de 180?000 à 150?000 sur un budget de 800?000, moyenne basse des clubs de CFA). Il faut vraiment trouver une solution. On a un rôle social important. Nous aurons 550 licenciés la saison prochaine. On a des problèmes de terrain mais on fait avec, depuis des années. Et si en plus on nous coupe les vivres, ça devient intenable."

Bourg, qui accède à la L2, était votre adversaire en CFA en 2012, est-ce un exemple à suivre ?

"Bourg ne peut être qu'un modèle. Ils ont obtenu leur montée grâce à la constance de leur équipe. Il y a beaucoup de joueurs chez nous qui sont partis chez nos voisins en pensant que l'herbe était plus verte et avec l'envie de jouer une montée. J'espère que le message, au FCVB, va passer : parfois une montée se construit dans la durée."

Ça signifie que le FCVB n'est pas condamné à jouer le maintien en CFA ?

"Si nous avons gardé un groupe peu modifié, ce n'est pas pour jouer le maintien. On ne parlera pas de montée. On visera une place dans les cinq premiers avec une récompense au bout."

Comment avez-vous vécu la rivalité avec vos voisins de CFA cette saison ?

"On l'a mal vécue en début de saison. Mais entre présidents on a enterré la hache de guerre, notamment avec Chasselay. Le derby, c'est toujours un beau moment de la saison. Chacun y trouve son intérêt. Et puis quand on se pique des joueurs, on n'a pas toujours le rendement escompté. Cette fin de saison est vécue intelligemment, tant mieux. Avec La Duchère aussi, tout rentre dans le rang."

Quel joueur symbolise encore le FCVB aujourd'hui ?

"Thomas Antoinat. Il a joué la carte du long terme avec le FCVB et finira avec un nombre de matches en CFA que peu de joueurs ont. Il fait partie de ces joueurs réguliers, qui bossent. Jasse et Dumas sont dans ce registre aussi. On espère que Bettiol, en attaque, suivra ces trois compères."

Ralph Neplaz

Correspondant local de presse

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