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Football/CFA : Franck Laurent, l'itinéraire d'un gardien peu ordinaire

Cette fois-ci c'est vraiment terminé.

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Franck Laurent, le gardien duchérois mais qui dans les cœurs était surtout caladois, a définitivement raccroché les gants, après avoir laissé le club lyonnais en CFA. Un dernier gros match à Rodez (1-2) le 23?mai dernier et le sentiment du devoir accompli. Il a décidé de laisser du temps à sa vie professionnelle et familiale, alors que pour beaucoup il avait encore devant lui de belles années, à 32 ans. Alors, avant de quitter définitivement les terrains du CFA, on a remonté le fil d'une carrière terminée par trois années à La Duchère et toutes les autres au FCVB. C'est sous ce maillot caladois, du CFA2 au CFA, que le parcours de Franck Laurent aura connu de beaux reliefs. Le premier de ces instants en lumière est cette coupe du Rhône 2004 remportée avec l'entraîneur Jean-Michel Picollet qui le guidera ensuite sur les pas du CFA avec en point d'orgue ce 16e de coupe de France (février 2010, 2-2, 3-1 tab) perdu face à l'ASSE. Mais Laurent, qui brillera ce soir-là devant la France du foot, a surtout marqué les équipes adverses en CFA, surtout celles du Sud qui se sont longtemps demandées ce qu'un gardien de ce niveau faisait encore à cet échelon. En avril 2013, Picollet, alors coach de MDA, à propos de Laurent, avait résumé les choses assez justement dans une manière d'hommage qui reste encore, deux ans après : "Quand on partait dans le Sud, les entraîneurs et les supporters adverses lui avaient donné le surnom de Jésus ! Il aurait mérité de passer professionnel. (…) Au FCVB, c'était difficile de sortir Jésus. Tout simplement. Il parlait peu mais ses mots mettaient tout le groupe au garde-à-vous".

"Un meneur d'hommes"

Il aura grandi dans les buts du FCVB, en même temps que son pote de promotion Antoinat ("on a passé tellement de temps ensemble que s'affronter a toujours été particulier"), succédé à Michel Battin, vécu la concurrence avec son pote Robert, sans un mot plus haut que l'autre ailleurs que sur le terrain. Régulier, sa dernière saison au FCVB (2011-2012) sera illustrée par 32 titularisations, une rareté, il a souvent tiré de ses coéquipiers le meilleur d'eux-mêmes. La marque des tempéraments pas forcément volubiles mais efficaces et influents. Sur ce thème, cette saison, le coach du FCVB, Landry Ndzana, ancien partenaire de Laurent, avait eu ce commentaire : "C'était un meneur d'hommes. Il était mon capitaine quand j'étais joueur au FCVB et je me souviens de quelqu'un qui était toujours dans l'écoute et l'échange. Dans un vestiaire c'était quelqu'un d'important". Quelqu'un d'important qui savait que cette saison serait sa dernière et qu'il ne fallait plus compter sur lui, même plus bas dans l'échelle du foot. Il aura beaucoup donné. Sans regrets au final. Mais il restera cette impression que sa trajectoire méritait un autre itinéraire, plus haut qu'en CFA. Tous ceux qui l'ont côtoyé disaient peu ou prou la même chose. Ndzana encore?: "Il aurait pu connaître une autre carrière au niveau supérieur mais parfois la vie de famille ou professionnelle prend le pas sur le foot. Ce sont les circonstances qui ont fait sa trajectoire, en CFA". Et c'est peut-être mieux ainsi.

Ralph Neplaz

Correspondant local de presse

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