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Flavescence dorée : ou comment faire plus avec moins

Face à l'explosion des cas en Beaujolais nécessitant des arrachages totaux de parcelles, la profession doit s'adapter alors que les moyens financiers s'amenuisent.
Le foyer de Bully sur 3 ha de gamay.
© Fredon Aura - Le foyer de Bully sur 3 ha de gamay.

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moyens financiers s'amenuisent.

Lundi 12 septembre, les prospections dans le cadre de la lutte contre la flavescence dorée démarrent dans le Beaujolais. Ces prospections seront encadrées par des équipes de la Fredon Aura qui se rendront ce jour-là à Chazay-d'Azergues, Blacé, Villié-Morgon, Belleville-en-Beaujolais, Saint-Lager, Odenas, Régnié-Durette et Lantignié.

D'autres communes du Beaujolais suivront, illustration que la flavescence dorée a pris de l'ampleur depuis quatre ans (400 ha prospectés en 2018, plus de 8 500 ha en 2021). "On peut dire que tout le Beaujolais est concerné. Aucun vigneron n'est à l'abri et ne doit être laxiste s'il veut protéger son outil de travail", résume Denis Bec, responsable technique à la Fredon Auvergne – Rhône-Alpes.

Cet été sec et caniculaire, favorable à la cicadelle verte de la FD - ce qui contrastait à l'été 2021 - a donc entraîné une forte expression des symptômes et l'apparition de foyers inquiétants, comme à Bully par exemple, où 3 ha de gamay, exploités par un vigneron coopérateur, sont fortement contaminés. "Nous sommes encore en attente des résultats d'analyse mais nous pouvons assurer qu'une parcelle est touchée à 66 %, d'autres à plus de 20 %. On a d'autres cas de ce genre à Charnay, Pommiers ou encore Quincié-en-Beaujolais, en plus des foyers déjà existants", complète Denis Bec.

Des économies d'échelles

Au total, plus de 8 500 ha vont donc être prospectés jusqu'à la mi-octobre, en majorité des prospections encadrées donc, alors des prospections en bord de parcelles se terminent ce vendredi 9 septembre (Villié-Morgon, Charentay, Quincié-en-Beaujolais, Lantignié, Ternand, Val d'Oingt, etc.) et que confirmations sur plusieurs communes suivront, à partir de la mi-octobre.

"Il faudrait couvrir près de 13 000 ha mais nous n'avons ni le temps, ni le personnel pour cela, glisse Denis Bec, qui déplore déjà des difficultés à recruter du personnel. Les budgets de l'État ne sont plus extensibles comme avant, sachant que d'autres vignobles dans la région luttent aussi contre la FD depuis plusieurs années maintenant comme en Savoie et dans la Drôme. Petit à petit, il faudra qu'avec la profession, nous trouvions le moyen d'alléger et adapter le dispositif actuel pour organiser la lutte."

Pour coller aux économies d'échelle soumises par l'État - les responsables du vignoble ont cependant réclamé un maintien de l'appui de l'État à l'occasion de la visite du préfet Pascal Mailhos mardi 30 août - les ceps contaminés ne seront pas tous analysés, notamment là où les parcelles présentent des taux de contaminations importants. "C'est l'économie de 3 000 à 4 000 échantillons sur les 11 000 que nous avons réalisées l'an dernier", affirme Denis Bec.

Aussi, près de 3 000 ha en Beaujolais seront prospectés en autonomie par des équipes de six vignerons et vigneronnes, chacune encadré par un chef formé par la Fredon. "Ces équipes signaleront les ceps présentant des symptômes avec de la rubalise et nous vérifierons ensuite ces zones prospectées à la mi-octobre. On procèdera ainsi à Fleurie, Juliénas, Le Perréon Charnay et Alix", illustre Denis Bec, qui réclame de la continuité pour ne pas désorganiser complètement une lutte déjà difficile à mener…

La flavescence dorée, quésaco ?

C'est une maladie grave car très épidémique dont l'agent pathogène est un phytoplasme (bactérie sans paroi) et l'agent vecteur une cicadelle (Scaphoideus titanus). Elle a été détectée pour la première fois en France dans les années 50. L'insecte piqueur-suceur (une génération par an) nait saine et doit piquer un cep malade pour devenir contaminante après une période d’incubation d’un mois. Les éclosions s’échelonnent durant quelques semaines en mai, tandis que cinq stades larvaires se succèdent jusqu’à la fin du mois de juin. Les symptômes de la maladie sont visibles à partir de la mi-août. Ils s'expriment à travers une coloration en rouge ou jaune des feuilles par plages ou en totalité, un enroulement des feuilles, un non-aoûtement des rameaux et un dessèchement partiel ou total des grappes.

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