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Fermeture de Candia : "Le site est vraiment trop petit"

Le Patriote : Dans quel contexte la décision de fermer le site Candia d'Arnas a-t-elle été prise ? Giampaolo Schiratti : "Candia est une société présente sur le segment du lait de consommation, frais et longue conservation.

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Le Patriote : Dans quel contexte la décision de fermer le site Candia d'Arnas a-t-elle été prise ?

Giampaolo Schiratti : "Candia est une société présente sur le segment du lait de consommation, frais et longue conservation. La croissance s'est faite par différents leviers, dont de nombreuses acquisitions, à l'image du site de Villefranche. Dans un marché du lait de consommation très compétitif, en décroissance de 2 % en moyenne par an, nous faisons face à une concurrence française et étrangère, notamment allemande. Candia a perdu 26?millions d'euros en 2012. Et nous allons sans doute perdre 30 millions d'euros en 2013".

D'où la nécessité de regrouper l'activité pour trouver des gains de productivité…

"Nos concurrents ont déjà concentré la production pour atteindre des tailles très importantes. En Allemagne, une seule unité est parfois capable de produire plus d'un milliard de litres de lait par an. Candia n'avait pas effectué ce travail de réorganisation, avec huit sites pour 1,4 milliard de litres de lait par an. C'est pourquoi l'entreprise a été obligée de lancer un plan de réorganisation globale et de concentrer la production sur cinq sites. Avec 13 millions de litres de lait par an, celui de Villefranche était trop petit."

Cette décision répond donc à une logique purement économique ?

"Le site d'Arnas dispose de compétences importantes, d'une belle marque avec Marguerite, valorise bien ses produits, mais est vraiment trop petit. C'est pourquoi la production cessera au cours de la deuxième quinzaine du mois de janvier, avant d'être transférée à Saint-Etienne, dans une usine qui atteindra les 100 millions de litres annuels."

Avez-vous été surpris par l'absence de mouvement de contestation "dur" à la laiterie d'Arnas ?

"Quand je suis venu pour la première fois sur ce site en mars 2013, juste après ma prise de fonction, j'ai constaté que les salariés pensaient déjà à leur situation personnelle. La majorité du personnel avait accepté le fait que son intérêt était de travailler sur les capacités d'évolution, de reclassement. Les salariés avaient intégré la réalité d'un site trop petit par rapport aux exigences du segment lait de consommation."

Les salariés n'avaient-ils pas compris deux ans plus tôt que Candia avait racheté l'ex-coopérative laitière du Beaujolais uniquement pour récupérer la marque "Marguerite", avant une fermeture programmée ?

"Je n'occupais pas la fonction de directeur général au moment où le rachat a été effectué. Mais honnêtement, je ne pense pas. Au départ, cela entrait dans une logique de groupe, avec d'autres rachats en France. La réalité économique de 2012, la situation de la filière laitière ont ensuite obligé à changer de cap."

Quel est désormais l'avenir de ce site ? Avez-vous des pistes concernant un acquéreur potentiel ?

"Nous avons signé un compromis de vente au mois d'août. Un protocole est en cours avec La Ferme de Collonge, qui s'est par ailleurs engagée à reprendre cinq de nos collaborateurs. Le projet devrait aboutir fin janvier ou début février. Il est important de pouvoir travailler avec une entreprise de la région, qui dispose d'une vision locale. Le fait de ne pas laisser de friche industrielle est par ailleurs l'une de nos priorités lors de la fermeture d'un site."

Où en est concrètement le reclassement des salariés ?

"Au-delà des cinq postes à La Ferme de Collonge, neuf personnes ont déjà trouvé une solution en interne ou en externe, à travers des reclassements, départ à la retraite… Cinq autres sont en convention de détachement, ce qui porte à dix-neuf sur vingt-deux le nombre de cas susceptibles d'être réglés. Mais attention, tous n'ont pas encore signé de contrat. Il est encore un peu tôt pour tirer un bilan précis. Mais par rapport à d'autres usines, je pense qu'on évitera la casse sociale à Arnas."

Savez-vous où le lait produit en Beaujolais sera acheminé à partir de janvier prochain ?

"Ce n'est pas Candia mais la coopérative Sodiaal international qui va décider. Ce que l'on peut indiquer, c'est qu'au regard des cours du lait, mieux vaut faire le moins de kilomètres possibles pour demeurer compétitifs."

Propos recueillis?par Julien Verchère

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