AccueilACTUALITESTerritoiresFait-il bon vivre en Beaujolais ?

Fait-il bon vivre en Beaujolais ?

L'INSEE Rhône-Alpes réalise une étude sur le Beaujolais* mettant en exergue plusieurs domaines : démographie, emploi, équipements, tourisme, etc.

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Elle est en cours de finalisation. Les premiers éléments laissent apparaître qu'il s'agit d'un territoire qui bouge?: il gagne des habitants dont beaucoup vont travailler à l'extérieur. Les emplois de service se développent alors que la désindustrialisation a grignoté l'activité économique. Le secteur viticole demeure important malgré une baisse du nombre d'exploitations.

"C'est un territoire qui gagne 1,2?% d'habitants par an surtout à Villefranche et le secteur péri-urbain autour de Villefranche, dans le sud vers les Pierres dorées, la vallée d'Azergues, soit les zones plus proches de Lyon, rapporte Axel Gilbert, chargé d'études et chef de projet à l'INSEE. Il s'agit d'une bonne croissance démographique. On note qu'il y a plus d'arrivées que de départs. Ce qui est dû à l'extension de l'aire urbaine de Lyon, où donc une partie des gens vont travailler."

A Villefranche, le nombre d'habitants a augmenté de 20?% entre 1999 et 2012 pour dépasser 36?000 aujourd'hui. La population s'est densifiée également en Val de Saône.

La plupart des nouveaux arrivants se situent dans une tranche d'âge qui oscille entre 25 et 40 ans. "Ils sont plus qualifiés et plus diplômés que les résidants qui sont là depuis longtemps, rapporte Axel Gilbert. Ce sont généralement de jeunes couples qui ont les moyens d'acheter une maison." Avec une croissance de 0,9?% par an du nombre d'habitants, l'excédent naturel** est le plus important dans la Communauté d'agglomération Villefranche Beaujolais Saône. Elle regroupe quatre naissances sur dix domiciliées dans le Beaujolais. Vient ensuite la Communauté de communes de Saône Beaujolais (0,7?% par an). "Cette dernière intercommunalité est également très attractive, indique l'INSEE, le solde des entrées-sorties s'élevant à plus de 1,8 % par an. Le solde naturel reste déficitaire dans la seule Communauté de communes du Haut-Beaujolais (-0,2?% par an), où la part des 65 ans et plus est nettement plus forte qu'en moyenne dans le territoire (23?% contre 17?%)."

Emploi : industrie en baisse, emplois de services en hausse

Le territoire attire de nouveaux arrivants pour la qualité de vie mais beaucoup d'entre eux vont travailler à Lyon. Entre 2006 et 2011, le territoire a enregistré une baisse de 13?% dans le secteur de l'industrie. Le textile a perdu plus de 1?000 emplois en cinq ans. "Tarare, Cours-la-ville, Thizy-lès-Bourgs ont été marqués par la désindustrialisation", fait remarquer Axel Gilbert.

L'INSEE indique que le secteur des services à la personne augmente, idem en ce qui concerne le commerce, incluant le commerce de gros "surtout dans le secteur du Val de Saône, un axe majeur du territoire", précise Axel Gilbert. L'activité dans le domaine médico-social augmente (établissements de soins et établissements pour les personnes âgées), ce qui génère de l'emploi. Ce n'est pas le cas en ce qui concerne le tourisme, alors que ce secteur se développe. Cependant, le nombre de demandeurs d'emploi dans le Beaujolais élargi est de près de 17 000 (source CTEF).

L'aire urbaine de Lyon attire

Désormais, plus de 22 000?actifs entrent quotidiennement dans le territoire pour travailler et 33 800 en sortent, ce qui génère un déficit de 11 300 navetteurs (chiffre 2011). A elle seule, la Communauté de communes Beaujolais Pierres dorées, la plus proche de la capitale rhônalpine, est à l'origine d'un déficit s'élevant à 7?500 personnes, soit 67?% du total. Les cadres et les professions intermédiaires sont les plus enclins à travailler hors du territoire.

Viticulture : deux tiers des exploitations agricoles

Si le nombre d'habitants du Beaujolais qui vont travailler à Lyon est important, l'activité viticole est le fer de lance de notre territoire. Environ 3?400?exploitations agricoles sont en activité dans le Beaujolais. Parmi elles, plus de 2?200 sont orientées viticulture, soit les deux tiers, mais entre 2000 et 2010 le nombre d'exploitations a diminué d'environ 30?%. Il faut savoir qu'en terme d'occupation du territoire, le Beaujolais est constitué à 60?% de surface agricole.

En conclusion, le Beaujolais est un territoire en mutation qui attire des habitants de la métropole lyonnaise et d'ailleurs.

Laurence Chopart

* Tarare et L'Arbresle compris.

** En démographie, le solde naturel ou accroissement naturel ou excédent naturel de population est la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès sur un territoire au cours d'une période.

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