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Explosion à Beyrouth : un Beaujolais témoigne

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Explosion à Beyrouth : un Beaujolais témoigne

Stéphane d'Urbano, Chazéen et ancien entraîneur du FCVB, vit dans la capitale libanaise depuis quelques années.

Stéphane d'Urbano, aujourd'hui âgé de 39 ans, est Chazéen. Avant de rejoindre Beyrouth pour occuper le poste de directeur sportif au sein de l'académie de football créée par l'Olympique lyonnais, qui regroupe environ un millier de jeunes footballeurs, il a fait ses débuts en tant que joueur et d'éducateur auprès de Gilbert Blanchon, avant de rejoindre les clubs régionaux de MDA, Misérieux et le FC Villefranche où il a coaché l'équipe fanion avec Landry Ndzana.

Ce mardi 4 août restera à jamais gravé dans sa mémoire. Après avoir passé la matinée sur le site du port de Beyrouth, là où se trouvent les bureaux de l'académie, il a rejoint des amis pour jouer au tennis quand le drame, qui a fait plus de 110 morts et des milliers de blessés, a eu lieu. "On pouvait croire à une bombe. Mon patron a tout de suite été informé de ce qui se passait. Quand je pense que je m'y trouvais le matin même…"

Revenus sur les lieux, les hommes n'ont trouvé que des ruines. Tout a été soufflé, dévasté. A proximité, les quartiers les plus pauvres ont été détruits. La déflagration a été ressentie à des kilomètres à la ronde. "Mon immeuble, situé à 10 km de l'explosion, a été touché, les vitres du premier étage avaient été soufflées."

C'est la désolation la plus totale pour les Libanais, auxquels Stéphane d'Urbano s'est vite attachés. "Ce sont des gens généreux, accueillants. Ils ont une drôle de vie ! Depuis l'an dernier les galères s'enchaînent : de très importants feux de forêt l'été dernier, deux mois de révolution et de manifestations, le Covid, la dévaluation de la livre libanaise, l'incertitude politique… La colère gronde et les jours qui arrivent risquent d'être encore plus instables."

Malgré tout, Stéphane ne compte pas revenir dans son pays. "Une fois de plus les Libanais vont reconstruire. C'est un pays magique", déclare celui qui n'abandonnera pas ses amis auxquels il propose des pièces de son appartement pour leur venir en aide.

Il a aussi pu effectuer un rapide tour des installations de l'académie où il travaille. Les dégâts n'y seraient pas trop importants. Les jeunes devraient pouvoir revenir jouer. Jouer pour oublier...

Martine BLANCHON

Correspondante locale de presse




Tony FONTENEAU
Journaliste

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