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Didier Lockwood : une belle histoire commune avec le Beaujolais

L'un des meilleurs violonistes jazz de l'Hexagone est décédé hier. Il avait joué au Festival Continents et culture et à Jazz à Fareins.
Didier Lockwood : une belle histoire commune avec le Beaujolais
CCAB. - Dimitri Naïditch et Didier Lockwood lors du Festival en Beaujolais en 2014.

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Sa discographie est impressionnante, son talent immense et son ouverture d'esprit exemplaire : Didier Lockwood aura marqué le monde de la musique et retenu l'attention de milliers de spectateurs dans de nombreux pays. Il a succombé dimanche d'une crise cardiaque après un concert, alors qu'il venait d'avoir 62 ans. Avec à son actif une quarantaine d'albums, Didier Lockwood s'est aussi distingué par son implication pédagogique. Il explorait sans cesse de nouveaux horizons, ce qui lui a valu de jouer avec d'autres grands musiciens. Il va manquer à tout le monde de la musique.

Musicien virtuose, simple et généreux, grand passeur, pédagogue passionné, c'est ainsi qu'était Didier Lockwood et c'est ainsi aussi que l'a connu l'équipe du Centre Culturel Associatif Beaujolais.

Nos appels téléphoniques se sont croisés tôt ce matin avec Yves Pignard, directeur du CCAB non sans émotion … Il se souvient : "On était entré en contact avec lui par un simple message téléphonique, en 2004, pour lui proposer de devenir le tout premier parrain du Festival en Beaujolais- Continents et culture. Dès le lendemain, il avait rappelé et répondu positivement. Il avait même accepté malgré son emploi du temps si chargé, de faire un aller-retour depuis Fontainebleau - en taxi, pour l'anecdote ! - pour la soirée de présentation du programme."

AVIDE D'EXPERIENCES NOUVELLES

Depuis ses débuts dans le groupe mythique Magma, Didier Lockwood avait toujours été avide de rencontres inédites, de voyage, d'expériences nouvelles… Il ne pouvait qu'être enthousiaste à l'idée de soutenir ce festival itinérant ouvert sur les cultures du monde.

Dès l'année suivante il était revenu pour une carte blanche magique, à Arnas, avec au programme, une aubade avec l'Aksak Fanfar (constituée de professeurs du conservatoire de Villefranche), un duo avec le pianiste d'origine ukrainienne Dimitri Naïditch (qui sera aussi parrain du festival en 2007), et un splendide hommage à Stéphane Grapelli, avec ses musiciens Romane et Marc-Michel Le Bevillon (guitare et contrebasse).

En 2014, il avait participé à la Nuit des Parrains "Globe Trotters", organisée pour le 10e anniversaire des parrainages du Festival en Beaujolais - Continents et culture. L'occasion pour lui de retrouver une fois encore Dimitri Naïditch, avec qui il avait obtenu, aux côtés de la chanteuse Caroline Casadessus, en 2006, le Molière du meilleur spectacle musical pour Le Jazz et la Diva. L'ethnologue Jean-Yves Loude parrain du festival 2005, s'était joint à eux pour un final qui résumait, en 10 mots, l'âme du festival, pour un bœuf inédit musique-parole.

Intronisé compagnon du Beaujolais en 2004, Didier Lockwood a également été accueilli par l'Auditorium de Villefranche où il a rencontré de nombreux élèves du conservatoire. Il avait aussi accepté de donner un concert à maison d'arrêt. Enfin, il a été invité d'honneur du festival Jazz à Fareins.

"SALUT L'ARTISTE ET MERCI"

"La mort de Didier Lockwood s'apparente pour moi, à la disparition d'un génie musical qui paradoxalement, a passé sa vie à apprendre, disait-il", confie Jacques Seigneuret, directeur artistique de Jazz à Fareins. Apprendre, et surtout à écouter, la musique évidemment, mais aussi l'autre, cet être humain sur lequel il s'interrogeait, et dont il avait consacré un livre qui traversait son histoire personnelle. Le titre parle de lui-même "Questions d'âme". Un chapitre intitulé "L'Art et l'artiste" en dissertation à l'âge de 11 ans, annonce le prodige ; la postface : "Mes utopies" mériterait une diffusion dans toutes les classes primaires et secondaires. Ces classes pour lesquelles Didier Lockwood a consacré une recherche fondamentale destinée à une éducation musicale à l'école pour tous. Sa musique ! Comment en parler avec des mots ? Je ne suis pas poète, surtout pas philosophe ; écouter encore et encore, c'est ainsi que le chant de son violon, lors de son passage à Fareins en 2012, reste et restera gravé dans ma mémoire. Salut l'Artiste ! Et Merci !"

Laurence CHOPART

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