AccueilBEAUJOLAISPierres doréesDeux "passes à poissons" inaugurées par le SMBVA à Châtillon et au Breuil

Deux "passes à poissons" inaugurées par le SMBVA à Châtillon et au Breuil

Les deux ouvrages ont été réalisés pour rétablir la continuité écologique de l'Azergues. Une étape dans la restauration de la rivière.
Christian Gallet, accompagné de Nicolas Alban, a officiellement inauguré l'ouvrage de Châtillon.
© Simon ALVES - Christian Gallet, accompagné de Nicolas Alban, a officiellement inauguré l'ouvrage de Châtillon.

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"Si j'étais un poisson, j'essayerais également de remonter par-là !" La plaisanterie de Christian Gallet, président du Syndicat mixe du bassin versant de l'Azergues (SMBVA), a fait mouche, vendredi 14 octobre.

Celui qui est aussi maire de Lozanne avait choisi cette date pour inaugurer, en présence d'élus, de représentants de l'Agence de l'eau ou de l'entreprise Perrier TP, qui a réalisé les travaux, deux ouvrages de franchissement piscicole réalisés sur la moyenne Azergues, à Châtillon d'Azergues et au Breuil, entre 2021 et 2022. Leur objectif ? Permettre aux poissons, mais également aux sédiments, de suivre le cours de l'eau pour se nourrir, migrer et se reproduire.

Car il existe de nombreux obstacles le long de la rivière, à l'image des deux seuils concernés par ces contournements artificiels. Des réalisations qui remontent à plusieurs siècles pour certains. "La petite hydraulique des moulins, en France, représenterait plus de 80 % des obstacles à l'écoulement de nos rivières, a expliqué le président. À l'époque, ils en avaient besoin pour amener l'eau au moulin. Ils ne se sont pas posé la question du respect de la faune et de la flore au nom des besoins industriels."

Le seuil Mat (à droite), au Breuil, d'une hauteur de 3,40 m, représentait un obstacle infranchissable pour les poissons. La continuité écologique (à gauche), vient rétablir la connexion. © Simon Alves

Plus de 300 obstacles infranchissables à contourner ou détruire

La réflexion n'est pas nouvelle. Cela fait depuis 2000 qu'elle a été lancée, les premières études sur les seuils du moulin de Lozanne et du seuil Mat (car étant sur un terrain privé de l'entreprise Mathelin) remontant, elles, à 2015. Sur les 620 km que parcourt l'Azergues, près de la moitié sont peuplés par des poissons. Emblématique de la rivière, la truite, qui remonte le cours d'eau pour se reproduire, se retrouve régulièrement confrontée à des obstacles qualifiés d'infranchissables.

C'est le cas du seuil Mat, où les animaux ont régulièrement été aperçus à sauter, en vain, pour passer par-dessus. "On dénombre à peu près 323 obstacles, soit un tous les kilomètres", a inventorié Pierre Gadiolet, directeur du SMBVA. Un enjeu qui se corrèle à celui de l'adaptation au réchauffement climatique : la source de la rivière étant plus froide, y remonter représente un enjeu vital pour les poissons.

Le long de la passe à poissons du seuil du moulin de Lozanne, à Châtillon-d'Azergues, les pêcheurs ont récupéré quelques spécimens pour montrer la diversité piscicole de l'Azergues. © Simon ALVES

Au total, 961 000 € ont été déboursés pour ces deux contournements. Un montant financé en partie par la Communauté de communes Beaujolais Pierres Dorées et l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée Corse (414 355 € de subvention).

"Nous sommes très investis sur ce sujet-là, a justifié Nicolas Alban, directeur de la délégation territoriale de Lyon de l'organisation. Notre but est de réparer l'environnement partout où il a été endommagé. Entre 2019 et 2021, nous avons rétabli 226 continuité écologiques sur le bassin Rhône Méditerranée, dont 76 l'an passé."

L'Agence de l'eau vise les 500 ouvrages en six ans. Pour la collectivité, le but est également de répondre à la directive-cadre sur l'eau de l'Union européenne qui fixe l'objectif d'un bon état général des eaux d'ici 2027. Même s'il reste du travail, la tendance serait favorable. "Sur notre bassin, on est passé de 25 % de rivières en bon état à 50 %", a conclu Nicolas Alban.

Simon Alves

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Le barrage de Morancé en ligne de mire

Le prochain obstacle à contourner ne sera pas des moindres pour le SMBVA. Le syndicat vise en 2023 le rétablissement de la continuité écologique au niveau du barrage de Morancé. Un ouvrage de quatre mètres de haut qui empêche toute remontée de poissons. "Si l'Agence de l'eau nous suit et qu'on a les finances, nous pourrons enfin avoir une remontée de nos poissons de Anse vers la Saône et jusqu'à Val d'Oingt", s'est enthousiasmé Christian Gallet. Une continuité qui représente en tout et pour tout 37 km. Le dossier est en cours d'instruction.

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