AccueilACTUALITESFaits divers / JusticeDes vaches cibles de tirs à l'arc : stupeur à Lucenay

Des vaches cibles de tirs à l'arc : stupeur à Lucenay

C'est une attaque aussi cruelle qu'inédite qui a touché un troupeau appartenant à Pascal Riche, un éleveur de Lucenay.

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Deux vaches ont été atteintes mardi par trois puissantes flèches, tirées à l'arc. L'une des génisses, baptisée Eolienne, a reçu deux projectiles et a dû être abattue. La seconde, Fanette, touchée de façon plus superficielle par un tir, devrait pouvoir se remettre sur pattes. Mais Pascal Riche ne cachait pas ses craintes mardi. La génisse doit mettre bas dans les tout prochains jours. Avec le stress provoqué, une fausse couche ou des complications ne sont pas à écarter, nous a-t-il indiqué.
Découverts par l'éleveur mardi matin, les faits se sont sans doute produits quelques heures plus tôt, à l'aube. En Beaujolais, "on n'a jamais entendu parler d'une affaire comme celle-là", souligne Dominique Despras, président de la FDSEA du Rhône. En France, ce type d'attaque semble également constituer un cas à part. La volonté de blesser, voire tuer les animaux, semblait manifeste. Les flèches se sont enfoncées d'une dizaine de centimètres dans le corps des bêtes.

Pourquoi un tel acte ?

Au-delà du préjudice financier (l'une des génisses de race charolaise avait une véritable "valeur génétique"), c'est surtout sur le plan de la morale et de l'éthique que l'affaire choque (lire ci-contre). Depuis deux jours, les messages de soutien affluent, provenant aussi bien du monde agricole que des habitants de Lucenay. Pascal Riche et son fils Alexandre, associés depuis dix-huit mois, sont comme chaque éleveur viscéralement attachés à leurs bêtes.
Une question centrale se pose désormais. Qui a pu, arc en main, viser délibérément et à plusieurs reprises des êtres vivants ? Pascal Riche est un éleveur connu dans la région. A la tête d'une exploitation de plus de deux cent têtes, membre du magasin de producteurs "Cœur de ferme" à Lucenay, il est également très engagé dans le monde agricole. Responsable de la section bovine depuis de nombreuses années, il est l'un des cadres du syndicat FDSEA dans le département. Au cours des dernières années, il a régulièrement mené des actions coups de poings, notamment face à la grande distribution, pour dénoncer les cours trop bas de la viande. Depuis peu, l'éleveur beaujolais siège également au bureau de la Chambre d'agriculture du Rhône.
Les actes commis mardi peuvent-ils avoir un lien avec ces fonctions ? C'est l'un des points que l'enquête confiée à la brigade de gendarmerie d'Anse permettra peut-être d'éclaircir. Vengeance, tentative de vol, geste d'un déséquilibré ou d'un plaisantin ne mesurant pas la portée de son acte, les enquêteurs ne privilégient pour l'heure aucune piste.

Julien Verchère

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