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Pierres dorées Dans le Sud Beaujolais, la chasse à la météorite est ouverte

Ces passionnés se sont mis en quête d’un caillou extraterrestre qui serait tombé au sud de Villefranche. Une chasse au trésor qui permettra, peut-être, d’en savoir un peu plus sur l’origine du système solaire.
Dans le Sud Beaujolais, la chasse à la météorite est ouverte
Une vingtaine de passionnés ont arpenté les territoires de Pommiers et Porte des Pierres dorées à la recherche d’une mystérieuse météorite.

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Le week-end dernier, les habitants de Pommiers ont peut-être remarqué une étrange agitation en plein cœur de la commune. Malgré l’épais brouillard et la froideur de l’hiver naissant, plusieurs dizaines de chasseurs de trésor, venus de toute la région et même d’ailleurs, ont arpenté, tête baissée, les vignes et champs du territoire.

Des passionnés en quête d’un objet pas vraiment comme les autres : une météorite ! Et ils n’ont pas décidé de mener leur folle quête en plein cœur des Pierres dorées par hasard. Non, s’ils étaient là samedi et dimanche, c’était pour une raison bien précise. "Le 18 octobre dernier, les caméras de Fripon* ont détecté un bolide (NDLR : météore qui traverse l’atmosphère) dans le ciel du Dauphiné, explique Pierre Farissier, président du Club d’astronomie Lyon-Ampère (Cala). Et grâce aux calculs et estimations du réseau de sciences participatives Vigie ciel, une zone de chute a été définie."

Un périmètre très large, qui va des bords de Saône à la forêt de la Cantinière. "C’est difficile d’être plus précis puisque le vol sombre de la météorite, c’est-à-dire sa trajectoire depuis la dernière observation, est assez compliqué à établir", indique Pierre Farissier.

Pas de quoi décourager les astronomes amateurs du Cala qui, rapidement, se sont mis en branle pour tenter de retrouver le fameux caillou, gros de quelques centimètres —"on estime que sa taille est comparable à celle d’une petite mandarine". Première étape pour eux, communiquer. "L’idée était de savoir si des gens avaient vu quelque chose, indique Pierre Farissier. Pour ça, on a contacté les municipalités concernées, les associations locales ou les professionnels qui sont présents sur le terrain, comme les viticulteurs par exemple. On veut les rendre acteurs de cette recherche."

Une pierre noire en plein coeur des pierres dorées

Dès samedi et dimanche, les passionnés ont enclenché la deuxième phase, la quête, menée en premier lieu par des membres de club d’astronomie de la région. "Nous avons d’abord étudié le terrain, pour tenter d’affiner nos recherches", indique le président du Cala. Première escale pour la vingtaine de bénévoles, Pommiers — "où la mairie a été hyper accueillante" — et Porte des Pierres dorées. "Pour le moment, ça n’a évidemment rien donné. Mais on est confiant. Ce que l’on cherche, c’est un caillou à la croûte très noire, avec des faces lisses, qui n’est pas rond." Pas forcément le genre que l’on trouve ici, au pays des pierres dorées.

Que faire si on découvre la météorite ?

Trois choses à faire selon Pierre Farissier : "la prendre en photo au sol, bien noter les coordonnées GPS de la zone de découverte, et enfin la prendre sans trop la toucher avant de l’enfermer dans de l’alu et dans un sac plastique. Après ça, on pourra dire si c’est intéressant et intervenir." En cas de découverte, ne pas hésiter à contacter le Cala, cala@cala.asso.fr ou 09 51 18 77 18.

S’il sait que la partie est loin d’être gagnée d’avance, Pierre Farissier veut rester optimiste sur les chances de retrouver la fameuse météorite. "On va poursuivre nos recherches avec des bénévoles et on compte beaucoup sur la population locale. On aimerait vraiment que ça aboutisse avant la fin de l’hiver." Histoire d’éviter une éventuelle "contamination". "Plus la pierre restera à l’air libre, en extérieur, soumise aux aléas du temps, et plus elle peut perdre de son intérêt."

Un intérêt scientifique immense

Un intérêt aujourd’hui immense selon le président du Club d’astronomie de Lyon-Ampère. "On parle quand même d’une pierre qui vient de l’espace et qui date de la constitution de notre système solaire. Elle n’a d’ailleurs pas changé depuis. C’est donc une source inestimable pour comprendre l’origine de notre univers." Une météorite qui aurait même toute sa place dans un musée selon l’astronome amateur. "Après, bien sûr, avoir été analysée scientifiquement."

Alors, dans quelques jours, Pierre Farissier et sa bande de passionnés devraient à nouveau arpenter le sud du Beaujolais. Les yeux rivés sur le sol mais la tête, un peu, dans les étoiles.

Tony Fonteneau

*Fripon est réseau de caméras, installées partout en France, en charge de surveiller le ciel en quête de bolide et des trainées lumineuses laissées par des cailloux de l’espace qui viennent se bruler dans l’atmosphère.

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