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Cyclisme - Tour du Beaujolais : sous le signe de l'Europe

L'honnêteté oblige à certaines évidences, nouvelles, pour beaucoup.

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Observer le sourire du Suisse Simon Zahner, dimanche soir, sur le podium du Tour du Beaujolais à Quincié, habituel fief des basketteurs locaux, avait un petit goût d'étonnement. Non pas que le succès de cet ancien spécialiste de cyclo-cross, 3e des championnats du monde de la catégorie en 2005, prête à contestation, mais simplement parce qu'il ouvre sur un nouveau monde, plus européen. Il va sans doute falloir s'en faire une raison : voir un natif du Beaujolais arborer le maillot de vainqueur sur ses terres n'est peut-être plus pour demain. C'est ainsi. Le propre des épreuves qui grandissent c'est aussi, pour les amateurs, savoir tirer un trait sur le passé ou du moins se construire d'autres ambitions, plus modestes. Victorieux de l'édition précédente, le Bressan et champion Rhône-Alpes Blaise Sonnery, 14e cette année, n'aura pas rendu sa couronne sans combattre. Mais il y avait bien plus fort que lui. Bien plus fort que les équipes de DN2. Les Caladois, et c'est leur marche de cette saison, ont fait avec les moyens du bord. Des outsiders qui ne sont pas rentrés bredouilles. Le réconfort des coureurs d'Anthony Barle se nomme Canard. Comme souvent. Bilan de son Tour du Beaujolais : trois maillots (meilleur grimpeur, combiné, vert) pour l'enfant de Vauxrenard, 45e au général. Une satisfaction. Talpin, 22e, a échoué à l'entrée du top 20.
Mais ce qu'il faut surtout noter c'est l'écart, assez minime, au sommet de l'épreuve. Entre Zahner et le 5e Olavarria (Bourg), il n'y avait que vingt-huit secondes. Ça dit la façon dont s'est joué ce Tour du Beaujolais, dans un resserrement et une densité inédites.

EKZ avec patience et puissance

Ça concerne évidemment les équipes étrangères avec l'emprise des Suisses de l'EKZ. Ces derniers n'étaient pas venus dans le Beaujolais pour admirer le paysage. L'affaire a été pliée sans aucune fausse note. Avec patience et puissance. Leur leader Zahner a, dès la première étape, entre Villefranche et Tarare, réduit au silence ses rivaux. Mais ce ne fut pas non plus en jouant de la flûte. Bien au contraire. A une trentaine de kilomètres de Tarare, Zahner, après avoir laissé nombre de tentatives partir sans guère de reliefs, a pris son sort en main sans faiblir dans la principale difficulté du jour (col de la Croix Paquet à 12?%), il attaquera par deux fois. Excellent descendeur, il aura géré la suite sans paniquer, en dépit du retour du Néerlandais Abel Beckeringh (Croford Cycling Team), un autre candidat européen. Les deux hommes, dans le même temps dans la cité des Mousselines, ne se quitteront pas d'un poil le lendemain. En matinée, l'espiègle Fabio (Martigues) grappillera la seconde étape à Saint-Georges, laissant ensuite les plus aguerris s'expliquer dans la dernière étape. Une étape contrôlée sans guère de frayeurs par les Suisses d'EKZ. Parmi les animateurs de ces dernières heures, il y eut bien sûr Sonnery et Canard, longtemps devant en très bonne compagnie (Lauber entre autres). Mais si sur la ligne d'arrivée l'ancien champion de France Espoir Samuel Plouhinec (Team Peltrax) s'imposa, le Tour était déjà joué. Pour Simon Zahner.

Ralph Neplaz
Correspondant local de presse

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