AccueilSPORTSCyclismeCyclisme - Nicolas Racodon : "Le succès du Tour du Beaujolais est mérité"

Cyclisme - Nicolas Racodon : "Le succès du Tour du Beaujolais est mérité"

Printemps 2008.

SPORTSCyclisme Publié le ,

A Saint-Laurent-d'Oingt. Nicolas Racodon inscrit son nom au palmarès du Tour du Beaujolais, dix-sept ans après Philippe Colovret, premier coureur du Vélo Club Caladois à avoir remporté cette épreuve. Le VCC célèbre son retour au premier plan régional. Mais pour Racodon, la suite, elle, sera moins faste. Comme si le plus beau moment d'une carrière venait d'être vécu. Une seule saison au VC Caladois mais des souvenirs pour longtemps, peut-être. Printemps 2014. Nicolas Racodon s'est tourné vers une autre discipline, le duathlon. Du vélo (10 km) et de la course à pied (30 km). L'esprit de compétition, sous autre forme. Il est champion de France mais ne le crie pas sur tous les toits. Oubliée l'année à Ambert qui a suivi sa victoire sur le Tour du Beaujolais 2008, où il se fractura le coude lors de la Vallée du Bédat. Après cette chute, c'est l'appréhension qui dominera sur un vélo. Autant passer à autre chose. Et la semaine dernière, à Caluire, celui qui est également facteur dans le civil, a bien voulu revenir sur ce Tour du Beaujolais 2008, le tournant de sa carrière. Dans tous les sens du terme. Sans se laisser écraser par le poids de la nostalgie, car il y a bien une autre vie après tous les triomphes. Quelles que soient la nature de celles-ci. Et Racodon le raconte ici plutôt bien.

Six ans après votre victoire dans ce Tour du Beaujolais 2008, qu'en reste-t-il ?

"C'était une épreuve qui comptait beaucoup pour le Vélo Club Caladois. Alors six ans après, à titre personnel, il en reste forcément quelque chose, des photos dans un album, des bons souvenirs. Mais ça commence à dater. Je ne suis pas quelqu'un de nostalgique alors j'ai classé cette victoire dans un coin de ma mémoire et je n'y reviens plus. Ce n'est peut-être pas encore l'heure d'ouvrir cet album. Avec le Duathlon je suis encore dans la compétition, quand j'arrêterai peut-être que je reviendrais sur cette partie de ma vie de coureur. En attendant je regarde devant moi. C'est ma façon d'avancer."

Quel impact avait eu cette victoire dans le Tour du Beaujolais sur la suite de votre carrière ?

"Avec du recul, je constate que c'était le début de la fin pour moi, du moins concernant mon passage au VC Caladois qui n'aura duré qu'une saison. Quand j'ai remporté ce Tour du Beaujolais, j'espérais rester au club. J'avais encore des choses à prouver. Tout s'est ensuite mal enchaîné derrière. Mais en octobre, j'ai signé à Ambert. Parfois je me dis que j'aurais peut-être mieux fait de ne pas gagner ce Tour et de rester un an de plus au VC Caladois. Mais il faut croire que mon destin était ailleurs. On ne peut pas revenir en arrière."

On peut quand même essayer. En 2008, votre victoire se joue sur quoi ?

"J'avais aussi terminé meilleur grimpeur. Dès la première étape, entre Villefranche et Villié-Morgon, nous étions sortis à deux. Geoffrey Soupe, aujourd'hui à la FDJ, avait fini devant moi au sprint. J'avais sacrifié la victoire pour être bien placé les jours suivants. Lors de la troisième étape (Vaux-en-Beaujolais/Saint-Laurent-d'Oingt), dans un col, Soupe avait craqué. Au sein de l'équipe, il y avait un bel état d'esprit. Avec Anthony Barle, le directeur sportif, ça fonctionnait très bien. J'ai quitté le club à contrecœur. Aujourd'hui, je suis leurs résultats grâce à Sébastien Hoareau avec qui je roule de temps en temps."

En quoi ce Tour du Beaujolais est-il si particulier aux yeux des coureurs amateurs ?

"Le parcours est très intéressant, j'étais grimpeur, il me convenait bien. Comme il n'y avait pas tant d'épreuves à étapes dans la région, le Tour du Beaujolais était très attendu. Dès le début du stage de reprise on nous annonçait la nécessité d'être performants sur cette course. Elle était incontournable."

Etes-vous retourné sur cette épreuve depuis 2008 ?

"Non, pas encore. Si je ne suis jamais revenu, c'est peut-être par nostalgie. Au fond de moi, quelque chose s'est cassé après ma victoire en 2008. Y revenir me ferait mal cœur. J'ai tourné la page."

Que pensez-vous de l'arrivée de cette course dans le calendrier de l'Elite Nationale ?

"Depuis sa création, c'est une belle épreuve avec une très bonne organisation. La voir accéder à cet échelon, c'est à la fois logique et mérité. C'est une vraie vitrine pour la région, un événement bien rôdé."

Le dernier vainqueur sous le maillot du VC Caladois, Blaise Sonnery, à Bourg aujourd'hui, vous le voyez rééditer cette performance cette année ?

"Je n'ai pas l'occasion de le croiser à Bourg mais je pense qu'il a bien dû cocher cette course dans sa saison. En tout cas, il est bien meilleur grimpeur que moi. Je lui souhaite de réussir à nouveau. Mais ce sera difficile."

Ralph Neplaz
Correspondant local de presse

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