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Course-poursuite à Belleville : "J'ai entendu une voix sombre qui m'a dit "Fonce" !"

Mercredi 15 mars, au tribunal correctionnel de Villefranche comparaissait un homme de 26 ans, jugé pour de multiples infractions.
Course-poursuite à Belleville :
La course-poursuite a commencé rue de la République à Belleville.

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Refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter, feu rouge brûlé, non-respect de priorité à droite, défaut de permis, défaut d'assurance, conduite sous l'emprise de stupéfiants, défaut d'assurance...

Mardi 7 février 2017, cet homme, originaire de Fleurie, refuse de se soumettre à un contrôle routier effectué par la brigade motorisée de Villefranche à la Croisée à Belleville. Malgré la sommation de s'arrêter des trois motards, l'homme poursuit sa route de plus en plus vite et une course-poursuite s'engage alors dans la ville.

"ON L'A SUIVI SUR 7 KM"

L'un des motards qui le prennent en chasse ce jour-là témoigne à la barre : "On l'a suivi sur 7 km, ça a été très long. On a essayé de le calmer. Je me suis mis à ses côtés pour discuter, mais il n'a pas voulu, a essayé de me percuter par trois fois". Les gendarmes constatent alors qu'il n'est pas seul dans le véhicule, mais accompagné de son amie et d'un enfant de 4 ans. "Tous les passagers, effrayés, criaient et lui disaient de s'arrêter…"

A la barre, l'homme pleure et semble très fébrile en évoquant les faits : "J'ai pas réfléchi, fallait que j'aille faire les courses. Je voulais que mes enfants mangent ce soir-là…".

COLLISION AVEC UN AUTRE VÉHICULE

"Mais vous devez comprendre qu'il ne faut pas conduire sans permis", lui rétorque le juge EtienneRigal. "Des fois je pense pas, j'agis, je veux juste faire les choses bien. Ça faisait trois jours que je leur faisais des pâtes !"

"Quand les gendarmes vous demandent de vous arrêter, que se passe-t-il à ce moment-là ?", questionne le juge. "J'ai entendu une voix sombre qui me dit "Fonce" ! Je ne me rappelle plus vraiment ce que j'ai fait !"
C'est finalement la collision avec un autre véhicule qui l'arrête dans sa fuite. Mis en joue par les gendarmes, il sort de la voiture mais veut en venir aux mains… Il est finalement mis au sol et menotté.

UN PROFIL BORDER-LINE

L'expertise psychiatrique décrit une personne "border line", à la limite de la maladie mentale, avec une instabilité psychique et de l'humeur, immature… avec une histoire familiale très difficile, plusieurs tentatives de suicide…
Pour le procureur, ce dossier est inquiétant "car il a essayé d'envoyer les gendarmes dans le décor alors qu'ils sont là pour protéger la population. On ne peut pas tolérer ça ! A la barre, le prévenu est larmoyant, il s'apitoie sur son sort : moi je pense aux enfants des gendarmes qui auraient pu être orphelins !".

Reconnaissant qu'il a besoin de soins mais qu'il faut tenir compte de la protection de la société, il réclame douze mois de prison, six mois de sursis mise à l'épreuve, obligations de soin, de travailler de passer le permis.
La défense demande au tribunal de prendre la situation dans son ensemble : "Il est profondément dépressif, ça n'excuse pas mais il ne joue pas un rôle ! Il a fait tout ce qu'il a pu, notamment prendre contact avec le Centre Jonathan, se rendre à la gendarmerie de Beaujeu, à pied depuis Fleurie, pour pointer trois fois par semaine dans le cadre de son contrôle judiciaire".

LA PEUR QUE SES ENFANTS LUI SOIENT RETIRÉS

Pour son avocate, il ne minimise pas ses actes et les justifie par la peur que ses enfants lui soient retirés. Par ailleurs, le jeune homme suit actuellement une formation et a un projet de création d'entreprise. "Aujourd'hui j'ai la sensation qu'on ne peut pas l'envoyer vers davantage de noirceur !"

Jugé coupable des faits reprochés, le tribunal le condamne à un an de prison dont six mois avec sursis mise à l'épreuve pendant deux ans, une obligation de soins, de formation ou de travail, d'indemniser les parties civiles. Il sera prochainement convoqué devant un juge pour étudier l'aménagement de sa peine.

Jacqueline FABRE

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