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Coronavirus : les confidences d'une secrétaire médicale du Beaujolais

Chaque jour, depuis le début de la crise sanitaire, ce cabinet médical vit au rythme soutenu d'appels de personnes inquiètes.
Coronavirus : les confidences d'une secrétaire médicale du Beaujolais
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Depuis près de deux semaines, Martine (nom d'emprunt) a vu son quotidien bouleversé. Et les appels de personnes angoissées se multiplier. Pour faire face à ça, elle "régule" et assure le rôle d'intermédiaire avec les urgences. Elle oriente, guide ou conseille, dirige ou non les patients vers les services concernés.

Son cabinet médical a dû faire face à une recrudescence de demande d'arrêts de travail depuis le début du confinement. Et il faut à présent "trier" les appels, entre les patients qui présentent de la fièvre et ceux qui n'en ont pas. Le cabinet s'est même organisé pour la mise en place de téléconsultations. Conséquence, plus aucun rendez-vous n'est planifié hormis les urgences.

GÉRER LES ANGOISSES

Les salles d'attente ont été désertées et depuis quinze jours, les cas graves sont accueillis dans une salle à part, spécialement réservée pour les patients suspectés d'avoir attrapé le Covid-19. Une pièce qui est régulièrement désinfectée.

Cette secrétaire médicale l'assure, la question qui lui revient fréquemment est la demande du degré de risque selon les pathologies présentées, comme l'hypertension, le diabète, l'asthme, les personnes greffées ou en situation de grave maladie. Elle doit souvent gérer les angoisses et tente de tenir un langage rassurant.

"JE SUIS CONFRONTÉE CHAQUE JOUR À DES MALADES"

"Certains sont soulagés d'avoir un accueil téléphonique bienveillant. D'autres nous remercient pour tout ce que l'on accomplit, nous font des dons, de gel et de masques pour signifier leur reconnaissance. On est surpris de cette compréhension, car parfois on se sent abandonné par le milieu médical, tout comme le personnel des établissements de santé."

Martine indique que dans le secteur il y a beaucoup de suspicions de cas et qu'elle a déjà eu "connaissance de plusieurs cas avérés par test". Elle déclare qu'au sein du cabinet médical, les médecins manquent cruellement de moyens.

"Il y a une vraie prise de conscience maintenant, mais je suis inquiète car je suis confrontée chaque jour à des malades." Au téléphone, son message est clair. Elle indique aux patients, dès qu'elle le peut, de rester chez eux.

Béatrice Vincent

Correspondante locale de presse

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