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Confinement/Villefranche : le cri de colère des commerçants

le - - VILLEFRANCHE

Confinement/Villefranche : le cri de colère des commerçants
Photo d'archives/Franck CHAPOLARD

Ils sont nombreux à avoir dû fermer leurs portes pour la deuxième fois en quelques mois. Une décision que certains n'acceptent pas.

Depuis mercredi soir, Didier Chastan est un homme en colère. A la tête du Faisan doré, véritable institution en Calade, le restaurateur n'accepte pas de devoir fermer ses portes pour la deuxième fois en quelques mois seulement. "Une fois de plus, les petits commerçants sont les premiers impactés par les décisions de l'exécutif. Dans les périphéries de ville aujourd'hui, les grosses enseignes restent ouvertes. C'est un réel sentiment d'injustice qui m'envahit. Je ne vois pas pourquoi il y aurait une loi du gros et une loi du petit".

Alors pour faire face, le restaurateur fait comme les autres : il s'adapte. Le Faisan doré propose des formules à emporter les mardi, jeudi et vendredi midi, ainsi que le vendredi et le samedi soir. "Pour garder un lien social". Mais, si Didier Chastan prône le respect les lois et dit s'engager dans la lutte contre l'éradication du virus, il sait déjà qu'il ne pourra se permettre de continuer dans ces conditions. Quitte à définitivement fermer ses portes. "La seule chose qui me pousse à poursuivre, ce sont mes salariés. Mais j'arrive à un âge où j'envisage de fermer définitivement. Ras le bol".

"Une logique que je ne comprends pas"

Rue Nationale, au Loden, Philippe Scotto est lui aussi en colère. A la tête d'un magasin de prêt à porter masculin, le commerçant n'arrive pas à comprendre les décisions gouvernementales. "On préfère ouvrir les grandes surfaces, où des centaines de personnes vont s'entasser, et fermer des magasins qui font tout pour respecter les normes imposées. C'est une logique qui m'échappe."

Pourtant, le commerçant, touché de plein fouet par le premier confinement, avait, depuis, réussi à sortir la tête de l'eau. "Mais là, on me l'enfonce à nouveau. En novembre, décembre et janvier, je réalise 30% de mon chiffre d'affaires habituellement. Comment je fais pour tenir le coup si on m'oblige à fermer?"

S'il propose aujourd'hui du "click and collect" pour garder un lien avec ses clients, Philippe Scotto ne sait pas s'il pourra continuer longtemps. "Ma trésorerie n'est pas en péril. Mais si je réinjecte de l'argent aujourd'hui pour que l'on nous reconfine en mars, à quoi ça sert?"

Charlotte ROBERT et Tony FONTENEAU

Les témoignages complets à retrouver dans notre édition papier jeudi




Tony FONTENEAU
Journaliste

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