AccueilVILLEFRANCHERue Nat'Commerce en centre-ville : ce qu'elle veut faire pour la rue Nat'

Commerce en centre-ville : ce qu'elle veut faire pour la rue Nat'

Le Patriote : "Comment se portent la rue Nationale et plus généralement les commerces du centre-ville ?" Martine Glandier : "Le ressenti est souvent trompeur.

VILLEFRANCHERue Nat' Publié le ,

Le Patriote : "Comment se portent la rue Nationale et plus généralement les commerces du centre-ville ?"

Martine Glandier : "Le ressenti est souvent trompeur. L'enquête ménages réalisée récemment à l'échelle du Beaujolais nous a aidés à y voir plus clair. Villefranche représente la 5e zone commerciale du Rhône. On comptait huit mille emplois liés au commerce dans les quatre communes de l'ex-CAVIL, avant même l'ouverture de La Lagune. Sur les 300 millions d'euros annuels de chiffre d'affaires, 160?millions sont réalisés en centre-ville. C'est +?6 % par rapport à 2007 et l'enquête précédente. Voilà la preuve que le centre-ville pèse toujours beaucoup."

Malgré tout, on entend souvent parler des difficultés de certains commerces…

"Nous savons que les affaires sont difficiles, avec par exemple -?5 % d'activité l'an dernier en France sur l'équipement de la personne. Tous les commerces de la rue Nationale ne vont pas bien, mais ceux qui sont bien ciblés ou identifiés fonctionnent. C'est plus difficile pour les nouveaux commerces, à l'exception des franchisés. Une douzaine de locaux vides sur deux cent quatre-vingts rue Nationale, ce n'est pas une catastrophe. Conclusion, si le secteur n'est pas florissant, pour autant, c'est mieux ici qu'ailleurs. Villefranche résiste véritablement."

Qu'est-ce qui attire les consommateurs au cœur de la Calade ?

"Le taux d'emprise (NDLR : la part des dépenses réalisée à l'intérieur de la zone de chalandise vers ce secteur précis) a augmenté de 5 % par rapport à 2007. J'y vois la conséquence d'un retour à la proximité, de la variété des commerces et des services, de l'accueil ou encore de la convivialité du lieu. C'est très encourageant."

"La Lagune ne va pas vider le centre-ville"

On a pourtant reproché à la municipalité de jouer contre la rue Nat' avec la zone de La Lagune et l'arrivée de Décathlon, Habitat ou Cultura…


"On me l'a même reproché personnellement ! Il n'a jamais été question d'implanter une locomotive avec une galerie marchande autour, ce qui aurait en effet entraîné une concurrence directe pour le centre-ville. Je me suis opposé à ce schéma et j'ai défendu l'arrivée d'enseignes permettant de limiter l'évasion commerciale vers Lyon ou Mâcon, dans des domaines comme le sport ou l'équipement culturel. Cultura a battu son record de chiffre d'affaires pour sa journée d'ouverture sur soixante-deux magasins en France, preuve que nous sommes dans le vrai."

Cette stratégie fonctionne-t-elle ?

"J'ai des chiffres qui le prouvent?! Après quatre mois d'activité à La Lagune, la provenance des clients est la suivante : 20 % de Villefranche, 20 % de l'ex-communauté d'agglomération, 35?% d'endroits à 15 à 25 minutes en voiture et 25 % venant de zones situées à plus de 30 minutes. Ces consommateurs des Monts-d'Or ou de Bourg-en-Bresse ne seraient jamais venus faire des achats à Villefranche sans ces enseignes nationales. Contrairement à ce qui a parfois été dit, La Lagune ne vide pas le centre-ville, au contraire."

Comment faire bénéficier la rue Nationale et le cœur de ville de cet afflux de population??

"Nous allons étudier une signalétique mettant l'accent sur la richesse et le nombre de commerçants autour de la rue Nationale. Mais d'ores et déjà, ces derniers ont récupéré de nouveaux clients de façon naturelle. Notre rôle est de faire le lien entre les commerces du centre-ville et ceux de la périphérie. Nous sommes tous dans le même bateau, c'est le début d'une collaboration."

La Ville veut lancer un site marchand

Quels autres projets seront engagés durant ce mandat par la municipalité pour le commerce de centre-ville ?


"En lien avec la CCI et les associations de commerçants, une charte pour le développement du commerce va voir le jour. Il s'agit de mettre nos moyens en commun et d'avoir une cohérence en matière d'animations. Je pense par exemple à Noël. Le but est aussi d'imaginer de nouvelles animations. La charte doit aussi permettre de travailler ensemble sur le type de commerces manquants en centre-ville ou encore l'harmonisation des périodes de liquidation…"

Vous planchez également sur une plate-forme internet…

"Mon projet consiste à créer un drive urbain à ciel ouvert. Le concept est simple : imaginer un site marchand regroupant tous les commerçants du centre-ville. Le client clique sur les produits, commande et paie en ligne, puis se fait livrer ou vient retirer en magasin. Nous allons lancer une étude et chiffrer le projet pour voir s'il est réalisable. Cela permettrait de limiter l'évasion commerciale créée par les mastodontes de la vente en ligne, mais aussi d'apporter du flux dans les boutiques et de favoriser les achats d'impulsion. La vente via internet est un objectif incontournable."

A Villefranche, la question de l'ouverture des commerces entre 12?h et 14?h fait débat. Quelle est votre position sur le sujet ?

"Je ne vais pas me faire que des amis en disant cela, mais je suis pour une ouverture entre 12 h et 14 h. Les gens qui travaillent à Villefranche pourraient consommer pendant la pause déjeuner. Pourquoi ne pas tester cette option sur une période un peu longue ? Il faut aussi coller aux évolutions et aux habitudes des nouveaux habitants."

Propos recueillis par Julien Verchère

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?