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Claveisolles : commune rurale cherche avenir pour couvent 3?800 m2

Des établissements de santé, d'anciennes institutions religieuses, des bureaux des finances publiques, des postes… Evolutions de la société, fuite des services publics et aléas du temps se conjuguent pour expliquer un phénomène grandissant : celui de bâtiments autrefois emblématiques et aujourd'hui abandonnés. Un véritable casse-tête pour les élus locaux, que les communes soient propriétaires des murs ou non.

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Des établissements de santé, d'anciennes institutions religieuses, des bureaux des finances publiques, des postes… Evolutions de la société, fuite des services publics et aléas du temps se conjuguent pour expliquer un phénomène grandissant : celui de bâtiments autrefois emblématiques et aujourd'hui abandonnés.
Un véritable casse-tête pour les élus locaux, que les communes soient propriétaires des murs ou non.
Faut-il les brader ces biens souvent inadaptés afin de s'en débarrasser ? Doit-on au contraire les conserver ? Mais pour en faire quoi ? Avec quels budgets d'investissement ? Avec quels coûts d'entretien ?
La commune de Claveisolles fournit un exemple parfait de ces tiraillements. Dans ce coin de Haute-Azergues, c'est le couvent appartenant aux Sœurs du Prado qui est à vendre. Prix de départ : 850 000 euros pour un ensemble immobilier de 3?800?m2 habitables, où jusqu'à 140 sœurs ont vécu ensemble. Soit l'équivalent de six mètres carrés par habitant. La population entière de Claveisolles y tiendrait presque… Vous avez dit démesuré ?
Le maire Dominique Despras se démène depuis des mois pour trouver un avenir à ce lieu auquel les habitants sont attachés. Récemment, une porte ouverte a fait le plein. Pour l'occasion, même le cardinal Barbarin s'était déplacé. "450 personnes sont venues, 250 visites ont eu lieu, 75 questionnaires ont été remplis et 45 propositions de soutien financier ont été effectuées", tel est le bilan positif dressé par M. Despras. "Il faut que le territoire s'allie sur un projet commun, à commencer par les habitants. On ne peut pas tout attendre du Département ou des communautés de communes. Sinon, ça ne marchera pas", souligne celui qui veut jouer les fédérateurs. "Par chance, la congrégation des Sœurs semble ouverte à toute proposition et prête à nous laisser du temps", salue l'élu local. "Malgré le contexte de crise actuelle, ne réfléchissons pas à court terme. Trouver une solution pour les 3?800?m2 d'un coup, je n'y crois pas. J'imagine plutôt la création par étapes d'un établissement social et solidaire d'excellence, dans ce cadre exceptionnel", lâche le maire.
Un endroit qui pourrait par exemple accueillir aussi bien des enfants obèses que des personnes âgées ou des gens cassés par la vie. Une oasis pour recréer des liens entre tous ceux que l'on met ailleurs à l'écart. "On peut miser sur la dimension humaine, sur l'inter-générationnel, sur la réinsertion, construire un lieu pour imaginer demain autrement. Je suis un peu idéaliste, mais ce projet n'a rien d'utopique", délivre Dominique Despras. "Est-ce que nous oserons, est-ce que je vais être suivi, là est la question ? Ce n'est pas une affaire de prix mais de courage. J'ai été élu maire pour ça. Et si à 42 ans j'ai peur d'affronter la vie, autant arrêter tout de suite. Et si je me fais virer pour ça (sic) aux prochaines élections, tant pis. Il ne faut pas voir ce lieu comme un problème mais comme une chance."

Julien Verchère

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