AccueilACTUALITESChristophe Guilloteau : la feuille de route du président du nouveau Rhône

Christophe Guilloteau : la feuille de route du président du nouveau Rhône

Dans quel état d'esprit êtes-vous au lendemain de votre élection ? "Je mesure l'honneur, la charge qui m'incombent et l'ampleur du travail qui m'attend.

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Dans quel état d’esprit êtes-vous au lendemain de votre élection ?

"Je mesure l’honneur, la charge qui m'incombent et l'ampleur du travail qui m'attend. La tâche est immense. C’est pour cela que j’ai voulu m’entourer d’une équipe jeune et compétente, dans laquelle les centristes ont toute leur place. Nous devrons travailler ensemble. Sur sept élus vice-présidents, j'ai deux centristes. Deux pour sept et nous c'était un pour huit ! Dans l'équipe sortante hier, il y avait un UMP.

Tout est nouveau ! Nous ne sommes plus dans 54 cantons avec Lyon mais dans 13 avec des binômes, des compétences dont on n'a pas l'intégralité et la définition aujourd'hui. Les transports devraient échoir à la Région. Mais à mon avis les Régions vont rebasculer les compétences à des acteurs locaux ou à des intercommunalités ou peut- être aux départements."

Quels sont les enjeux ?

"Nous avons des enjeux importants comme le social qui constitue 53 % de notre budget dont 30 millions de RSA. Mais nous serons confrontés à une baisse des dotations de l'Etat, soit 12 millions d'euros pour cette année. Donc il faudra faire des économies. Parallèlement nous avons prévu de réaliser deux audits : un financier et un organisationnel."

Vous avez des projets pour les Maisons du Rhône ?

"J'ai 20 maisons du Rhône pour treize cantons. Je voudrais qu'elles soient des maisons "du choix". Je m'explique?: par exemple vous travaillez à Villefranche et vous habitez Brignais. Vous avez quelqu'un autour de vous, par exemple une personne handicapée qui dépend de la maison du Rhône. Vous devez donc vous rendre à une MDR. Il est hors de question que l'on vous oblige à retourner à Brignais. Nous allons essayer de demander aux agents de travailler entre 12?h et 14?h. Je veux la maison du choix. Donc vous pourrez transférer vos dossiers à Villefranche.

MDR : ce qui va changer

Il y a une MDR à Villefranche, une à Gleizé et une autre à Anse. Il y a peut-être une forme d'organisation, de mutualisation à envisager. Le canton de Thizy possède trois MDR et une annexe. Peut-être que cela se justifie puisqu'il faut parcourir 60 km pour aller d'un bout à l'autre du canton. Là, il ne sera pas question de toucher quoi que ce soit. Je ne serai pas le père fouettard, je veux être dans une logique territoriale. Tout ceci sera organisé selon une logique financière et géographique. Nous avons 1 700 agents, il faut une juste répartition des agents sur notre territoire et un juste accès au service public que nous rendons dans nos Maisons du Rhône. J'aimerai également qu'elles soient ouvertes à d'autres organismes. On peut trouver une formule de partage."

Quelles seront vos priorités ?

"Il y a treize cantons, nous allons être obligés de faire des choix d'aménagement du territoire. Nous avons quatre dossiers importants de voirie, dont le fameux contournement d'Amplepuis. Il va falloir que l'on soit extrêmement moteur dans l'économie, notamment avec le monde de l'entreprise. Je vais confier cette mission au maire de Tarare, Bruno Peylachon. Je suis fils d'artisan. Je sais ce qu'est l'économie. C'est le cœur battant de notre démocratie."

Avec un dossier phare dans ce domaine ?

"Non, c'est encore trop tôt. Il faut au préalable que les délégations soient affinées."

Quel sera votre premier rendez-vous ?

"Ce sera avec Gérard Collomb. La métropole nous versera 75?millions de dotation de compensation par an. Nous avons en partage le SYTRAL pour lequel nous lui devrons 58 millions d'euros, le SDMIS (Service départemental métropolitain d'incendie et de secours) dont un élu de la métropole va prendre la présidence avant l'été. Sur ce dossier, nous devrons 20 millions d'euros à la métropole. Et puis il y a ce fameux musée des Confluences pour lequel la note est à 1,2 ou 1,5 million d'euros. Il va falloir faire la séparation de l'OPAC pour lequel 700 personnes travaillent. C'est la loi. Il y aura l’OPAC du Rhône qui sera dans le Rhône et l’OPAC de Lyon ou de la métropole, je ne sais pas comment Gérard Collomb va l’appeler exactement. Nous avons six mois pour faire la séparation. Je devrai nommer un président et y constituer un siège."

"La tâche est immense"

Un des buts est de créer un contrepoids à la métropole ?

"Non, non, non ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. C’est un partenaire. C’est comme un divorce d’un couple, on a la garde des enfants. Comme je le disais précédemment, l’Etat nous a fixé la rente qui est de 75?millions d’indemnité compensatrice."

Comment allez-vous gérer tous ces dossiers avec en plus votre mandat de député ?

"Est-ce que vous pensez que c'est plus compliqué pour un agenda de député que pour un agenda de sénateur ?"

On se doutait de la réponse !

"Je serai obligé de faire des coupes sombres dans ma vie parisienne. J’ai un rôle important à la commission de la défense, puisque j’en suis vice-président, et je travaille sur un domaine très particulier, le renseignement. Mais vous savez, chez moi les journées ont plus de 24 heures. C’est pour cela que j’ai voulu une belle équipe d’élus autour de moi. En ce qui concerne l’administration, il en est de même. Je vais former un cabinet autour de moi mais qui sera light. J'aurai la compétence ressource humaine. Il faut savoir que 1?700 agents travaillent pour le Département. Mais je suis d’accord avec vous, la tâche est immense, elle est importante. La vie de député c’est plus simple qu’une vie de président d’une institution comme celle-ci. Nous devrons gérer un budget de 528?millions d’euros. Il y a un rôle aussi à assumer en connexion avec l’Etat. J’ai aussi le fameux contrat de plan."

Qu’est ce qui va changer par rapport à un Département qui était centriste auparavant ?

"Il ne faut pas opposer centristes et UMP ! J’ai travaillé avec les centristes ici. Michel Mercier était au gouvernement avec l’étiquette centriste. Alors qu’est-ce qui va changer ? Nous sommes dans un nouveau Rhône avec treize cantons qui ne sont plus les mêmes avec un fonctionnement électoral qui a changé. Je veux d’abord que chaque année, dans chaque canton, nous organisions une conférence des maires. Je souhaiterai la présence du sous-préfet, parce qu’il a des choses à dire au nom de l’Etat. Je souhaite que l’exécutif aille devant les maires des cantons. Parce que dans ces cantons, une des difficultés est que certains sont à cheval parfois sur trois voire quatre intercommunalités. Donc il va falloir que les gens se parlent. La loi risque d’obliger certaines intercommunalités à fusionner."

Des aides aux communes plus souples

Comment s'est opérée la constitution de l'exécutif et particulièrement le choix des deux vice-présidents centristes ?

"Je n'ai pas négocié, j'ai plutôt eu deux partenaires de discussion avec Michel Mercier et Daniel Pomeret. Nous nous sommes d'abord mis d'accord sur le nombre, puis sur les personnes. L'une, Mme Darphin, n'est autre que l'ex-suppléante de Michel Mercier, et l'autre, M. Ravier, est membre du Parti radical comme M. Pomeret. Je n'avais pas à revenir sur le choix des hommes et des femmes. Au sein de l'exécutif, le grand gagnant c'est Villefranche. Pour le prix d'un, ils en ont deux avec Béatrice Berthoux et Thomas Ravier ! La seule objection que je soulève, c'est que leurs délégations ne se chevauchent pas."

A aucun moment les noms de MM. Pomeret et Fialaire n'ont été avancés pour être vice-présidents ?

"M. Pomeret, élu président de groupe, a pu organiser les choses comme il l'entendait. Je n'ai pas lancé de fatwa sur qui que ce soit. Je n'ai jamais dit je veux celui-ci car il est plus "UMP compatible". J'en donne ma parole."

Pour conclure en revenant à l'action, quelle sera votre stratégie en matière d'aide aux communes ?

"Je la veux plus accessible, plus souple. J'ai trop entendu de maires de petites communes me dire qu'ils trouvaient le système trop figé, trop rigide. Je veux que sur des dossiers concrets nous puissions donner une réponse en trois mois, claire et nette : on peut ou ne peut pas. Je veux qu'on modifie ce fonctionnement administratif parfois un peu lourd. Ce qui est simple coûte aussi moins cher. Enfin, je veux une répartition égalitaire pour les treize cantons."

Propos recueillis par Laurence Chopart et Julien Verchère

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