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Chessy : condamné pour avoir arrosé un Mc Do d'essence

le - - Faits divers / Justice

Chessy : condamné pour avoir arrosé un Mc Do d'essence
En attaquant fin avril le fast-food de Tarare dans un moment de délire, ce trentenaire voulait s'en prendre à un "symbole capitaliste".

En langage courant, on appelle ça "péter les plombs".

Un trentenaire originaire de Chessy-les-Mines a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Villefranche à dix mois d'emprisonnement avec sursis mise à l'épreuve de trois ans. Le 24 avril dernier en soirée, il s'était rendu à Tarare pour une folle expédition débutée à la pompe à essence d'un supermarché. Après avoir rempli un jerrican, il avait d'abord aspergé de liquide inflammable le mur d'enceinte d'une teinturerie, avant de se rendre au restaurant rapide Mc Donald's de la ville. Là, un impressionnant couteau de cuisine à la main gauche, il avait méthodiquement déversé le contenu du bidon sur le sol puis sur les caisses enregistreuses, avant de sortir tranquillement pour achever son "œuvre" sur la terrasse. Puis il était rentré chez lui très calmement, laissant les quelques clients apeurés et le personnel médusé.
L'audience de mardi a permis d'en savoir plus sur les motivations de l'habitant de Chessy-les-Mines, un passionné de musique fragilisé sur le plan psychologique. "J'étais en pleine décompensation, en colère contre plein de choses. Il y avait la campagne des présidentielles, je ne voulais pas que Sarkozy repasse, je ruminais contre mon ancien manager qui avait empêché mon projet artistique. J'ai tout mélangé dans cet acte délirant. Je voulais m'attaquer à un symbole capitaliste", a-t-il clairement exprimé à la barre, tout en regrettant son geste. "Je trouve ça honteux, j'aurais préféré faire une action plus intelligente, écrire une chanson par exemple. J'ai mis en scène ce moment, mais il n'y avait aucune intention d'effrayer qui que ce soit ou de faire du mal physiquement à quelqu'un. J'avais juste besoin d'extérioriser."

La question du couteau

Le président Kenette n'a pas manqué de rebondir ainsi : "Qui pouvait savoir que vous n'aviez pas d'allumettes ou de briquet, que vous n'alliez pas mettre le feu ? Vous imaginez la peur des témoins ?"
La question du couteau, une lame de 20 à 25 cm, est aussi revenue au centre des débats. "Qu'auriez-vous fait avec ce couteau si quelqu'un avait tenté de vous stopper ?", a interrogé le procureur. "Rien du tout, j'étais plein d'essence, j'avais les mains qui glissaient, je ne me serais pas défendu. Le couteau, c'était juste pour qu'on ne m'empêche pas d'aller au bout de mon action."
L'avocat de la partie civile a insisté sur le préjudice subi par la société de restauration : "Les caisses ont été abîmées par l'essence, il a fallu les changer, soit 35 000 euros. Sans compter le choc pour les employés !"
Dans ses réquisitions, le procureur a souligné le "paradoxe entre dire qu'on n'a aucune envie d'effrayer et le comportement adopté ce soir-là. Les personnes présentes ne savaient pas quelles étaient ses intentions", réclamant dix mois d'emprisonnement assortis d'un sursis mise à l'épreuve de trois ans, peine finalement infligée par le tribunal.
Au-delà de cette condamnation, l'homme devra faire face à une série d'obligations : suivre des soins psychiatriques, travailler et indemniser les victimes. Histoire de tourner la page et d'éviter tout nouveau dérapage incontrôlé.

Julien Verchère
 




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