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Charlie Hebdo : il y a cinq ans, le Beaujolais était réuni contre la barbarie

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Charlie Hebdo : il y a cinq ans, le Beaujolais était réuni contre la barbarie

Le 11 janvier 2015 des milliers de personnes très émues avaient défilé dans les rues de Villefranche pour rendre hommage aux victimes des attentats contre Charlie Hebdo, de l'Hyper Casher de Vincennes et à la policière tuée lors d'une fusillade à Montrouge

Entre 13 500 personnes selon la préfecture et 20 000 selon la mairie avaient manifesté le 11 janvier 2015 à Villefranche rassemblés pour rendre hommage aux victimes des attentats contre Charlie Hebdo et défendre la liberté d'expression. Villefranche avait alors vécu un moment historique qui restera dans les mémoires. Historique par le nombre de manifestants unis, déterminés, recueillis qui ont défilé depuis la place des Arts pour dire non au terrorisme, pour dire oui à la liberté, la liberté de penser, la liberté d'expression.

Des citoyens choqués, émus, qui avaient envie de se rassembler, de se sentir soudés face à la barbarie qui a plongé la France dans un profond émoi. Des milliers de personnes ont rendu hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, aux victimes de l'attentat contre l'Hyper Casher de Vincennes et à la policière tuée lors d'une fusillade à Montrouge. Dès 14 heures, des Caladois, des habitants du Beaujolais et des départements voisins étaient déjà nombreux place des Arts.

AFFICHETTES ET DRAPEAUX

Des milliers de personnes étaient venues de tout notre territoire, comme ce couple de Tarare avec leur fille. "Nous étions déjà là jeudi (NDLR : un premier rassemblement avait eu lieu le 8 janvier) nous tenions prêts à revenir pour témoigner de notre soutien aux victimes. Nous voulons montrer notre attachement à la liberté de la presse".

De nombreuses affichettes "Je suis Charlie", des drapeaux tricolores où l'on pouvait lire sur l'un d'entre eux "liberté chérie", ou encore des pancartes où étaient inscrits : "La France des Lumières", "Contre l'islamophobie", "Je suis Charlie, juif, policier, humain" ont été brandis par les manifestants. Rassemblés devant l'hôtel de ville de Villefranche, ils ont écouté le discours du maire qui était positionné en tête du défilé avec de nombreux élus de Villefranche et du Beaujolais, des responsables politiques et de confessions religieuses.

Après une allocution du maire, Bernard Perrut, le rassemblement s'était terminé avec la participation de plusieurs chorales qui ont chanté "Ma France" de Jean Ferrat et la Marseillaise. C'était un bel exemple d'unité.

L.C.

Cinq ans après les attentats contre Charlie Hebdo, un procès aura lieu aux assises en mai 2020. Quatorze personnes aux liens souvent très étroits avec les terroristes seront jugés.

Que ressent-on face au drame absolu ? peut-on guérir de l'innommable ? Comment tenter d'aller mieux ?

Le livre de Patrick Pelloux "Instinct de vie" (Editions Cherche midi, paru en 2017) praticien hospitalier en médecine d'urgence au Samu et par ailleurs ex-chroniqueur à Charlie avait particulièrement retenu notre attention. Et la retient toujours.

Dans une tonalité intimiste et poignante avec son expertise de médecin, Patrick Pelloux cherche une voix de reconstruction avec une volonté acharnée de comprendre et de nous transmettre un chemin vers de nouveaux appuis. De la bienveillance à la capacité de vivre avec ses souvenirs, ce livre est une méthode pour réenchanter une vie brisée.

Extraits : "J'aurais dû être à Charlie hebdo ce 7 janvier 2015. Une réunion pour mieux organiser les secours en France entre les pompiers, les urgences et le Samu avait été organisée. Si j'avais été au journal, j'aurais été abattu, évidemment. J'aurais dû être tué. Mais je n'y étais pas. Je suis arrivé après. Juste après. Lorsque j'ai été alerté, je suis parti de la réunion avec mes collègues pompiers et du Samu, devenu depuis des frères. J'ai traversé la ligne de feu des terroristes sans savoir s'ils étaient encore là. Je ne pouvais pas abandonner mes amis sous prétexte qu'il fallait sécuriser les lieux" (extrait du chapitre "Sauver les vivants").

Plus loin : "on entre : les corps sont percés de balles. Les gens sont morts- ils viennent de mourir ! Dans la culture civile face à des arrêts cardiaques, on essaie de réanimer coûte que coûte. Là il n'y a rien à faire. L'attaque contre le journal est indissociable celle de la policière Clarissa Jean-Philippe le 8 janvier et de celle contre l'Hyper Cacher le 9 janvier. Ce sont des blessures par armes de guerre, on en voyait très, très peu (lors de règlements de compte, de hold-up). Toutes ces attaques ont en commun le drame de confronter le pays à des scènes de guerre qu'il n'a pas connues depuis 70 ans et d'êtres commises par des terroristes islamistes.

Après, il faut se reconstruire. Dire que certains s'en sortent mieux que d'autres est erroné. Cela fonctionne par phases. on peut donner l'impression de très bien s'en sortir un jour. Puis, quelques jours plus tard , être au plus mal. les victimes sont toutes des personnes fragiles. Ce n'est pas un passe-droit moral ou sociétal, mais un fait. Si un attentat survient, et il y a de forts risques que ça recommence, les victimes auront des réminiscences du drame". (Extrait du chapitre "De la volonté de se reconstruire").

L.C.




Laurence CHOPART
Journaliste

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