AccueilACTUALITESFaits divers / JusticeCes vols de câbles électriques qui empoisonnent la vie des communes

Ces vols de câbles électriques qui empoisonnent la vie des communes

Câbles électriques, outillage, petit patrimoine local, et même parfois végétaux, pas une journée sans qu'une commune de l'Hexagone ne soit victime de vols divers.

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Des filières "spécialisées" se chargent du recel et de l'écoulement du butin. Si l'on ajoute les dégradations souvent inhérentes à ce type de délinquance, le phénomène suscite le ras-le-bol des maires. Le Beaujolais Val de Saône n'échappe pas à la tendance.

Les vols et dégradations se sont multipliés ces derniers mois, ciblant notamment les métaux. Depuis la mi-mai, le rythme s'est accéléré.

Des vols de câbles se sont produits à Saint-Georges-de-Reneins, Lamure-sur-Azergues (lire ci-dessous), Charnay-lès-Mâcon, Lucenay ou encore Sain-Bel et Saint-Just-d'Avray. Cette dernière commune a été la cible de dégradations au stade de football il y a une dizaine de jours. "La logette a été fracturée, les câbles sectionnés, mais les voleurs ont tout laissé sur place", nous a confié le maire Christine Galilei. La municipalité a déposé plainte à la gendarmerie de Thizy-les-Bourg. A chaque fois, c'est l'éclairage public qui était ciblé, et plus précisément les longs câbles contenant du cuivre, un excellent conducteur.

Série noire à Saint-Georges

A Saint-Georges-de-Reneins, le maire Sylvie Epinat se montre particulièrement remonté face aux agissements des délinquants. Il faut dire que sa commune a été la cible de quatre vols de câbles en huit mois, près de cinquante lampadaires ayant été vandalisés au total. L'élue du Val de Saône a même créé un tableau informatique pour tenir les "comptes"…

En septembre 2014, dix poteaux d'éclairage avaient été ouverts le long de la RD 306, à la sortie sud de la ville. Le 8 décembre dernier, ce sont six pylônes qui avaient été délestés de leurs fils de cuivre, là encore en bordure de la RD 306 (au nord cette fois-ci). Plus récemment, le 11 mai dernier, douze poteaux ont été dépouillés, toujours en bordure de la RD 306 "quasiment au même endroit que la première fois", relève Mme Epinat. Point d'orgue de cette série noire, un autre vol s'est produit deux jours plus tard, dans la nuit du 13?mai, le long de la route départementale qui mène à Montmerle. Cette fois-ci, le chiffre record de quinze lampadaires a été atteint.

Une enquête est en cours mais tout laisse à penser que ces actes sont l'œuvre de délinquants bien organisés, sur le plan matériel comme logistique. "C'est un cercle infernal. On venait de finir de réparer le long de la RD 306 et ça recommence… A chaque fois, ce sont des coûts de 7?000 à 10?000?euros", grimace l'élue. Si la commune est assurée contre ce type de méfaits, la perte financière est bien réelle. "Les experts appliquent toujours une décote en fonction de l'usure estimée, sans compter les franchises. Et surtout, plus nous signalons de sinistres, plus la police d'assurances augmente, constate le maire. C'est difficile, car le moindre euro compte par les temps qui courent."

Quelle parade ?

Au-delà de la facture pour les contribuables, Sylvie Epinat pointe du doigt ses craintes en matière de sécurité publique. Des secteurs de Saint-Georges-de-Reneins habituellement éclairés sont plongés dans le noir pour de longues semaines, voire plusieurs mois. "Cela peut s'avérer dangereux pour les piétons, les cyclistes… Sans oublier que le temps que les faits soient constatés, les fils sont parfois à nu, avec le risque qu'un enfant les touche", illustre l'édile.

Pour faire face au fléau, le maire et nouveau conseiller départemental a développé une collaboration étroite avec la gendarmerie. "Nous échangeons des informations, nous sommes en contacts réguliers", souligne Sylvie Epinat. Mais face à ce phénomène qui empoisonne la vie des communes, il n'existe pas de recette miracle.

Julien Verchère

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