AccueilACTUALITESEconomieDOSSIER - Cédric Bernard : “Participer au CES nous permet de montrer qu’on existe toujours”

DOSSIER - Cédric Bernard : “Participer au CES nous permet de montrer qu’on existe toujours”

Révélée lors du CES Las Vegas de 2019, la start-up aindinoise Proovstation, qui propose un concept de scanner d’inspection automobile, participe chaque année au salon. Rencontre avec son fondateur, Cédric Bernard.
DOSSIER - Cédric Bernard : “Participer au CES nous permet de montrer qu’on existe toujours”
© Proovstation

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Pour la quatrième année consécutive, la société aindinoise Proovstation participe au Consumer electronic show de Las Vegas. Un rendez-vous stratégique pour cette entreprise pour qui le marché américain représente une opportunité de développement dans les mois à venir. Les explications de son fondateur, Cédric Bernard.

Pouvez-vous nous rappeler ce que propose Proovstation ?

Nous avons conçu un scanner automobile high tech qui, avec l’aide de l’intelligence artificielle, vient automatiser l’inspection d’un véhicule. C’est en général un processus très chronophage et fastidieux qui prend jusqu’à 30 minutes. Avec l’automatisation, cela prend une minute pour repérer tous les détails esthétiques de la voiture.

Depuis quand développez-vous ce concept ?

Nous avons annoncé le projet lors du CES de 2019, puis sa commercialisation lors de celui de 2020. Depuis nous déployons notre solution dans neuf pays, en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique du Nord.

Quel intérêt représentait le CES pour lancer votre activité ?

Il faut savoir que le CES, qui s’appelle le Consumer electronic show, est aussi connu sous le nom de “car electronic show”. Parce que tous les grands constructeurs y sont présents. On y rencontre beaucoup de prospects et de clients là-bas. On a aussi accès au top management de ces entreprises. C’est le plus gros salon technologique du monde. On a un accès direct à ces gens. Nous avons pu démarrer une petite phase de commercialisation aux USA par ce biais.

Pourquoi continuez-vous à y participer depuis votre première fois en 2019 ?

Pour nous, cela permet de nous maintenir et de montrer qu’on existe toujours. Beaucoup exposent une fois et ne reviennent plus. Par conséquent, les prospects ne savent pas si vous êtes encore en vie ou non. On peut y présenter nos dernières innovations technologiques à des clients qui nous suivent depuis deux ou trois ans. Ils peuvent voir les évolutions et les avancées que l’on propose et maintenir le contact avec nous.

Justement, puisque vous y êtes de nouveau cette année, quelles avancées présentez-vous en 2022 ?

Il s’agit de la toute dernière version du scanner de Proovstation. C’est un gros changement pour nos clients. Technologiquement, jusqu’ici on utilisait des photos monochromes qui permettaient de mieux voir les dommages sur les véhicules. Mais avec l’évolution technologique, nous pouvons à présent le faire en couleur et permettre aux clients de commercialiser de nouveau directement leur véhicule. En termes de précision et de détection, on peut désormais tout voir et s’adapter. Par exemple, en Espagne, où l’ensoleillement est plus fort, on trouve des phares polis par le soleil. Une donnée qui n’était pas récurrente dans d’autres pays. A présent on peut l’intégrer dans la base et déployer de nouvelles briques algorithmiques. Maintenant vous pouvez aussi vendre de manière automatisée une voiture de cette façon. On présente également lors de ce CES un scanner automatique pour voir l’usure des pneus que l’on a développé avec Michelin. C’est un complément à l’inspection du véhicule et nous avons souhaité le faire avec une entreprise qui avait 130 ans d’expérience dans le domaine.”

© Proovstation

Vous avez dernièrement noué un partenariat avec le loueur automobile Sixt. Ce type de cible marque un tournant dans votre stratégie de développement.

Au début, nous étions très orientés BtoB. Nous visions les centres logistiques, les constructeurs automobiles ou les centres de reconditionnement. Nous ne touchions pas trop aux particuliers. Là, avec Sixt, on arrive chez eux. Ces entreprises ont vocation à améliorer leur expérience client et un outil d’inspection automatique le leur permet.

Pouvez-vous nous parler de votre développement en quelques chiffres clés ?

Aujourd’hui, on a commercialisé entre 90 et 100 systèmes. Nous avons plusieurs gros contrats en cours et une quinzaine de clients. Cela représente une multiplication par trois. Nous avons une cinquantaine de collaborateurs en Europe et une commercialisation qui devrait commencer cette année aux USA.

Pour en revenir au CES, vous qui avez pu y être à plusieurs reprises, qu’est-ce qui rend ce salon si différent des autres ?

C’est ce qui se fait de plus qualitatif. Nous avons commercialisé grâce à ce salon et même emmené des clients là-bas. C’est sur place que nous avons rencontré Florent Menegaux, le dirigeant de Michelin, qui est passé sur notre stand. Je n’ai vu ça que sur ce salon. C’est vrai aussi que le CES, contrairement à d’autres salons du même type, est le seul à être connu à ce point en Europe. Il permet de mettre vraiment un pied aux USA et de démarrer une commercialisation. Nous avons aussi pu nouer un partenariat avec le constructeur de cartes graphiques Nvidia, ce qui nous intéresse pour les dernières technologies en matière de caméras. Il y a également un impact média très intéressant.

Comment faites-vous pour vous distinguer au milieu de toutes ces start-ups françaises qui font le déplacement ?

En un coup d'œil, on nous remarque. Nous avons pour habitude de nous rendre dans une casse, à côté de Las Vegas, pour y récupérer des capots de voiture et autres pièces que l’on met sur notre stand. Un constructeur automobile qui voit ça se dit “tiens, il y a un truc en lien avec mon métier”. C’est à nous d’être proactifs, de nous préparer, de planifier des rendez-vous en amont, aussi. Quand des médias passent, il faut aller les chercher.

Vous êtes partis à chaque fois avec la délégation de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Pourquoi ce choix ?

Tout est organisé, c’est très bien fait. Il y a des webinars d’information en amont. Ils sont présents avant, pendant et après le voyage pour nous conseiller. Ils donnent également une aide financière intéressante selon la maturité de la start-up. C’est un voyage qui est quand même cher. Pour toute la gestion de l’organisation, c’est vraiment nickel. Cela pousse aussi les innovations dans la région avec une mise en avant sur les réseaux sociaux et dans les médias. Ils ramènent également de potentiels prospects, des responsables politiques qui sont susceptibles de nous aider. Il y a de nombreux avantages.

Comptez-vous y retourner de nouveau dans les années à venir ?

Bien sûr. Cela fait deux ans qu’on se dit qu’on ira avec un scanner et une voiture. Mais dans la mesure où avec la crise sanitaire il y a moins de monde depuis quelque temps et que le coût logistique est important, on se dit qu’on le fera plutôt l’an prochain. On souhaite vraiment maintenir le contact, présenter nos innovations et nous donner des opportunités de raconter notre histoire.

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