AccueilACTUALITESPolitiqueCécile Cukierman : "Redonner des moyens pour la formation professionnelle"

Cécile Cukierman : "Redonner des moyens pour la formation professionnelle"

Tête de liste pour les partis La France insoumise, Générat climat, Ensemble ! et le Parti communiste français, Cécile Cukierman, également sénatrice de la Loire, est engagée depuis 2004 dans les instances de la Région.
Cécile Cukierman :
Photo : Niko Rodamel

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Pourquoi avez-vous fait le choix de construire cette liste commune Génération climat, Ensemble !, La France insoumise et le Parti communiste ?

Très tôt avec la France insoumise (LFI), nous nous sommes retrouvés tant sur le fond que sur la forme. Nous avons à cœur, les uns et les autres, de défendre la gauche, cette gauche sincère, celle qui prend des engagements pour les citoyennes et les citoyens, qui se mobilise. La gauche qui n'hésite pas à engager des rapports de force pour satisfaire ces engagements populaires : la vie sociale, l'égalité, la démocratie et le mieux-vivre ensemble.


"Trois grandes priorités : le travail, la création d'entreprises et le développement et la qualité des emplois, donc de la justice sociale"


Sur le volet économique, quelles sont vos priorités ?

Il y a trois grandes priorités : celle du travail, de la création d'entreprises et du développement et de la qualité des emplois, donc de la justice sociale. On en a besoin, d'autant plus dans une région aussi grande que la nôtre où l'on se rend compte que l'hyper-métropolisation fait que les gens sont de plus en plus éloignés de leur lieu de travail. La priorité est de remettre la création d'emplois dans les territoires. Pour cela, il y a besoin d'aider, d'injecter de l'argent public, mais il faut que cet argent soit utile et efficace, au service de l'intérêt général. A un moment donné, oui la Région donne, mais elle doit accompagner les entreprises, quelle que soit leur taille. On doit être dans un rapport gagnant-gagnant. A la fin de l'année, on fait les comptes : à quoi a servi l'argent public ? L'argent a permis de créer de l'emploi, d'accord. Il a permis de lancer de nouvelles lignes de production, d'acheter des machines, d'augmenter les salaires, de mieux former les salaires, d'accord. En revanche, si cet argent sert à reverser de l'argent aux actionnaires, dans ce cas on arrête de verser des aides régionales. Ce que je souhaite, c'est que la Région gagne en efficacité, mais aussi en simplicité. Il ne s'agit pas de déballer les secrets industriels des entreprises, mais de dire que ceux qui trichent et ne respectent pas le pacte ne peuvent le faire au détriment des autres.

Ces aides publiques concernent-elles aussi celles engagées dans le cadre de la relance ?

Pourquoi est-ce que l'on veut toujours distinguer les choses ? La règle est la même pour tous. La Région recapitalise une partie de ces aides vers celles de la relance. Le conseil régional n'a pas enregistré de recettes supplémentaires, plan de relance ou pas. La question ne concerne pas le montant des aides, mais leur utilisation. Je ne m'oppose pas à ce qu'il y ait du cash qui soit distribué aux entreprises, mais au nom du plan de relance, on pourra quand même s'interroger a posteriori pour savoir si les entreprises ont joué le jeu ou ont redistribué de l'argent à leurs actionnaires. Tout le monde est choqué quand on dit que l'on veut contrôler l'aide versée aux entreprises, mais jamais quand il s'agit de l'aide sociale.

Quels sont vos objectifs en termes de formation professionnelle ?

Réduction du budget de plus de 220 M€, donc de l'offre, des choix de la formation professionnelle et de leur territorialisation… la formation professionnelle est la grande perdante de la mandature de Laurent Wauquiez. A force de vouloir baisser le budget de la formation professionnelle par principe et par dogme, on en est arrivé à fragiliser les femmes et les hommes et leur capacité à se former. Tout le monde n'habite pas en ville, à proximité des lieux de formation. Nous voulons redonner des moyens pour la formation professionnelle, permettre à chacun de pouvoir se former en revenant à une logique de territorialisation par bassin d'emploi. Tout le monde ne se formera pas demain aux métiers du numérique. Il faut une politique humaine, la Région ne peut pas investir uniquement dans la pierre ou les machines. Encore une fois, l'efficacité de l'argent public doit se trouver dans tous les champs.


"Travailler avec les entreprises sur le développement du fret ferroviaire et fluvial"


En termes de mobilité, comment trouver un équilibre entre les zones rurales et urbaines, tout en gardant le cap environnemental ?

Je suis pour une écologie populaire qui, bien évidemment, doit permettre de préserver les ressources, dont l'eau. La Région doit développer le transport public. On l'a tous vu lors du premier confinement. Quand il y a moins de camions et de voitures sur les routes, la nature reprend ses droits. On a besoin de plus de trains, d'électrifier plus de lignes, d'amener de l'hydrogène décarboné. La Région n'a pas la compétence sur le fret ferroviaire, mais elle a la compétence sur le plan économique et est en relation avec les intercommunalités sur ce point. Il faut agir sur cette réalité aujourd'hui et maintenant, travailler avec les entreprises sur le développement du fret ferroviaire et fluvial.

Pourquoi vouloir la gratuité des repas dans les cantines des lycées ?

C'est une nécessité. Nous sommes en train de finaliser l'impact sur le budget de la Région. Un enfant qui mange bien est un enfant qui a plus de chances de réussir. L'heure et demie qu'a le lycéen pour manger, celui qui n'a pas le temps de rentrer chez lui pour le déjeuner, doit être de qualité. Je trouve insupportable que la nourriture soit aujourd'hui un facteur d'exclusion sociale. C'est aussi une question d'égalité territoriale. Cela passera par une meilleure collaboration avec les agriculteurs et producteurs locaux, et donc une sécurisation des matières agricoles. La question de la commande publique se pose ici.

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