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Cars du Rhône : la colère gagne du terrain

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Cars du Rhône : la colère gagne du terrain
© Franck Chapolard

Le témoignage de Mme Valet illustre bien cette forme de désarroi face au nouveau schéma?: grossièrement résumé, du transport à la demande pour remplacer les nombreux arrêts supprimés sur les lignes régulières.

"Nous étions souvent comptés l'an dernier dans le bus, je me doutais du fait qu'il y allait avoir du changement, mais je suis quand même furieuse. La ligne 265 j'ai l'impression qu'elle existe depuis toujours", exprime cette habitante de Pommiers. "J'habite au cœur du village et je n'ai pas de voiture. J'utilisais les cars du Rhône au moins deux fois par semaine pour me rendre à Villefranche. Avec le nouveau schéma, je ne peux plus. Quant à mon fils, il faisait l'aller-retour tous les mercredis et vendredis soir pour aller aux Jeunes sapeurs-pompiers en Calade. Et maintenant, il n'y a plus aucun bus en fin d'après-midi", se désole Michèle Valet, qui, au-delà de son cas personnel, déplore cet état de fait. "Les personnes âgées qui avaient notamment l'habitude d'aller au marché couvert vont être découragées par le nouveau système, trop compliqué pour elles. Et les ados qui prenaient ces bus pendant les vacances scolaires pour voir leurs copains ou participer à des activités à Villefranche ?", interroge-t-elle. "Le transport à la demande, ce n'est pas une alternative efficace, avec pour mon cas un point de dépose au bord de l'ex RN6, entre Anse et Villefranche, pour reprendre un bus allant dans un sens ou l'autre. Je l'ai fait une fois, j'ai dû guider moi-même le chauffeur de taxi jusqu'à l'arrêt de bus… En terme de contraintes horaires, c'est compliqué à faire coïncider avec une organisation personnelle. Sans oublier cela empêche toute improvisation", grimace Michèle Valet, qui ne pourra par exemple plus garder ses petits-enfants au pied levé à Villefranche lorsque sa fille l'appelle en urgence le matin pour l'après-midi. A peine plus à l'ouest, c'est la modification de l'ex-ligne 202 Villefranche Tarare qui fait l'objet de sévères critiques. "Les quatre communes de Pouilly-le-Monial, Jarnioux, Ville-sur-Jarnioux et Theizé ne sont plus desservies que par le transport à la demande", regrette une habitante de Jarnioux. "Auparavant, il me fallait vingt minutes pour aller en bus à Villefranche, désormais ce sera minimum une heure ! Le transport à la demande va me déposer à Bagnols, alors que le plus logique aurait été Liergues", estime-t-elle avant de conclure?: "Dans tous nos villages, beaucoup de gens sont surpris par ces décisions. Ils ont l'impression d'être délaissés". Reste à savoir si ce large mouvement d'humeur (lire notre encadré) incitera le Département à revoir sa copie. Le système étant déjà opérationnel, est-il seulement encore possible pour les Cars du Rhône d'enclencher la marche arrière ? Julien Verchère




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