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Bugey : la Cuivrerie du Cerdon, un musée chargé d’histoire

Au Bugey, la Cuivrerie Cerdon renaît de ses cendres. Racheté par le département, il y a quatre ans, cette ancienne usine spécialisée dans la fabrication d’objets en cuivre est aujourd’hui un musée.
La Cuivrerie du Cerdon à Bugey est aujourd’hui un musée, témoin du savoir-faire industriel à la Française.
(© Aletheia Press / C.Dalsbaek) - La Cuivrerie du Cerdon à Bugey est aujourd’hui un musée, témoin du savoir-faire industriel à la Française.

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En 2018, le Département de l’Ain se lance un pari fou : racheter la Cuivrerie Cerdon au Bugey, fermée depuis une quarantaine d’années, pour la transformer en un musée. « Il est possible d’apparenter cela à du tourisme industriel. L’idée, au travers ce musée, c’est de plonger les visiteurs dans les années 1800 afin de leur montrer comment fonctionnait, en conditions réelles, une cuivrerie et rappeler que côté industrie, la France était en plein essor » introduit Anne-Sophie Secondi, directrice générale du GIP (groupement dintérêt public) Cerdon Vallée de lAin.

Pour ce projet d’envergure, le Département de l’Ain a mis la main à la poche : 5 M€ ont été nécessaires à la réhabilitation. « Toutes les machines ont été entièrement réhabilitées et fonctionnent. Par exemple, les trois roues à augets, que vous pouvez observer là-bas, sont en états et activent tout le circuit hydraulique de la Cuivrerie pour mettre en mouvement les machines » assure Anne-Sophie Secondi.

Un savoureux mélange entre ancien et modernité

Ainsi, depuis le 8 octobre dernier, date de l’inauguration du musée, les visiteurs peuvent découvrir ces machines réhabilitées. « Nous avons embauché des démonstrateurs, que nous avons formés durant la réhabilitation du site. À l’entrée, il est par exemple possible d’observer la technique du repoussage et l’utilisation de la presse américaine, entre autres » pointe la directrice générale du GIP.

Et pour une expérience immersive optimale, le Département de l’Ain n’a pas lésiné sur les moyens. La vieille dame fondée en 1854 est aujourd’hui équipée de tablettes et de casque en réalité augmentée. « Ces deux technologies viennent en complément des démonstrations. Elles permettent de découvrir l’histoire de la Cuivrerie, mais aussi de la vallée du Cerdon » confie Anne-Sophie Secondi. Dautant quil y a de nombreuses choses à découvrir, tant lhistoire de la Cuivrerie de Cerdon est riche.

À l’intérieur du musée, des démonstrations sont réalisées avec les outils et machines de l’époque. (© La Cuivrerie du Cerdon)

Une histoire très riche

La Cuivrerie de Cerdon a traversé les époques et les continents. Fondée en 1854 par la famille Main et Fils, cette usine s’est d’abord spécialisée dans la fabrication d’ustensiles pour la cuisine du quotidien. Mais au fil des années, l’entreprise a gagné en notoriété, notamment grâce aux savoir-faire de ses ouvriers. Très vite, le nom de « Cuivrerie Cerdon » s’est exporté.

« Au milieu du 19e siècle, la soierie est la première industrie exportatrice de l’économie française. Lusine décide alors de se lancer dans la production de machines pour extraire le fil de soie, relate Anne-Sophie Secondi. À cette époque, les mérites des appareils de Cerdon, déjà utilisés au sein des Soieries Bonnet de Jujurieux, attirent lattention de lingénieur français Paul Brunat mandaté par le gouvernement japonais pour superviser à Tomioka la construction de la première filature moderne dEtat. » L’ingénieur commande ainsi à Cerdon 300 tables à filer.

(© La Cuivrerie du Cerdon)

La Cuivrerie approvisionnera également tout le monde oriental en plateaux, brûle-parfum, théières, lampes et étriers pour les parades équestres. Mais au 20e siècle, la révolution industrielle se termine. En 1950, les ouvriers ne sont plus que 20. À partir de 1965, c'est la récession, la concurrence étrangère se fait pressante. Les conditions de productivité ne sont plus réunies, le matériel ne peut plus être renouvelé. En 1973, il ne reste que 10 ouvriers, 3 en 1979. La liquidation de biens est prononcée, l'usine semble définitivement condamnée. Mais c’était sans compter sur l’ouverture du musée. La boucle est bouclée.

Pour Aletheia Press, Christel Dalsbaek

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