AccueilACTUALITESPolitiqueBruno Bonnell : "Faire de la Région une championne du savoir, savoir-être, savoir-faire"

Bruno Bonnell : "Faire de la Région une championne du savoir, savoir-être, savoir-faire"

Créateur de la société Infogram, présente dans 57 pays et numéro 2 mondial du jeu vidéo, Bruno Bonnell a connu "de grands succès et des échecs", lui conférant une carrière de chef d'entreprise reconnue et lui permettant de rebondir aujourd'hui en politique.
Bruno Bonnell :
Photo : Didier Michalet

ACTUALITESPolitique Publié le ,

Qu'est-ce qui vous a poussé à rejoindre Emmanuel Macron ?

J'ai passé 35 ans de ma vie à faire de l'entrepreneuriat, dans le numérique essentiellement et de façon internationale, et je suis député LREM depuis quatre ans. J'ai rejoint Emmanuel Macron alors que je n'avais jamais été encarté dans aucun parti. J'ai longtemps attendu cette vision de transformation de société. Pour des raisons de prise de conscience écologique, de développement du numérique et pour des raisons géopolitiques, on est dans un prisme de transformation de notre société. Le changement de référentiel d'Emmanuel Macron m'a paru être la bonne plateforme pour transformer notre société. Je veux appliquer au niveau de la Région ce que nous avons décidé d'appliquer au niveau national.

Entrepreneur avant tout, comment pensez-vous soutenir les entreprises ?

Le poste de président de Région associe le besoin d'une vision politique et la rigueur de son exécution, qui relève du profil entrepreneurial. La Région doit être un catalyseur et un accélérateur : soutenir des initiatives et donner la structure territoriale pour rendre les choses possibles. On ne peut pas espérer former, travailler, avoir accès à des technologies et à l'industrie 4.0 sans la 5G et une couverture totale en 4G. La Région doit veiller à ce que ce maillage des autoroutes de l'information soit complet, car ce sont les clés du désenclavement de demain.

Vos prérogatives portent sur les infrastructures...

Oui. Ce que veulent les entrepreneurs, ce sont des infrastructures, une qualité de vie pour attirer des employés qualifiés et, surtout, qu'on leur fiche la paix et qu'on les laisse se développer. Ceux qui ne viennent pas du monde de l'entreprise ont l'impression qu'en faisant un chèque aux entreprises, ils vont innover, alors qu'il faut en réalité donner un cadre à ceux qui innovent. Ma Région m'a été utile quand elle a favorisé les gares TGV ou soutenu des formations d'excellence me permettant de recruter. Nous voulons arrêter cette course qui réduit les habitants de cette région à des acteurs économiques. Toutes les décisions d'investissement, de subvention, de fonctionnement le seront sous le prisme de faire de la Région une championne du savoir, savoir être, savoir-faire.


"La culture fabrique l'identité d'un territoire"


Comment cela se matérialise-t-il dans votre programme ?

Le savoir, c'est la culture et la formation. La culture fabrique l'identité d'un territoire. Nous allons lui donner le plus gros budget devant le budget des infrastructures et du transport, afin d'investir dans la création artistique de façon massive : pour la danse, la musique et auprès des artistes et créateurs. Concernant le savoir-être, pour répondre aux problèmes de délinquance et enjeux de sécurité, il faut réincorporer dans les missions de la Région celle du civisme. Nous souhaitons que toute la classe d'âge de 16 ans, soit 100 000 jeunes, passe chaque année par le Service national universel, afin que, dans six ans, on commence à changer le cœur des villes et banlieues, les mentalités. Nous allons aussi mener des actions de prévention sur les maladies sexuellement transmissibles et l'addiction. Il y a une dérive de la société, qui ne fait pas attention à elle. On n'en parle pas assez, mais cela perturbe les rapports humains. Nous allons booster un plan du sport, pour une société en meilleure santé.

Et concernant le savoir-faire ?

Il faut s'assurer de ne pas perdre les savoir-faire du territoire, en conservant et soutenant les entreprises d'exception et en encourageant l'initiative dans les domaines d'avenir. Nous avons un savoir-faire d'électrolyse dans les Alpes, donc celui de fabriquer de l'hydrogène décarboné, nous avons un savoir-faire nucléaire dans la Drôme, donc nous pouvons le conserver, nous sommes capables de fabriquer des moteurs à Clermont-Ferrand, des véhicules dans la région lyonnaise avec Volvo, et nous sommes capables de penser les locomotives du futur avec Alstom. Notre stratégie, c'est de projeter nos compétences dans les métiers de demain. Je peux refaire cette démonstration sur toutes les filières, forêt comme industrie.

Le premier budget sera dédié à la culture, à combien s'élèverait-il ?

On détaillera cela en temps utile, car on est dans la construction des budgets. Nous sommes aussi confrontés à un problème : la constitution du budget est tellement obscure que j'attends d'être président de Région pour détailler cela, car il y a des zones d'ombre. Comme on n'arrive pas à avoir les informations, je ne vais pas prendre un engagement que je ne tiendrai pas. On a une stratégie avec le savoir au cœur, donc on mettra les moyens qu'il faut. Je n'ai pas envie de partir sur des promesses de chiffres.


"L'écologie, ce n'est pas un programme politique, c'est la nouvelle révolution industrielle"


Quels sont les points clés de votre programme ?

Dans les 30 jours, donner un chèque de 50 € à tous les foyers pour qu'ils l'utilisent sur le territoire, soit 100 M€ qui reviendront booster l'économie dans le domaine du tourisme. Dans les 30 mois, nous vérifierons chaque dossier pour voir où il en est, dans les 30 ans, nous vérifierons si le cap défini est compris par tous. Notre objectif ultime étant de créer une Région autour du triptyque "prospérité-équité-fraternité".

Pouvez-vous être plus précis sur les premiers chantiers à mener ?

Il y a quelques lignes symboliques à mettre en haut de l'affiche, comme assurer une fluidité du trafic ferroviaire entre Lyon et Saint-Étienne, et la ligne Lyon-Clermont qui doit être rénovée et accélérée. Cette ligne est vitale. Nous allons analyser toutes les lignes de transport et voir comment y projeter un cap économique.

Quelles sont alors vos priorités économiques ?

Il n'y a pas de priorité économique. Par définition, la priorité économique, c'est la confiance que l'on amène aux entrepreneurs et sociétés pour qu'ils développent leurs activités sur notre territoire. Je ne vais pas choisir entre l'automobile et la plasturgie, qui se réinventent tous les jours. Ce sont eux les experts, pas la Région. Je vais les aider à regarder vers demain.

Quelle est votre vision du développement durable ?

Ma vison est celle d'une région décarbonée avec le maintien du nucléaire, du renouvelable, de l'énergie éolienne. L'écologie, ce n'est pas un programme politique, c'est la nouvelle révolution industrielle. Toutes les politiques ont intégré que la gestion des ressources doit être différente. On soutiendra la transition énergétique, par exemple en développant les télécommunications dans le secteur agricole. On doit apporter des outils aux gens qui feront cette révolution et ne pas se substituer à eux.

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