AccueilACTUALITESFaits divers / JusticeBousculades, insultes : le quotidien violent d'un couple d'Odenas face aux juges

Bousculades, insultes : le quotidien violent d'un couple d'Odenas face aux juges

Un homme de 40 ans comparaissait libre devant le tribunal correctionnel de Villefranche, mardi 10 janvier, pour des faits de violences habituelles sur sa conjointe.
La salle d'audience du tribunal judiciaire de Villefranche.
© Simon ALVES - La salle d'audience du tribunal judiciaire de Villefranche.

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Les violences conjugales sont le lot hebdomadaire du tribunal de Villefranche-sur-Saône. Le mardi 10 janvier dernier n'a pas fait exception à la règle. Un homme de 40 ans, domicilié à Chatillon chez ses parents mais précédemment à Odenas, comparaissait pour des faits de violences habituelles sur sa conjointe. Des faits qui se sont produits entre les mois d'août 2019 et 2022. Il avait également une carabine 22 mm et deux boîtes de munitions qui lui ont été retirées.

C'est le dépôt de plainte de sa conjointe, le 3 août 2022, qui a déclenché le processus judiciaire. La femme, âgée de 50 ans, a déclaré aux gendarmes que dès le début de leur relation, en 2007, celle-ci s'est révélée "compliquée". Un quotidien fait de bousculades et d'insultes.

Des violences verbales, psychologiques et de rabaissements, parfois devant leurs deux enfants et, depuis quatre ans, tous les soirs et week-ends. Elle dénonce globalement une emprise. De son côté, le prévenu reconnaît certaines violences mais nuance en disant qu'elles sont réciproques et non habituelles. Celles-ci se feraient même en réponse à madame car "elle lui crache dessus".

Une enquête de voisinage réalisée a permis d'établir qu'une voisine a déjà vu la conjointe se réfugier chez elle suite à une dispute en 2021. Entendus, les enfants confirment le climat de tensions important. La fille parle de coups de la part de son père sur sa mère. Le fils, en revanche, évoque des violences réciproques.

Appelé à s'expliquer à la barre, le prévenu a expliqué que les violences existent surtout depuis son accident de travail en 2019 qui l'a amené à être plus souvent à la maison. Il a reconnu avoir frappé dans un mur et cassé une porte en s'énervant parce que ses enfants se chamaillaient.

Selon lui, le couple aurait dû se séparer depuis longtemps. Concernant les accusations de violences psychologiques, il assure n'avoir jamais dénigré sa conjointe. Cette dernière a également été entendue par le président du tribunal, Cédric Antoine. Elle a ajouté qu'il essayait de lui prendre son téléphone portable et qu'il l'avait déjà bousculée devant sa famille.

"On juge des chamailleries !"

Le jeu des questions-réponses entre les avocats des parties présentes et le prévenu et la plaignante a donné lieu à des échanges parfois musclés. "Quel âge avez-vous madame ? 50 ans ? 10 ans de plus que monsieur ! Pourquoi vous n'êtes pas partie ?", a notamment attaqué avec force Me Aude Betzler, qui défendait les intérêts du conjoint. "Parce que j'avais peur", lui a-t-elle répondu. "Peur de quoi ? Il ne vous tapait pas !", a renchéri l'avocate.

Par la voix de son avocate, qui a insisté sur le caractère psychologique des violentes minimisé par la partie adverse, la plaignante a réclamé 5 000 € au titre du préjudice psychologique. Le procureur, Henry de Poncins, qui a noté le fait que les violences étaient réciproques, a requis six mois avec un sursis probatoire de deux ans, obligation de soi, travail et obligation d'effectuer un stage de prévention sur les violences conjugales.

Dans son style "énergique", Me Betzler a défendu son client. "On juge des chamailleries, a-t-elle argué. L'emprise, c'est une notion de honte pour le féminisme. Par nature, on est une victime ?" Pour elle, son client "n'est pas une menace". Elle a donc réclamé qu'il soit puni d'un stage de citoyenneté.

Le tribunal a reconnu le prévenu coupable des faits reprochés et l'a condamné à trois mois de prison avec sursis simple de cinq ans. Il devra également suivre un stage de sensibilisation et payer 800 € de dommages et intérêts. Sa carabine est confisquée et il ne peut plus détenir d'arme.

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