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Blédina va perdre ses Cracotte et Craquinette

C'est avec une grande consternation qu'Eric Dufour, délégué syndical et depuis vingt-six ans chez Blédina, a annoncé mardi la fin de la production des Cracotte et Craquinette pour fin 2013 "qui représente 35 % de notre activité.

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Le contrat de sous-traitance entre Blédina et le groupe américain Kraft Food va s'arrêter", assure Eric Dufour. Et la première inquiétude concerne bien sûr le personnel. "Quid des emplois et de l'avenir de l'usine qui va se retrouver fragilisée ?", lance Christine Carano, élue CGT. Les syndicalistes avaient prévenu il y a tout juste un an en déclarant dans nos colonnes. "Pour la première fois, il y a soit un renouvellement partiel du contrat en ce qui concerne l'activité Cracotte, soit une hypothèse de fin de contrat, alors que financièrement cela fonctionne. Cela ne va pas tenir", avait alerté Eric Dufour qui espérait alors plus de promotion sur tous les produits fabriqués ici à Villefranche. "Depuis que Kraft nous a rachetés en 2007, l'activité a diminué d'un quart", avait souligné il y a un an Eric Dufour.
Une quarantaine de personnes travaillent à l'usine de Villefranche à la production des Cracotte et Craquinette. En ce qui concerne les Cracotte, une seule ligne tourne en quatre jours par semaine. D'après le syndicat, les salariés sont très inquiets de leur avenir et n'ont pas confiance en la direction qui mise beaucoup sur le développement des céréales infantiles pour tenter de sauver les emplois. Mais là aussi les syndicalistes sont perplexes. "La direction nous a promis que les volumes céréales allaient augmenter, or on note à fin avril 2012 une baisse de 7 % par rapport à 2011", fait remarquer Eric Dufour.

Franck Riboud, ?destinataire d'un courrier

Pour Michel Catelin, porte-parole de la CGT à Villefranche, une question importante se pose également : Est-ce que le siège social a vocation à rester à Villefranche, sans activité conséquente sur le site caladois ? "Le service informatique a déjà été délocalisé à Paris", souligne Christine Carano. La CGT Blédina a adressé une lettre à Franck Riboud, lui demandant de rencontrer les salariés le 12 juin, lors de sa venue à Lyon dans le cadre d'une remise de prix à des acteurs de l'économie. Les salariés espèrent obtenir des explications et surtout des pistes pour leur avenir. "En attendant, ils étudient les possibilités de postes dans le groupe ou commencent à monter des projets personnels", ont fait savoir Eric Dufour et Christine Carano.

La direction assure ?la pérennité du site

Contactée mardi, la responsable de la communication externe et porte-parole de Blédina affirme qu'il n'y aura pas de licenciements. "Le contrat avec Kraft a été prolongé jusqu'à fin 2013, on se prépare maintenant à un nouveau contexte sans Cracotte et Craquinette. Nous travaillons au développement de l'activité céréales infantiles, nous tablons sur de gros volumes notamment en Afrique où le marché s'avère prospère." Un groupe de travail (directeur des ressources humaines, production, service marketing et représentants du personnel) est dévolu au développement de la partie céréales. Celle-ci constitue les deux tiers de l'activité de l'usine caladoise. "Blédina est leader en France des céréales infantiles." Va-t-elle le rester ? Pour la porte-parole de Blédina, "la pérennité de l'usine est assurée". Pour combien de temps ?

Laurence Chopart


* Activité Cracotte et Craquinette : 5 000 tonnes par an. Céréales : 10 000 tonnes par an. Effectif total de l'usine sur la partie production à mai 2012 : 138 personnes (contre 183 personnes en janvier 2009). Siège social : 350 personnes.

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