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Beaujolais - Paysages viticoles en sursis

La crise qui touche le vignoble du Beaujolais depuis 2005 a eu pour conséquences l'arrachage massif de vignes.

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"Entre 2004 et 2011, la surface physique du vignoble est passée de 23 542 hectares à 19 092 hectares", précise Pascal Hardy, responsable du pôle viticole à la Chambre d'agriculture du Rhône. En sept ans, le Beaujolais a donc perdu 7 % de ses surfaces en vignes. "A ce chiffre il faut rajouter celui de 500 hectares perdus entre 2010 et 2011", ajoute Pascal Hardy. Ce sont surtout les vignes en appellation beaujolais et beaujolais-villages qui sont concernées par ces pertes de surfaces. "Certaines communes du Beaujolais sud ont perdu la moitié de leur potentiel en vignes", ajoute Pascal Hardy. L'arrachage a tendance à diminuer mais il se pratique toujours de manière parcellaire, même si les aides du Conseil général octroyées aux viticulteurs ont cessé en 2009 et celles de France-Agrimer en 2011. Ces campagnes d'arrachage avaient permis de limiter la surproduction de beaujolais et beaujolais-villages liée à la mévente. Les zones les plus touchées ont concerné le Beaujolais sud : Denicé, Lacenas, Rivolet, Le Bois-d'Oingt, etc. Puis les questions liées à la reconversion ont suivi. Mais on ne peut pas conclure à ce jour à une reconversion massive des parcelles de vignoble arrachées. "Une majorité des parcelles a été reconvertie en prairie", fait remarquer Pascal Hardy. Mais les parcelles de sorgho et de blé ne sont pas rares. "Certains céréaliers louent des terres aux propriétaires. On note aussi quelques initiatives en ce qui concerne des cultures plus rares comme celle du safran ou de chênes truffiers. Sur le canton d'Anse, des viticulteurs ont pu replanter des arbres fruitiers, mais cela reste également marginal. D'autres replantent des cépages pour produire des effervescents ou des blancs." La remise en culture de vignes peut être donc une voie de réaffectation de surfaces arrachées. Par contre, les parcelles en coteaux très pentus présentent un risque de rester en friches, aucune culture n'étant possible.
En parallèle à cette mutation de paysage viennent se greffer des problèmes économiques et humains. "C'est une activité économique, un outil de production et un savoir-faire qui disparaissent, constate amer Pascal Hardy. Les organisations viticoles veulent redresser la barre, mais on ne voit pas trop la sortie du tunnel. Du côté de la production, d'une part il faut qu'on essaie de redonner du dynamisme en favorisant des installations et d'autre part il est indispensable d'ouvrir un vaste chantier de la transmission des exploitations."

Laurence Chopart

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