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Beaujolais nouveau : les volumes de vins vendus en chute libre

le - - Viticulture

Beaujolais nouveau : les volumes de vins vendus en chute libre
(D.R.)

Dans un peu moins de deux semaines, l'arrivée du beaujolais nouveau marquera la naissance du millésime 2014.

Si les fêtes liées au "déblocage" du troisième jeudi de novembre s'annoncent grandioses, ce moment de réjouissance populaire ne doit pas occulter la réalité économique. Celle d'un marché morose, marqué par la chute des volumes de "nouveau" commercialisés et des prix pas vraiment orientés à la hausse.
"C'est sûr qu'on n'est pas débordés par les coups de fil", image Georges Després, viticulteur à Saint-Etienne-des-Oullières, loin d'être le seul à constater l'apathie générale sur le marché des beaujolais et beaujolais-villages nouveaux.
Un sentiment que les chiffres de ventes en vrac viennent confirmer. Bruno Mallet, vice-président d'Inter Beaujolais, décrypte la situation. "Nous constatons que les prix se sont tenus par rapport à 2013, avec la semaine dernière un prix moyen à l'achat de 217,80?euros pour les beaujolais nouveaux et de 226,50 euros pour les beaujolais-villages nouveaux. A titre de comparaison, la campagne s'était achevée en 2013 sur un prix moyen de 220,48 euros pour les beaujolais nouveaux. La mauvaise nouvelle, c'est que les volumes ne sont pas là…", résume M.?Mallet, par ailleurs à la tête de la maison de négoce Aujoux. "Le marché est quasiment bouclé, avec au plus quelques centaines d'hectolitres qui s'échangent quotidiennement. On peut tabler en 2014 sur un volume commercialisé de 105?000 hectolitres (hl) en beaujolais nouveau contre 120?000 hl en 2013 et de 60?000 hl en beaujolais-villages nouveaux contre 77?000?hl l'an dernier", délivre le vice-président d'Inter Beaujolais.

"Tous les voyants étaient au vert"

"Nous sommes sur la base d'un recul de 30 000 hectolitres", ajoute-t-il. Un volume manquant qui correspondrait à une chute supérieure à 10?%?! En 2013, la France n'avait connu qu'une légère érosion (-0,73?%), quand l'export cédait déjà près de 10?%. "Avec la vente à la propriété, nous étions à 230?000?hl au total, soit -4,86?% par rapport à 2012." En 2014, la région ne pourra sauf miracle que déplorer des chiffres largement inférieurs.
"C'est une surprise, tous les voyants étaient au vert. Je ne m'attendais pas une baisse de cet ordre là", affirme Bruno Mallet. Baisse des commandes de la grande distribution après des foires aux vins souvent médiocres, difficultés au Japon en lien avec un euro fort, aucun marché ne semble réellement épargné. Même s'il manque les informations à relier au réseau des cavistes, cafés, hôtels et restaurants, segment qui représente toujours des dizaines de milliers d'hectolitres. "Pour les explications c'est un peu tôt", coupe d'emblée le vice-président d'Inter Beaujolais, qui concède "que si l'image des vins du Beaujolais s'améliore de façon globale, grâce notamment à la communication initiée par Inter Beaujolais, cela ne profite pas au beaujolais nouveau. On peut se poser des questions, de là en tirer immédiatement des conclusions…"

"On ne sait plus communiquer"

Des questions, Georges Després s'en pose un certain nombre. "Il semble que le phénomène s'essouffle. Il n'y a plus l'engouement d'il y a dix ou quinze ans. C'est dommage car nous avons un super millésime, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif", regrette celui qui gère avec son fils Cyril le Domaine du Bois de la Bosse. "Tout n'est pas perdu, la région dispose d'un formidable potentiel avec des vins et des paysages superbes, mais il y a parfois de quoi être en colère. On doit faire du business et nous ne sommes pas bons. On ne sait plus communiquer. Inter Beaujolais a-t-il par exemple apporté la bonne communication dans les bons pays??", interroge le vigneron de Saint-Etienne-des-Oullières, qui regrette la perte de nombreux marchés intermédiaires pour le "nouveau", sous l'effet de la concentration des maisons de négoce. Une seule solution selon lui pour les vignerons du Beaujolais : "Mettre le tablier et reconquérir les consommateurs français et étrangers le verre à la main !".

Julien Verchère




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