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Beaujolais nouveau : des raisons de le célébrer malgré tout

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Beaujolais nouveau : des raisons de le célébrer malgré tout
Franck CHAPOLARD

David Ratignier, vice-président d'Inter Beaujolais, fait le point à deux semaines d'une sortie de primeurs pas comme les autres, Covid oblige.

Quel est l'état d'esprit à moins de quinze jours de ce beaujolais nouveau si particulier ?

"Il est positif d'un côté, puisque nous aurons tout ce qu'il faut au niveau des vins. Après, il faut bien l'admettre, il y a pas mal d'inquiétudes. On a réussi à passer des commandes, mais le manque sera très important pour l'hôtellerie et la restauration. Ça aura forcément un impact sur le bilan global."

"Le boire jusqu'au printemps"

La qualité sera, elle, au rendez-vous ?

"Oui, clairement. 2020 sera un millésime solaire, avec de belles intensités colorantes, plutôt dans le fruit noir. Et ça sera un vin bien garni, pas un primeur éphémère. Il pourra s'apprécier plus longtemps, peut être même jusqu'au printemps."

C'est une vraie bonne nouvelle…

"C'est certain. Ça va nous permettre d'élargir la durée de vente et de consommation. Et peut-être que si les restaurants rouvrent en décembre, ils pourront proposer du primeur. D'ailleurs, on aimerait bien faire quelque chose avec eux en décembre si c'est possible. Des actions, pour les soutenir dans ce moment difficile."

"Ça doit rester un moment convivial"

Les volumes de production seront bons cette année ?

"On devrait avoir une baisse de 20 %, à cause de la sécheresse. Conséquence, la mise en marché n'a pas été très importante. On sera en recul de 10 % sur les beaujolais, un peu plus sur les beaujolais-villages (25 000 hl au total). Ce qui n'est pas dramatique puisqu'on espère compenser dans les mois à venir. Même si le Covid rend tout ça incertain."

Ça reste malgré tout importer de fêter le troisième jeudi de novembre ?

"Bien sûr. Le beaujolais nouveau est le premier vin de 2020. C'est l'occasion de découvrir ce millésime très intéressant. Et surtout, c'est important de s'offrir un moment convivial dans la période que l'on vit. Ça sera différent de d'habitude, mais ça doit rester un événement positif, pour se déconfiner au moins psychologiquement."

"L'Angleterre et les Etats-Unis se maintiennent"

Quelle sera la tendance à l'export pour les primeurs cette année ?

"On a perdu des marchés au Japon. C'est un pays qui est en pleine récession donc forcément, ça n'incite pas à fêter la sortie des primeurs. En plus de ça, l'érosion était régulière depuis pas mal d'années déjà là-bas. Le Covid a encore amplifié ce phénomène. Mais tout n'est pas négatif au Japon. Il y a quand même des demandes de produits de qualité."

Et pour les autres pays ?

"Là aussi, il y a une érosion inévitable à cause de la pandémie. Aux Etats-Unis ou en Angleterre par exemple. Mais ces deux pays nous demandent aussi pas mal de vins autres que le primeur. Notre rapport qualité-prix plaît. Le Beaujolais est d'ailleurs un des rares vignobles à avoir su garder ses parts de marché sur le sol américain, malgré la taxe (NDLR : lire plus bas) et le Covid. Sans ces phénomènes indépendants de notre volonté, on aurait presque pu parler d'euphorie."

Propos recueillis par Tony Fonteneau




Tony FONTENEAU
Journaliste

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