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Beaujolais : les crus font sécession !

le - - Viticulture

Beaujolais : les crus font sécession !
(D.R.)

C'est un vote qui marquera l'Histoire du vignoble.

Les crus du Beaujolais ont décidé de faire sécession. La décision a été entérinée lors d'un conseil d'administration le 18 décembre et officialisée par un communiqué de presse lundi après-midi. "Nous avons, sans équivoque, décidé de reprendre l'entière gestion administrative et financière de notre organisme", peut-on lire dans ce texte signé de la main d'Audrey Charton, présidente de l'Organisme de défense et de gestion (ODG) crus du Beaujolais. "Depuis plusieurs années, se dessinait l'impérieuse nécessité de donner à l'ODG des crus les moyens de jouer pleinement leur rôle de force de renouveau du Beaujolais", écrit la présidente, ajoutant notamment que "les instances issues du passé, lourdes et souvent opaques, ne permettaient plus aux crus de mener à bien tous les importants dossiers en cours ou à venir." Et Audrey Charton d'évoquer la caractérisation des terroirs, le partenariat avec Lyon ou encore le développement de l'œnotourisme. "Nous avons également réaffirmé notre pleine appartenance au Beaujolais et notre conviction que cette décision était prise pour le bien de la région", ajoute la productrice de Fleurie. "C'est la première étape de la construction d'un groupe d'appellation fort, uni, cohérent, ambitieux, doté d'une image claire et authentique : les crus du Beaujolais." Et comme les choses vont très vite, Audrey Charton est aussi la présidente de cette nouvelle structure baptisée Union des crus du Beaujolais (UCB).

Coup de tonnerre

La gestion de l'ODG était jusqu'à présent assurée au sein de l'Union des vignerons du Beaujolais (UVB), structure commune avec l'ODG beaujolais/beaujolais-villages.
Depuis plusieurs dizaines d'années, l'UVB est l'acteur majeur du vignoble, le pilier central où toutes les grandes décisions se prennent. C'est donc un véritable coup de tonnerre, d'autant plus que cette décision a été prise de façon unilatérale.
Concrètement, cela signifie que les crus vont quitter Villefranche et le fameux "210", un coup dur pour une ville érigée par la municipalité actuelle en "capitale du Beaujolais". Selon nos informations, des bureaux pourraient être aménagés à Fleurie ou Villié-Morgon. La plus grande incertitude règne également autour du sort des salariés de l'UVB, dont le travail quotidien mélange des dossiers concernant les deux ODG. Sera-t-il possible de trouver un accord pour faire travailler l'équipe sur deux sites ? Comme toujours en cas de séparation, il faudra trouver des solutions loin d'être évidentes.
Michel Trichard, président des appellations brouilly et côte-de-brouilly et vice-président des crus, refuse toutefois de parler de divorce. "C'est plutôt une reprise de liberté",  glisse-t-il dans une nuance sémantique qui convainc difficilement.

"Pas assez de poids à l'UVB"

D'autant plus lorsqu'on l'entend évoquer les raisons de cette scission, nombreuses. "Le problème n'est pas lié aux salariés de l'UVB. Mais nous étions sous-représentés au conseil d'administration, les crus n'avaient pas assez de poids dans les décisions. Ou bien nous restions les parents pauvres ou bien nous partions. Il y a longtemps que cela couvait", explique Michel Trichard, pour qui les modalités de contrôle par les vignerons des crus n'étaient pas assez développées. Et puis il y a la crise économique et ses conséquences. "Les appellations beaujolais et beaujolais-villages sont en perte de vitesse complète, à l'image du beaujolais nouveau. A mon avis, demain tout le monde va se tourner vers l'appellation "coteaux bourguignons". S'ils ne changent rien, ils vont disparaître et nous on va rejoindre la Bourgogne. Il est grand temps que nous existions vraiment en tant que crus du Beaujolais", argumente le vigneron.
Un conseil d'administration exceptionnel de l'UVB est prévu mardi 30 janvier. La réunion sent la poudre et le règlement de compte. "Ça va frictionner pendant quelques jours, car c'est un coup de pied dans la fourmilière", concède un observateur. C'est sûr, à l'UVB, on ne s'embrassera pas sous le gui cette année !

Julien Verchère




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