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Beaujolais : le printemps "pourri" plombe aussi l'économie

Depuis des semaines, c'est la même rengaine.

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De bulletins désolants en prévisions catastrophiques, les présentateurs météo écrivent au quotidien la chronique d'un printemps exécrable. Le centre-est de la France, à commencer par le Beaujolais Val de Saône, figure parmi les régions les plus affectées : précipitations largement excédentaires, ensoleillement historiquement déficitaire, on évoque le printemps le plus "pourri" depuis trente ans !
Et Météo France n'entrevoit aucune amélioration durable au cours des sept prochains jours, avec encore et toujours une alternance de passages pluvieux et de timides éclaircies, le tout dans une ambiance trop fraîche pour la saison. Difficile d'imaginer que l'été météorologique débutera le 1er juin… Si cette situation exceptionnelle n'est clairement pas bonne pour le moral, elle ne favorise pas non plus l'économie.
Jean-Louis Bertrand est l'un des meilleurs spécialistes français du rapport entre la météo et les affaires. Ancien trader à Londres puis trésorier de grands groupes internationaux, il est devenu consultant pour Metnext, une filiale de Météo France, avant de rédiger en 2010 une thèse sur "la gestion du risque météo en entreprise" et de co-fonder Météoprotect, compagnie d'assurances originale à plus d'un titre (voir notre encadré).

"Ce qui est perdu ne se rattrapera pas"

Il confirme le caractère atypique du printemps 2013. "Températures, précipitations, ensoleillement, nous sommes au cœur de l'une de ces anomalies constatées par les organisations internationales de la météo", estime Jean-Louis Bertrand, qui s'attarde sur la météo-sensibilité importante de certains secteurs, prenant l'exemple du textile. "Depuis mars, les gens ne se précipitent pas sur les vêtements de la collection printemps-été. En général, cela ne fait que reporter les achats de quelques semaines, limitant la perte de chiffre d'affaires. Le problème cette fois-ci, c'est la durée du temps gris et frais", délivre M.?Bertrand, craignant l'apparition du phénomène suivant : "Nous allons bientôt atteindre des seuils de date fatidiques pour certains produits, avec la perspective de report à l'année prochaine de ces achats", indique M. Bertrand. Outre les vêtements de "mi-saison", salons de jardin, barbecues et autres constituent de bons exemples. "Les gens commencent à se dire que cela ne vaut plus le coup d'acheter pour cette année. En parallèle, les magasins vont avoir tendance à solder ces articles qui pèsent sur leur stock et leurs comptes. Au final, c'est leur marge qui plonge." Pour d'autres secteurs, comme celui de la boucherie (pour les barbecues) ou des bars et restaurants, "ce qui est perdu ne se rattrapera pas" dixit Jean-Louis Bertrand. Ce phénomène météo risque d'être d'autant plus fortement ressenti par les entreprises dans un contexte économique général dégradé. "En période de croissance, les conditions météo jouent à la marge, mais en situation de récession, cela peut mettre en réelle difficulté des entreprises déjà fragiles", confirme le spécialiste.

Julien Verchère

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