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Attouchements sexuels sur une mineur à Villefranche : "C'était pour la décoincer"

La jeune victime a affronté courageusement son agresseur mardi au tribunal de Villefranche.
Attouchements sexuels sur une mineur à Villefranche :
Béatrice VINCENT-MARTRAY - "De quel droit touchez-vous les seins d'une jeune fille de 15 ans ?" demande la juge Aurore Jullien-Vernotte.

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Mardi, c'est une affaire d'agression sexuelle sur mineure qui était jugée. Et c'est un proche de la jeune A., qu'elle considère comme son oncle, qui à plusieurs reprises lui aurait caressé les seins, lui aurait fait subir des attouchements et aurait exhibé son sexe "au pubis rasé" dit-elle.

A la barre, la jeune fille explique qu'elle s'est débattue mais qu'il était fort. "Au début, c'était sur mes vêtements, puis quand il m'a touchée en dessous j'ai trouvé ça bizarre. Quand il m'a montré son sexe je l'ai super mal vécu. Puis il m'a dit : "Viens on va faire l'amour", et là j'ai couru le raconter à mon père."
Puis elle décide de porter plainte à la gendarmerie, "parce que j'étais en souffrance et que lui souriait".

L'accusé explique alors : "Je lui ai fait pouêt-pouêt sur la poitrine, c'était un jeu. C'était pour la décoincer à la demande de son père !".
"De quel droit touchez-vous les seins d'une jeune fille de 15 ans ? Comment sait-elle que votre pubis est rasé ?", questionne la juge Aurore Jullien-Vernotte. "Ce n'est pas vrai, je n'ai pas le pubis rasé !" "Et pourquoi ment-elle selon vous ?" "Très bonne question, j'en ai aucune idée !"

D'après l'avocat de la partie civile, tous les proches disent qu'elle en a parlé. Alors qu'il avait 10 ans, le frère raconte qu'il a vu l'homme se masturber et toucher sa sœur. Mais que celle-ci ne lui a jamais rien dit. Son petit ami de l'époque, dans une audition, décrit : "Elle ne voulait pas que je lui fasse de caresses".

"Cette jeune fille a besoin d'entendre que cet homme regrette. Aujourd'hui, son rapport au corps est compliqué, elle a pris 40 kg en six ans. Elle tente de se protéger par son obésité", explique l'avocat qui requiert 4 000 euros de préjudice moral.

Le procureur Dulin rend hommage au courage de la jeune fille venue affronter son agresseur : "On lui a tendu la perche pour qu'il ait des mots de remords, mais non. Elle vous considérait comme son oncle et vous avez profité de votre position pour l'abuser. Vous n'avez aucun affect lorsque vous racontez les faits, à l'inverse de la victime qui souffre dans sa chair".

Et de déclarer à l'attention de la jeune fille que sa vie lui appartient et qu'elle ne peut pas se la gâcher. Qu'il faut montrer à l'agresseur qu'elle peut s'en sortir. Il demande alors une peine de deux ans de prison dont un an de sursis mise à l'épreuve et une obligation de soins.

Pour la défense, et selon les témoins entendus, le petit ami de la victime et sa meilleure amie, affirment "que A. mentait beaucoup, qu'elle aimait bien chercher des histoires !". Par ailleurs, selon l'expertise psychiatrique l'homme ne présente pas de troubles, pas de tendance pédophile. Pour l'avocat, la prison ferme serait inadaptée à la situation "vu ce qu'on peut véritablement imputer à l'accusé".

Pour le tribunal, le verdict sera tout autre : 24 mois de prison dont 16 mois de sursis mise à l'épreuve pendant trois ans, une obligation de soins, de travail et d'indemniser la victime, 3 000 euros de dommages et intérêts. Par ailleurs, il lui sera interdit de contacter la jeune fille et il sera inscrit au fichier au FIJAISV (Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes).

Jacqueline FABRE

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