AccueilAttentats : une Beaujolaise raconte la traque d'un terroriste présumé à Molenbeek

Attentats : une Beaujolaise raconte la traque d'un terroriste présumé à Molenbeek

Habitant depuis deux ans dans ce quartier de la capitale belge, une Beaujolaise a vécu depuis sa fenêtre la spectaculaire opération de police achevée cet après-midi sans succès. Elle visait à appréhender un suspect clé des attentats de Paris, Salah Abdeslam.
Attentats : une Beaujolaise raconte la traque d'un terroriste présumé à Molenbeek
Google Street View - L'opération s'est déroulée dans cette rue du quartier de Molenbeek.

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Elle gardera sans doute longtemps en mémoire cette scène surréaliste. Originaire du Beaujolais et habitant Bruxelles depuis plusieurs années, cette jeune femmese trouvait aux premières loges pour assister à la spectaculaire descente de police qui s'est déroulée ce lundi dans le quartier de Molenbeek-Saint-Jean. L'opération visait à interpeller Salah Abdeslam, suspecté d'être le huitième homme et seul terroriste survivant du groupe ayant commis les attentats de Paris. Elle s'est terminée sans arrestation, a indiqué le parquet fédéral belge. L'homme est l'un des frères de Brahim Abdeslam.

"J'habite rue Delaunoy, l'opération s'est déroulée au numéro 47, juste à côté. Une partie de la rue était bloquée depuis 10 h ce matin, mais pour ma part je pouvais encore sortir et rentrer de mon immeuble. Des camions de pompiers, des policiers avec gilet pare-balles et visages masqués, des équipes de déminage et de nombreuses caméras de télévision étaient postés autour d'un périmètre de sécurité. A noter qu'une mosquée se trouve à quelques maisons du lieu de l'intervention, c'est l'une des plus grosses mosquées de la région bruxelloise", raconte la jeune Beaujolaise.

"UN PEU SECOUEE"

"A ma grande surprise, les petits commerces sont restés ouverts. La rue n'était pas déserte, la vie suivait son cours. Il y avait quelques passants et curieux qui allaient et venaient vers le lieu de l'intervention. J'avoue que j'étais un peu secouée, même si la panique ne semblait pas avoir gagné la rue. L'opération vient de se terminer et on entend à présent les sirènes qui retentissent...", poursuit-elle, soucieuse pour l'image de ce quartier bruxellois.

"J'ai discuté avec mes voisins Marocains ce matin - rappelons que 80 % des Molenbeekois sont d'origine maghrébine - ils craignent d'une part l'amalgame trop rapide "musulman-terroriste" et éprouvent d'autre part un ras-le-bol que le nom de Molenbeek soit à nouveau associé aux attentats terroristes", confie-t-elle. "Je pense comme eux. On attend tous maintenant un plan d'action des autorités pour enrayer cette tendance et casser cette image de "fief des islamistes radicaux"". Dimanche, plusieurs hommes suspectés d'être liés aux attentats ont déjà été interpellés dans ce quartier parfois surnommé "Jihadistan" par les spécialistes, et considéré comme une plaque-tournante du terrorisme en Europe. Originaire du quartier et actuellement en Syrie, Abdelhamid Abaaoud pourrait d'ailleurs être le cerveau des attaques du 13 novembre. Tout comme celui de l'assaut manqué du Thalys Bruxelles-Paris en août dernier.

Julien VERCHERE

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