AccueilACTUALITESAnimaux de compagnie : la loi change, les professionnels doutent

Animaux de compagnie : la loi change, les professionnels doutent

Un certificat détaillant les besoins de l'animal, les obligations vis-à-vis de son indentification et ce qu'implique sa détention sera bientôt obligatoire. Une mesure positive mais jugée insuffisante par les professionnels et les associations.
Pour Brigitte Giraud de l'élevage du Jardin d'Arcos, le certificat d’engagement et de connaissance est "un cache misère".
©Zoé Besle - Pour Brigitte Giraud de l'élevage du Jardin d'Arcos, le certificat d’engagement et de connaissance est "un cache misère".

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Paru le 19 juillet, le premier décret de la loivisant à lutter contre la maltraitance animale entérine la mise en place d'un certificat d’engagement et de connaissance pour les acquéreurs d'un animal de compagnie et pour les détenteurs d'équidés.

Sont concernés les chevaux, les chiens, les chats, mais aussi les furets, les lièvres et les lapins. Le document sera obligatoire à partir du 1er octobre 2022 et devra comporter, en fonction de l'espèce, ses besoins, les obligations vis-à-vis de l'identification et les implications de sa détention.

"En effet, toute détention a un coût financier (nourriture, garde éventuelle, soins...) et logistique (garde en cas d'absence, espace nécessaire, sorties quotidiennes, nourriture...)",souligne le ministère de l'Agriculture sur son site internet.

Ce certificat sera obligatoire pour toute personne physique qui acquiert à titre onéreux ou gratuit un animal de compagnie ou un équidé, y compris pour les dons d'animaux entre particuliers. Le but de cette nouvelle mesure est d'éviter des acquisitions "coup de cœur" qui peuvent déboucher sur de la maltraitance ou des abandons.

Lors de l'été 2021, la SPA faisait ainsi état d'un nombre record de ces derniers, avec 16 894 animaux recueillis entre le 1er mai et le 31 août.

"Signez-en bas s'il vous plaît, merci"

Pour Brigitte Giraud, éleveuse canine basée à Lozanne, "l'idée de de responsabiliser un achat comme un animal est noble, belle et destinée à éviter la maltraitance". Mais pour celle qui évolue depuis 30 ans dans l'univers des chiens avec son élevage du Jardin d'Arcos, le certificat d’engagement et de connaissance ne représentera "qu'un papier de plus", dans la liasse qu'elle fournit déjà aux acheteurs qui viennent la voir pour acquérir des sptiz nains, bergers islandais et teckels à poil long.

L'éleveuse place le certificat d'engagement et de connaissance au même niveau que l'attestation sur l'honneur nécessaire pour sortir lors du confinement "C'est "signez en bas s'il vous plaît, merci", honnêtement, quand vous allez chercher un chien, il est très rare que les gens lisent tous les papiers administratifs". Soucieuse du bien-être des bêtes – elle pratique d'ailleurs des soins de balnéo canine en sus de son activité d'éleveuse - Brigitte Giraud confie discuter pendant des heures avec les futurs acquéreurs pour être sûrs de leur profil.

Lors de l'acquisition d'un chiot, elle confie aux acheteurs un livre écrit par ses soins pour "réussir la cohabitation avec son chien". Huit cours gratuits pour apprendre à connaitre son chien son également inclus dans le prix de vente.

Brigitte Giraud a récemment abandonné l'élevage de shibas, soulignant que ces chiens très caractériels, têtus et pas forcément adaptés à certains profils se retrouvent souvent abandonnés. "En Suisse, un certificat est nécessaire lorsque l'on veut avoir un chien, avec des contrôles derrière : ça fait des chiens heureux, le certificat français est un cache-misère".

Elle craint également que cette nouvelle formalité administrative ne complique la tache des associations. Monique Verchère, de l'association Quatre pattes en détresse du Haut-Beaujolais, trouve elle aussi que le certificat est insuffisant. "Pour moi, il faudrait délivrer un permis de détenir un animal domestique", souligne-t-elle.

Elle salue néanmoins que le document doive mentionner le coût financier d'un animal. "Il faut que les gens prennent conscience de cette notion, car il arrive bien souvent qu'une adoption se transforme en abandon lorsque les gens n'ont pas les moyens financiers d'entretenir l'animal".

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