AccueilACTUALITESPolitiqueAndrea Kotarac : "Développer les filières d'emplois non délocalisables"

Andrea Kotarac : "Développer les filières d'emplois non délocalisables"

En 2019, il avait défrayé la chronique politique en quittant les rangs de La France insoumise pour soutenir publiquement le candidat du Rassemblement national aux Européennes, Jordan Bardella. Aujourd'hui, Andrea Kotarac, deuxième dans les sondages, n'a qu'une ambition : placer le parti lepéniste à la tête de la Région.
Andrea Kotarac :
Photo : Tony Fontneau - Le slogan d'Andrea Kotarac, une "Région qui vous protège".

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Votre parcours politique reste une énigme pour beaucoup d'observateurs. Les éternelles références à votre passage des rangs de La France insoumise à ceux du Rassemblement national vous agacent ?

Non, pas du tout. J'assume mes choix. J'ai été un proche de Jean-Luc Mélenchon. Il a fait partie de ma formation culturelle et politique. Mais depuis la présidentielle de 2017, j'ai constaté un bouleversement. J'ai vu un mouvement qui a abandonné la justice sociale, son patriotisme, son amour de la France pour se tourner vers des concepts diviseurs. On me dit souvent que j'ai changé. Mais ça n'est pas moi qui ai changé. C'est Jean-Luc Mélenchon. La preuve : les enquêtes montrent qu'une bonne partie de l'électorat de gauche est prêt à voter Marine Le Pen au deuxième tour en 2022. Je ne suis pas un cas isolé, ni un canard boiteux.

Vous n'êtes pourtant pas encarté au RN…

On ne me l'a pas demandé.

Aujourd'hui, la liste pour l'élection régionale comprend 220 noms. Comment a-t-elle été composée ?

J'ai un grand respect pour les fédérations et les territoires. Ce sont donc eux qui proposent leur première liste. Ensuite, j'ai ajusté en rajoutant quelques noms, comme celui de Stéphane Blanchon, dans la Drôme, qui était secrétaire général national de l'Unsa. Enfin, la direction du parti a eu son mot à dire. Nous avons respecté une forme d'équilibre.

Dans le Rhône, Christophe Boudot, tête de liste régionale, est candidat. Comment travaillez-vous avec lui ?

Très bien. J'ai d'ailleurs été le chercher pour le remettre dans le jeu. Il a de l'expérience et apporte beaucoup de choses sur ce territoire. C'est un symbole d'union de voir que quelqu'un comme moi, neuf dans le mouvement, œuvre dans le même sens que Christophe Boudot.

Et le ralliement d'Antoine Duperray, ancien vice-président LR au Département du Rhône, c'est une belle prise ?

C'est surtout la suite logique. Pourquoi Auvergne–Rhône-Alpes, le Rhône et le Beaujolais échapperaient à ce phénomène national de ralliement des forces de droite au RN ? Le mouvement LR explose. Et je salue le courage de ces élus qui font le choix de nous rejoindre. C'est un geste d'engagement qui n'est pas facile, mais qui va dans le sens de l'union nationale.

Les sondages vous placent en deuxième position derrière Laurent Wauquiez. Vous pouvez gagner ?

On y croit. Une chose est sûre, tout donne raison au message politique qu'on évoque depuis plusieurs années, c'est-à-dire la lutte contre l'islamisme et le mondialisme. Et, dans un esprit de sérieux, si nous remportons demain la Région, les dossiers sont prêts et ont été budgétisés. Nous connaissons le calendrier et le futur organigramme est prêt lui aussi.

Quelles sont les priorités de votre politique économique ?

Faire quelque chose contre ces entreprises fantômes, maintenues en vie artificiellement grâce aux aides de l'Etat. La Région doit agir avant, plutôt que d'attendre et de saupoudrer de subventions. Elle doit identifier ces sociétés avant le chaos social. Connaître leurs besoins pour pouvoir anticiper des faillites potentielles… Gouverner, c'est prévoir.

Mais concrètement, quels leviers la Région peut-elle actionner pour la vitalité économique du territoire ?

C'est assez simple. Mes priorités seront de développer les filières d'emplois non délocalisables qui font le savoir-faire local. Cela va de la très petite entreprise artisanale, la coutellerie de Thiers par exemple, à la très grande, comme Alstom. Le développement des emplois du tourisme doit aussi être une priorité. Même chose pour la sylviculture. Ou la dépollution des sols. La Région, de par son ingénierie et son génie, peut être un modèle dans ces secteurs.

Comment relancer ces filières ?

Pour le tourisme, si on prend l'exemple des sources thermales d'Auvergne, je m'engage à rouvrir la ligne ferroviaire Clermont-Ussel pour désenclaver ce secteur et valoriser son patrimoine architectural.

Et pour les entreprises ?

La Région doit donner un cap. Cibler des filières à défendre, aider, subventionner... Ça n'est pas à des élus, diplômés de sociologie en 1975, de dire à des chefs d'entreprise ce qu'ils doivent faire. Je ne veux pas faire du clientélisme à la Laurent Wauquiez, qui ne pense qu'à la présidentielle. C'est pour ça que, selon moi, lorsqu'on subventionne une entreprise, on peut imaginer demander une contrepartie. Comme prendre un stagiaire ou un apprenti par exemple.


"Doubler le budget de l'agriculture pour promouvoir notre savoir-faire"


Vous avez soutenu les agriculteurs le 25 mars lors de la mobilisation pour une meilleure rémunération. La Région peut-elle être actrice sur cette thématique ?

Bien sûr. Pour ça, je ferai en sorte de doubler le budget de l'agriculture pour promouvoir notre savoir-faire. C'est ça le localisme.

Mais comment?

En suspendant les millions déversés dans le cadre de la politique de la Ville. Quand on voit qu'à La Duchère, il y a eu des émeutes malgré 200 M€ versés, on ne peut que constater l'échec de cette politique.


"Rouvrir 50 % des petites lignes ferroviaires ou développer le fret"


Vous dites que l'écologie est une priorité. C'est assez inhabituel au RN…

Le terme écologie a d'abord été employé par des élus de droite. Pour ma part, j'ai fixé des objectifs sur ce mandat 2021-2027, notamment celui de démétropoliser le territoire et d'avoir un développement harmonieux entre villages et grandes agglomérations. Ça passera par la réouverture de 50 % des petites lignes ferroviaires, qui sont aujourd'hui à l'abandon. Ou par le développement du fret, qui désengorgerait les routes. Ça passe également par la non-fermeture des lycées. Pour ça, je veux faire en sorte de spécialiser les établissements menacés pour qu'ils restent attractifs. Lorsqu'un lycée ferme, c'est tout un territoire qui y perd.

Pour les transports, votre priorité c'est donc la réouverture des petites lignes ?

Pas toutes, il faudra être cohérent et réaliste. Et pourquoi pas travailler avec d'autres Régions. A ce niveau, la politique de Laurent Wauquiez est un échec. Le Lyon-Clermont notamment, une de ses promesses qui n'est pas tenue. Aujourd'hui, c'est deux fois plus cher et plus lent en train qu'en voiture. Ça n'est pas normal. On a préféré investir sur le Lyon-Turin, plutôt que sur les petites lignes. Ça n'est pas ma philosophie. Moi, ce que je souhaite, c'est aussi réinjecter les 147 M€ engagés sur l'A47 pour le train. C'est ça une Région de bon sens.

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