AccueilACTUALITESPolitiqueAlexandre Portier : "Porter la voix du Beaujolais, c'est la seule chose qui compte"

Alexandre Portier : "Porter la voix du Beaujolais, c'est la seule chose qui compte"

Élu député de la 9e circonscription du Rhône dimanche, Alexandre Portier est déjà tourné vers son mandat à venir. Succession à Bernard Perrut, entrée dans un hémicycle chamboulé, projets pour le pays : le néo-parlementaire affirme ses convictions.
Alexandre Portier : "Porter la voix du Beaujolais, c'est la seule chose qui compte"
©Facebook Alexandre Portier

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Quelques jours après votre élection, quel sentiment prédomine ?

Il y a déjà beaucoup de reconnaissance pour les électeurs qui nous ont fait confiance. Ma priorité, ce sera d'être très vite au travail. Donc ça commence dès aujourd'hui à l'Assemblée. On voit que l'on vite une période extrêmement complexe. L'enjeu, pour nous les Républicains, est de très vite mettre sur la table des projets qui font avancer le pays.

Parlons de ce score assez net face à votre adversaire, Ambroise Méjean. À quoi le devez-vous ?

Je crois que, finalement, c'est la conclusion d'une campagne où deux visions assez nettes se sont opposées. Une vision très parisienne, technocratique et verticale de la façon dont devrait être gouverné le pays, puis celle que j'ai voulu porter, qui part tout d'abord du terrain et de la réalité des gens. C'est cette approche que les habitants du Beaujolais ont plébiscitée.

Comment avez-vous vécu les attaques de votre adversaire, notamment suite aux appels de l'extrême-droite à voter pour vous ?

J'ai trouvé qu'elles n'élevaient pas le débat. J'ai donc préféré continuer à parler aux habitants de leur quotidien. C'était ma conviction profonde dès le lancement de cette campagne. Je ne voyais pas de raison de changer.

Ce report des voix de l'extrême-droite a pourtant eu lieu. Comment les accueillez-vous ?

Je ne veux pas trier les gens en étiquettes. Quand on est député, on est le député de tous les habitants. On doit tous les représenter, par-delà les différences de sensibilité. Je représente les électeurs de la droite et du centre, mais aussi tous ceux qui se sont reconnus dans ma candidature. Porter la voix du Beaujolais, pour moi, c'est la seule chose qui compte.

Ambroise Méjean et vous avez échangé au soir du résultat du second tour. Que vous-êtes vous dits ?

Ambroise m'a appelé effectivement assez tôt dans la soirée pour me féliciter. C'est un beau geste républicain de sa part et je l'en remercie. Il a regretté sa campagne d'entre-deux tours assez agressive et il m'a indiqué qu'on aurait de fortes chances de se revoir à Paris.

Il vous a également proposé de vous ouvrir les portes de certains ministères…

Je crois que tout ce qui peut être profitable à notre territoire, je serai le premier à le défendre. On a toujours su, Bernard Perrut mon prédécesseur le premier, su taper à la porte des ministères pour le bien des habitants.

Bernard Perrut, vous en parlez, que vous êtes vous dit et quel rôle aura-t-il à vos côtés en sa qualité de suppléant ?

Il y a forcément eu de l'émotion, déjà, pour un député qui met fin à 25 ans de mandat. J'ai déjà de la reconnaissance pour son soutien. Il m'apporte aussi des conseils très matériels. Être nouveau député, c'est rentrer dans une très grande maison on reçoit beaucoup d'informations.

Très vite, on doit prendre des décisions qui doivent être importantes dans le parcours d'un jeune député : l'attachement à un groupe politique, le choix des commissions… C'est plus simple avec son soutien et le regard de quelqu'un qui connaît le fonctionnement. Concernant son rôle, il est suppléant, mais aussi conseiller régional. Cela permettra de faire travailler une équipe beaujolaise et d'avoir une unité au service des habitants.

Allez-vous être dans sa continuité ou allez vous tenter de vous démarquer ?

Ce qui me tient à cœur, c'est d'être fidèle à la parole donnée, à mes convictions et à mes engagements. J'ai d'abord été un élu local, donc forcément, la force de mon engagement est dans mes racines beaujolaises. Je ne conçois pas qu'on puisse être un bon député à l'Assemblée si on n'est pas en contact permanent avec le terrain. Je tiens à être pleinement sur mes deux jambes.

Il y aura peut-être un renouvellement des thématiques que je voudrais aborder et qui le sont assez peu dans ma famille politique. L'enseignement, la formation et les questions liées à l'enfance sont des sujets fondamentaux pour moi. Un pays qui n'investit pas sur sa jeunesse, c'est un pays qui se condamne au déclin.

Vous étiez à Paris, mardi, pour découvrir le Palais Bourbon. Quelles sont vos impressions ?

C'est une maison impressionnante, riche d'histoire et pleine de symboles. Ça procure toujours une émotion d'y rentrer. C'est également une maison extrêmement bien organisée et une véritable ville en plein cœur de Paris avec des dizaines de services qui s'affairent pour faire fonctionner le parlement. C'est une structure qui est dotée de compétences de très grande qualité. Toutes les conditions y sont réunies pour effectuer notre travail.

Vous arrivez également dans un contexte inédit sous la Ve République. Comment abordez-vous ces débuts particuliers ?

On vit un contexte historique. Pour la première fois depuis 1958, on a une division absolument majeure au sein de l'Assemblée nationale. Cet éclatement, on le doit à Emmanuel Macron. Il a mené une politique du vide autour de lui et a tout fait pour miner les corps intermédiaires, les syndicats, les collectivités et les partis politiques.

Résultat, il y a une montée sans précédent des extrêmes. C'est la raison pour laquelle nous, Républicains, ne pouvons pas être dans une coalition ou une compromission. Nous ne devons pas devenir la roue de secours d'un président en train de couler. La droite n'est pas soluble dans le macronisme.

Concernant votre mandat, visez-vous une entrée dans une commission en particulier ?

J'aimerais bien intégrer une commission utile pour le territoire. Par exemple les affaires économiques ou la commission des finances.

Comment comptez-vous partager votre temps entre l'Assemblée nationale et votre circonscription ?

De manière très classique. Le temps d'un député se réparti entre un tiers à Paris les mardis et mercredis et les deux tiers dans sa circonscription.

On devrait donc vous revoir dès les prochains jours en Beaujolais…

Les invitations sont tombées très vite (rires) ! Ce sera pour moi l'occasion de remercier tous ceux qui m'ont soutenu.

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