AccueilACTUALITESFaits divers / JusticeAccident mortel : deux ans de prison requis contre le boulanger de Charnay

Accident mortel : deux ans de prison requis contre le boulanger de Charnay

Deux ans de prison ferme.

ACTUALITESFaits divers / Justice Publié le ,

C'est la peine sévère requise par le vice-procureur Sandjivy à l'encontre de l'automobiliste responsable d'un accident mortel survenu le 20 août dernier à Lozanne. Propriétaire de la boulangerie de Charnay, ce jeune homme de 26 ans comparaissait lundi devant le tribunal correctionnel de Villefranche.
Il était un peu plus de 16 h 30 ce jour-là lorsque le conducteur d'une Audi TT a fauché un cycliste qui traversait la voie à l'intersection des RD 30 et 77. La voiture, 200 chevaux sous le capot, roulait entre 110 et 140 km/h. La victime, Thierry Gouillon, rentrait du travail à vélo.
Circonstance encore aggravante, le chauffard était sous l'emprise du cannabis, qu'il consommait quotidiennement depuis la perte d'un enfant un an plus tôt. Il revenait de Francheville où il avait l'habitude de se fournir en produits stupéfiants. Avant de prendre le volant, il avait fumé deux joints. Après l'accident l'un de ses premiers réflexes a été de jeter la résine de cannabis dans les champs. Il avait également alerté son dealer avec ce laconique SMS : "J'ai tué un mec".

"Charnay se passera de son boulanger"

A l'audience, l'homme a exprimé des regrets : "J'ai brisé la vie d'une famille, j'en ai conscience, je demande pardon". Mais il n'a toutefois pas semblé prendre la mesure totale de ses torts : "Le cycliste était au milieu de la voie, j'ai klaxonné, mis un coup de volant sur la gauche, mais je n'ai pas eu le temps de l'éviter". Des témoins de l'accident ont cependant décrit l'Audi TT comme un bolide fonçant à vitesse folle sur cette route départementale.

L'avocat de la partie civile a enfoncé le clou : "Il se voile la face. Il a peur pour son permis, sa boulangerie…".

Le procureur de la République a repris l'image d'un jeune homme "en dehors de la réalité". Pour M. Sandjivy, "il était en train de prendre son pied, de s'amuser sur cette route départementale". Et d'ajouter : "Mais on ne joue pas avec la vie des gens, les voitures sont des armes. Il jouit d'un capital sympathie énorme dans son village, mais je crois que Charnay va devoir se passer quelque temps de son boulanger". Le procureur a requis trois ans de prison dont deux ferme, assortis d'un mandat de dépôt, l'annulation du permis de conduire et l'interdiction de le repasser sous un délai de quatorze mois, ainsi que la confiscation du véhicule.
Une charge trop sévère pour Me Delmas, avocat de l'automobiliste. "Il reconnaît sa responsabilité. Le débat, c'est sur la liberté. Il va vivre avec cette idée de la mort et ça suffit. C'est un garçon travailleur, qui a des charges de famille. Je ne demande pas de la bienveillance mais une juste peine."
L'affaire a été mise en délibéré au 25 septembre.

Julien Verchère

Partager :
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?