AccueilBEAUJOLAISAccès aux soins : La CGT retraités du Beaujolais dresse le bilan pour Villefranche et ses alentours

Accès aux soins : La CGT retraités du Beaujolais dresse le bilan pour Villefranche et ses alentours

Médecins traitants non remplacés, délais de plusieurs mois pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste… les membres de la CGT retraités ont interrogés l'accès à la santé dans le Beaujolais en collectant 160 témoignages.
Accès aux soins : La CGT retraités du Beaujolais dresse le bilan pour Villefranche et ses alentours
Zoé Besle

BEAUJOLAIS Publié le ,

À l'occasion de la journée mondiale de la santé - organisée le 7 avril pour marquer la création de l'OMS à cette date en 1948 – la CGT retraités a révélé les résultats d'une enquête menée en interne sur l'accès aux soins dans le Beaujolais. Les membres du syndicat se sont rendus sur des marchés à Villefranche-sur-Saône, Belleville et Anse, interrogeant la population sur leur vision de la santé dans le Territoire.

161 témoignages au total, parmi lesquels trois étaient inexploitables et trois se déclaraient totalement satisfait. "C'est une enquête qui touche à l'intimité des sondés. Nous avons posé une question ouverte, "concernant l'accès aux soins j'ai été confrontée à … ou j'ai connaissance de la situation suivante". Ce qui ressort le plus des témoignages, c'est la difficulté à trouver un rendez-vous chez un spécialiste", résume Michel Catelin, secrétaire général des retraités CGT. Ce dernier rappelle la définition de la santé donnée par l'OMS : "Un état complet de bien être physique, mental et social, et pas seulement l'absence de maladie ou d'infirmité".

Sur 137 témoignages, on recense 85 répondantes et 45 répondants, ainsi que 7 témoignages anonymes. "La moyenne d'âge été enquêtés était située entre 35 et plus de 60 ans", précise Jean-Jacques Théron, membres du bureau de la CGT retraités. À noter que trois témoignages étaient inexploitables, tandis que trois autres n'avaient que des retours positifs concernant l'accès au soin. L'écrasante majorité des sondés, en revanche, témoigne de nombreuses difficultés pour gérer leurs problèmes de santé.

90 km de route pour aller chez le médecin traitant

Parmi les témoignages les plus édifiants, celui de Jean-Pierre : habitant de Belleville, il ne trouve pas de médecin traitant sur la commune et va donc voir un praticien situé à Tassin-la-Demi-Lune, soit 90 km l'aller-retour. Une difficulté citée dans 11 témoignages, tout comme celle des médecins ne prenant plus de nouveaux patients, qu'on retrouve dans trois fiches d'enquête.

Au-delà de la difficulté pratique, le fait de ne pas avoir de médecin traitant amène aussi un coût supplémentaire pour le patient. "Pour chaque consultation chez un généraliste qui n'est pas votre médecin traitant, on ne vous rembourse que 7,50 € et non 17,50 €, sur un total de 25 €", souligne Jean-Jacques Théron. Entre les prix de l'essence et ceux des consultations, difficiles pour certains d'aller chez le médecin autant qu'ils le souhaitent.

"Six mois d'attente pour pouvoir voir un dermatologue et trois pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste"

D'autant plus que le délai pour obtenir un rendez-vous, chez les généralistes et encore plus chez les spécialistes, est parfois très long : "Il faut trois mois pour avoir le moindre rendez-vous chez le spécialiste, et quinze jours pour en trouver un chez le généraliste", souligne Christine dans son témoignage. Patrick, lui, évoque "six mois d'attente pour pouvoir voir un dermatologue et trois pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste", avant de préciser : "les seuls chez qui il est possible d'avoir un rendez-vous rapidement, c'est le centre Ovision, qui pratique des dépassements d'honoraires de 50 €".

Les difficultés à prendre rendez-vous chez un spécialiste – dermatologue, cardiologue, gynécologue, ORL, etc -arrivent en tête des problèmes chez les sondés (52 témoignages) ; viennent ensuite les généralistes (36 témoignages), suivit des kinésithérapeutes (11 témoignages), chez lesquels les enquêtés évoquent des difficultés de prise de rendez-vous, des délais trop longs et un manque de proximité. "Ces témoignages sur les khinés proviennent principalement de répondants interrogés à Belleville, qui venaient souvent de petits villages alentours, que de Villefranche", note Jean-Jacques Théron. Onze témoignages évoquent aussi des difficultés avec l'utilisation d'internet, de plus en plus généralisée avec Doctolib et d'autres plateformes. Déserts médicaux, manque de personnel dans les Ehpads, temps d'attente longs et manque d'accueil font égalment partis des problèmes cités.

Trouver une solution avec tous les acteurs de la santé

De gauche à droite : Jean-Jacques Théron, Chantale Benlian et Michel Catelin, membres de l'Union locale des syndiqués retraités CGT de Villefranche.

Les résultats de l'enquête ont été présentés au préfet du Rhône Pascal Mailhos "Il a pris en compte tout ce nous lui avons amené et va transmettre les éléments aux autorités supérieures, ainsi qu'à l'Agence régionale de santé, résume le secrétaire général des retraités CGT Michel Catelin. Dans le même temps, nous allons engager une démarche auprès du maire de Villefranche, Thomas Ravier, qui est aussi conseiller départemental. On prévoit de le rencontrer et de lui présenter l'étude prochainement. Nous n'avons pas la prétention d'avoir réponse à tout, mais on pense qu'il faudrait avoir tout le monde autour de la table et voir quelles pistes on peut suivre pour essayer de pallier les difficultés d'accès aux soins sur le territoire". Ce rendez-vous avec la municipalité devrait avoir lieu la semaine suivant le week-end du second tour.

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