AccueilACTUALITESViticultureÀ la rencontre des vignerons du Beaujolais de demain

À la rencontre des vignerons du Beaujolais de demain

Alain Troesch et Benjamin Azzara s'inscrivent dans le processus de renouvellement des générations en Beaujolais : le premier vient de reprendre, à 59 ans, un domaine à Régnié Durette. Le second, à 34 ans, s'approche de sa future installation.
Alain Troesch a repris le domaine du Coteau de Vallière à Régnié-Durette.
©DR - Alain Troesch a repris le domaine du Coteau de Vallière à Régnié-Durette.

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Lorsque l'on parle de renouvellement des générations, le profil d'Alain Troesch n'est pas forcément celui qui vient directement en tête : à 59 ans, il démarre une nouvelle aventure professionnelle à Régnié Durette, où il reprend le domaine du coteau de Vallières de Lydie et Lucien Grandjean.

Si quatre années seulement séparent le repreneur de ce dernier, il ne compte pas prendre sa retraite de sitôt. "Si l'on ne peut pas forcément parler de renouvellement de génération dans mon cas, c'est tout de même un renouvellement pour le domaine, avec une volonté de continuer et de lui assurer la pérennité, souligne Alain Troesch. C'est d'ailleurs ce qui a séduit les Grandjean, qui voulaient que tout ce qu'ils ont développé puisse perdurer, ne soit pas démantelé et que tout ne s'arrête pas après la vente".

Le vigneron a monté une SCEA pour le domaine, dans laquelle sont associés sa femme et ses enfants. "L'objectif, à plus long terme, serait de transmettre à un ou plusieurs de mes enfants, qui ne sont pas aujourd'hui dans ce secteur, mais qui sont très intéressés".

Installé au domaine depuis une semaine, il s'apprêtait à entamer sa première "vraie journée" à la suite de cette interview réalisée le lundi 12 décembre, en partant tailler ses vignes. Travaillant auparavant dans la recherche médicale et pharmacien de formation, il avait la possibilité de devenir œnologue en une année et demi de formation "mais ce n'était pas le plus pertinent pour reprendre un domaine.

Il opte finalement pour un BPREA viticulture-œnologie, achevé au mois de juin. Durant sa formation, il effectue plusieurs stages, au domaine Marcel Lapierre marc dans le Beaujolais ainsi que chez son beau-frère, au domaine de Sauzet dans le Languedoc. "J'y suis impliqué depuis plusieurs années à titre familial, ce n'est donc pas un domaine d'activité qui m'était complétement étranger, explique Alain Troesch. Ma formation m'a conforté dans ma volonté d'aller dans cette direction et j'ai commencé à regarder les opportunités qui pouvaient se présenter dans le Beaujolais".

La conversion en bio dans le viseur

La rencontre avec les Grandjean s'est faite en avril de cette année, Alain Troesch a été mis au courant par un agent immobilier, qu'il avait contacté pour une autre offre. Le domaine du coteau de Vallières cochait toutes les cases de son projet. "Je recherchais entre 3 et 5 ha de vignes, un cuvage, une maison d'habitation et, si possible, que tout soit proposé ensemble et en bon état, ce qui était le cas ici. C'est compliqué de trouver des cuvages en vente : souvent les personnes qui arrêtent leur activité conservent leur maison et dans beaucoup de cas, le cuvage est imbriqué dans l'habitation, donc difficilement dissociable".

Sur les 8 ha que possédaient les Grandjean – dont trois en fermage – il n'a repris que ceux en propriété pour rester cohérent avec son projet d'exploitation "à taille humaine". 5 ha donc, majoritairement en cru régnié avec une parcelle de morgon, une parcelle de beaujolais-villages rouge à Lantigné et une en beaujolais village blanc.

Le nouveau vigneron a amorcé, dès le mois d'aout, la conversion en bio du domaine, portée mi-aout par les Grandjean. Il aimerait atteindre cet objectif d'ici trois ans. Le bio, c'est aussi l'objectif de Benjamin Azzara, qui est toujours à la recherche de sa future exploitation. Œnologue de formation, il exerce depuis dix ans dans une cave coopérative en Anjou et possède. Bourguignon d'origine, il s'occupe d'un "bout de vigne" dans sa patrie d'adoption

"Avec la fin du covid, on a eu envie de se rapprocher de la famille de ma femme qui habite à Lyon, après deux années compliquées". À 34 ans, il a toujours eu l'ambition de s'installer. " C'est l'occasion de se lancer dans un vrai projet, dans une région dynamique accessible au niveau tarif et avec de grands terroirs", souligne-t-il.

"On sent une vraie volonté de faire venir des jeunes"

Cela fait un an et demi que Benjamin Azzara est en relation avec la chambre d'agriculture du Rhône ; il s'apprête à débuter les rendez-vous avec le point accueil information (PAI). "Plus que la technique, ce sont les formations entrepreneuriales qui m'intéresse : la gestion d'une entreprise, la comptabilité, ce genre de choses". Lorsqu'il vient rendre visite à sa belle-famille, il en profite pour avancer sur son projet.

©Zoé Besle Benjamin Azzara cherche toujours son futur domaine.

Lorsqu'il vient rendre visite à sa belle-famille, il en profite pour avancer sur son projet. Lorsqu'il vient rendre visite à sa belle-famille, il en profite pour avancer sur son projet. "Je cherche idéalement des vignes et un cuvage, une exploitation à taille humaine de 5 ou 6 ha, idéalement dans la zone des crus".

Après cinq à six visites, il a trouvé une opportunité intéressante à Chiroubles et attend de voir si cette dernière pourra se concrétiser. "Dans ma recherche, la chambre et Marc Robin sont très actifs, le coin du foncier est aussi très pratique et le RDI (NDLR =répertoire départ installation) fonctionne très bien aussi, on est vite mis en relation".

Seul point noir, la difficulté à trouver une offre comprenant chai et vignes. Mais pour l'œnologue, qui souhaiterait s'installer idéalement d'ici l''été 2023, "On sent qu'il y a un vrai dynamisme sur l'envie de trouver des repreneurs, une volonté de faire venir des jeunes dans le vignoble".

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