AccueilVILLEFRANCHEA la une3 septembre 1944 : un jour que Villefranche n'oubliera pas

3 septembre 1944 : un jour que Villefranche n'oubliera pas

Occupée par la Wehrmacht, Villefranche a payé un très lourd tribu à l'armée allemande, que ce soit en terme humain, avec le perte de plusieurs activistes résistants caladois, ou matériellement par les privations de la population et les amendes imputées à la commune par l'occupant en représailles de plusieurs actes de sabotage perpétrés sur des infrastructures comme les lignes téléphoniques et les voies ferrées.

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Malgré les risques, une partie de la population n'avait pas peur de s'exprimer, une manifestation et un défilé ayant même été organisés le 14 juillet 1943 rue Nationale. A Villefranche, on écoute aussi intensément Radio Londres. Apprenant le débarquement de Normandie, les Caladois se rebellent de plus en plus mais payent un lourd tribu avec une répression allemande très forte en juillet et août 1944. Villefranche s'attend alors à être libérée par les Américains, mais c'est des Français que vient le salut en ce début du mois de septembre 1944. Les détachements allemands encore stationnés en Calade sont chargés des destructions d'ouvrages afin de ralentir la progression alliée. La soirée du 2?septembre a bien commencé, mais s'est terminée d'une manière plutôt agitée, avec des coups de feu qui ont commencé à retentir. Un repérage des installations ennemies est réalisé. La prise de la ville risquait d'être difficile?: des renforts allemands étaient arrivés à l'actuel collège Jean-Moulin et route d'Anse. A 7?h 10, un convoi est arrivé rue de Thizy, à l'entrée de la rue Pierre-Morin. Un homme est descendu de la voiture et s'est adressé aux habitants : il s'agit du capitaine Henri Giraud (futur général). Le combat a commencé près du collège et s'est étendu rapidement dans toute la ville. L'action conjuguée des forces conduites par le capitaine Giraud, des maquisards et autres soldats a permis la délivrance de la ville, la reddition ennemie étant obtenue en fin d'après-midi. Les prisonniers allemands sont rassemblés en une impressionnante colonne, dont les Caladois qui ont vécu ces jours sombres se rappellent encore. Cette période, et plus particulièrement la libération de la ville, Marguerite Godard, aujourd'hui âgée de 92 ans, s'en souvient encore très bien. "J'étais enceinte à l'époque, j'étais retournée habiter chez mes parents." La famille Godard possède à l'époque plusieurs garages dans la commune. Concessionnaire Peugeot, le père de Marguerite a plus de quatre-vingts employés. "La veille, une bombe partie de Pommiers avait touché la villa de mes parents. Les Allemands sont arrivés et nous ont dit qu'ils allaient réquisitionner la maison. Ils ont commencé à fouiller et ont alors vu les vélos et motos que mes parents stockaient pour des amis qui venaient du Beaujolais. Ils ont tout emporté, mais ils n'ont pas dormi chez nous. Ils avaient déjà réquisitionné une maison de mes parents, près d'un de nos garages rue Claude-Bernard." Marguerite a ainsi conservé, gravé dans sa mémoire, de nombreux souvenirs de cette période troublée, comme le fusil qu'un maquisard lui avait lancé dans les jambes pour échapper à une patrouille allemande, ou bien son frère qui avait failli être emprisonné car ses vêtements le faisaient ressembler à un Anglais. "Mes parents cachaient aussi des résistants, des maquisards, ils nous avaient appris à ne pas avoir peur." Lorsque Villefranche est libérée, sa grossesse empêche Marguerite de se joindre à la fête. "Mais j'ai vu défiler les femmes que l'on avait tondues pour avoir fréquenté les occupants." En différents endroits de Villefranche, le souvenir de ceux qui sont tombés pour libérer la France est encore gravé sur des plaques commémoratives. Les festivités organisées la semaine prochaine devraient contribuer à faire en sorte que personne n'oublie ce qui s'est passé, il y a soixante-dix ans, pour que Villefranche soit débarrassée de ses occupants.

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